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Gonesse, 25 juillet 2000 : le seul crash du Concorde, 113 morts

Temps de lecture estimé : 4 minute(s)

A retenir : Le 25 juillet 2000, le Concorde F-BTSC décolle de Roissy à 16h43min13s. Un débris de titane tombé d’un DC-10 crève un pneu, provoque une explosion du réservoir ; l’avion s’écrase 1min28s plus tard sur un hôtel à Gonesse. 113 morts. Seul accident mortel du Concorde, il précipite l’arrêt du programme en 2003.

Gonesse se trouve dans le Val-d’Oise, à quelques kilomètres au nord-est de Paris, dans le prolongement immédiat de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. On y accède en une vingtaine de minutes depuis Paris par l’autoroute A1, ou par les liaisons routières qui desservent la plateforme aéroportuaire. C’est dans le quartier de La Patte d’Oie, à la sortie des pistes de Roissy, que s’est joué en quelques dizaines de secondes l’unique accident mortel de l’histoire du Concorde.

Le 25 juillet 2000, à 16h43min13s, le Concorde F-BTSC décolle de Roissy-Charles-de-Gaulle à destination de New York. Moins de deux minutes plus tard, l’appareil s’écrase. Cent quatre-vingt-treize secondes ont suffi à mettre fin à trois décennies de vols supersoniques commerciaux.

Une piste partagée avec un DC-10

Cinq minutes avant le Concorde, un DC-10 du vol Continental 55 avait décollé de la même piste, la 26R. Rien ne le distinguait d’un décollage ordinaire. Mais l’appareil venait de perdre, sans que personne ne s’en aperçoive, une pièce de son inverseur de poussée : une lamelle métallique de 43 centimètres, tombée sur le tarmac.

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Cette pièce aurait dû être en acier inoxydable. Elle avait été remplacée par du titane, mal découpé et fixé avec un mastic non conforme aux spécifications. Elle gisait désormais sur la piste 26R, invisible depuis la tour de contrôle, au moment où le Concorde s’engageait pour son roulage.

L'éclatement à 320 km/h

Le Concorde accélère. Entre 310 et 330 km/h, le pneu avant droit du train gauche roule sur la lamelle de titane. Le caoutchouc s’entaille, puis éclate. Un morceau de pneu d’environ 4,5 kilogrammes est projeté violemment contre l’aile de l’appareil.

L’impact génère une onde de choc qui fait éclater le réservoir de carburant, non pas de l’extérieur par perforation directe, mais de l’intérieur, sous l’effet de la pression transmise par le choc. Le kérosène commence à s’échapper.

Le feu sous le regard de Chirac

Le carburant qui fuit s’enflamme presque aussitôt. La scène se déroule sous les yeux du président Jacques Chirac, alors en vol de retour d’un sommet du G7 à Tokyo, qui assiste à l’embrasement du Concorde depuis les airs.

Le pilote, conscient de la perte de poussée et de vitesse qui affecte l’appareil, envisage un atterrissage d’urgence sur l’aérodrome du Bourget, tout proche. Mais le Concorde, privé de la puissance nécessaire, ne parvient pas à s’y maintenir.

88 secondes après le décollage

Une minute et vingt-huit secondes après avoir quitté le sol de Roissy, le Concorde s’écrase sur l’hôtel Hotelissimo, situé à La Patte d’Oie de Gonesse.

Le bilan est immédiat et total : les cent passagers, les neuf membres d’équipage, et quatre personnes se trouvant au sol au moment de l’impact perdent la vie. Cent treize morts au total, pour ce qui reste, à ce jour, le seul accident mortel ayant impliqué un Concorde en service commercial.

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La fin d'un programme, trois ans plus tard

L’accident de Gonesse ne met pas fin sur-le-champ à l’exploitation du Concorde, mais il en scelle le destin. Le 10 avril 2003, Air France et British Airways annoncent simultanément l’arrêt définitif des vols commerciaux de l’appareil.

Les derniers vols ont lieu la même année : le 31 mai 2003 pour Air France, le 24 octobre 2003 pour British Airways. Vingt-sept ans après son entrée en service, le supersonique franco-britannique cesse de voler, trois ans après le crash de Gonesse.

Questions frequentes

Pourquoi le Concorde s'est-il écrasé à Gonesse ?

Un DC-10 ayant décollé cinq minutes plus tôt sur la même piste a perdu une lamelle de titane mal fixée. Le Concorde a roulé dessus, un pneu a éclaté et projeté un débris contre l’aile, provoquant l’explosion d’un réservoir de carburant depuis l’intérieur.

Combien de personnes sont mortes dans le crash du 25 juillet 2000 ?

113 personnes : les cent passagers du vol AF4590, les neuf membres d’équipage, et quatre personnes se trouvant au sol à l’endroit de l’impact, à La Patte d’Oie de Gonesse.

Le Concorde a-t-il volé après ce crash ?

Oui, pendant trois ans encore. L’arrêt définitif des vols n’est annoncé que le 10 avril 2003 par Air France et British Airways, avec des derniers vols en mai et octobre 2003.

Sources

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