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Concorde AF4590 : 43 cm de titane, 113 morts, 90 secondes

Temps de lecture estimé : 3 minute(s)

A retenir : Le 25 juillet 2000, le Concorde F-BTSC s’écrase à Gonesse 90 secondes après son décollage de Roissy, tuant 113 personnes. Le BEA identifie une lamelle de titane de 43 cm, perdue par un DC-10 de Continental Airlines, comme origine de l’éclatement du pneu fatal.

Gonesse se trouve dans le Val-d’Oise, à quelques kilomètres de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, au nord de Paris. C’est là que s’est joué, le 25 juillet 2000, l’un des accidents les plus documentés de l’histoire de l’aviation civile. Le Concorde F-BTSC, assurant le vol Air France AF4590, décolle de Roissy et s’écrase environ 90 secondes plus tard, en pleine zone habitée.

Le bilan est de 113 morts : 109 occupants de l’avion et 4 personnes au sol, dans un hôtel touché par le crash. Parmi les 100 passagers, 96 étaient allemands et devaient rejoindre une croisière. Le rapport du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) reconstitue, pièce par pièce, une chaîne de causes qui commence cinq minutes plus tôt, sur la même piste, avec un autre avion.

Quatre-vingt-dix secondes

Entre le décollage à Roissy et l’impact à Gonesse, il s’écoule moins de deux minutes. Le Concorde, symbole de la vitesse supersonique et programme conjoint d’Air France et de British Airways, n’a pas le temps de reprendre de l’altitude ni de se stabiliser. L’appareil s’abat sur la commune, entraînant dans sa chute un hôtel où quatre personnes au sol perdent la vie.

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La lamelle qui a tout déclenché

Le BEA établit qu’un DC-10 de Continental Airlines a décollé cinq minutes avant le Concorde sur la même piste de Roissy. Il a perdu, sans que personne ne s’en aperçoive, une lamelle métallique en titane de 43 centimètres, provenant du capot de l’inverseur de poussée d’un de ses moteurs.

Cette pièce n’aurait jamais dû être en titane. Le mécanicien de Continental, John Taylor, avait remplacé la pièce d’origine, en acier inoxydable, par une lamelle fabriquée dans un matériau non autorisé pour cet usage. Restée sur la piste, elle a crevé un pneu du Concorde au moment où celui-ci prenait sa vitesse de décollage.

Du pneu au réservoir

L’éclatement du pneu a projeté un morceau de caoutchouc d’environ 4,5 kg contre l’aile de l’avion. Le choc a provoqué la rupture d’un réservoir de carburant, déclenchant l’enchaînement qui a conduit à la perte de l’appareil quelques secondes plus tard.

Le rapport du BEA

Un rapport préliminaire est publié dès le 31 août 2000, confirmant la cause de l’éclatement du pneu. Le rapport final, document officiel référencé f-sc000725, paraît le 16 janvier 2002 et détaille l’ensemble de la chaîne d’événements, de la lamelle perdue sur la piste jusqu’à l’impact à Gonesse.

Un jugement, puis son annulation

En décembre 2010, le tribunal correctionnel de Pontoise condamne Continental Airlines à une amende de 200 000 euros et à 1 million d’euros de dommages envers Air France. Mais le 29 novembre 2012, la cour d’appel de Versailles annule la condamnation pénale de Continental Airlines et de son mécanicien John Taylor.

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Le dossier judiciaire se referme donc sur une décision inverse de celle rendue deux ans plus tôt, sans que la cause technique établie par le BEA soit elle-même remise en question.

La fin du Concorde

L’accident de Gonesse marque le début de la fin pour l’avion supersonique. Le Concorde, exploité conjointement par Air France et British Airways depuis des décennies, est définitivement retiré du service en 2003, trois ans après le crash du vol AF4590.

Questions frequentes

Où s'est écrasé le Concorde du vol AF4590 ?

À Gonesse, dans le Val-d’Oise, environ 90 secondes après son décollage de l’aéroport de Roissy, le 25 juillet 2000.

Quelle est la cause identifiée par le BEA ?

Une lamelle en titane de 43 cm, perdue par un DC-10 de Continental Airlines parti cinq minutes avant, a crevé un pneu du Concorde, provoquant la rupture d’un réservoir de carburant.

Que peut-on consulter aujourd'hui sur cet accident ?

Le rapport final du BEA, document officiel référencé f-sc000725 et publié le 16 janvier 2002, reste la source de référence publique sur les causes de l’accident.

Sources

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