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A retenir : Disparu le 27 janvier 1968 avec 52 marins au large du Cap Sicié, le sous-marin Minerve a été localisé le 21 juillet 2019 par 2370 mètres de fond, à 45 km de Toulon, grâce à une mission relancée après l’appel des familles en 2018 et l’usage de supercalculateurs du CEA.
Le 27 janvier 1968, au large du Cap Sicié, sur la côte varoise, le sous-marin Minerve envoie un dernier message à 7h59 à l’avion qui l’accompagne. Quatre minutes plus tard, le contact radio est perdu. À bord, 52 marins. Rien ne suivra ce silence, ni corps, ni explication détaillée, pendant plus d’un demi-siècle.
Une commission d’enquête militaire conclura à une destruction de la coque, sans jamais préciser davantage les causes. Le dossier est classé Secret Défense, verrouillant tout accès public pendant 50 ans. Il faudra l’appel de familles de disparus, en octobre 2018, puis une décision politique, pour que la zone au large de Toulon révèle enfin l’épave, le 21 juillet 2019, par 2370 mètres de fond.
Sommaire
Un message à 7h59, puis rien
La disparition de la Minerve tient en quelques lignes officielles. Le sous-marin s’enfonce au large du Cap Sicié le 27 janvier 1968. Le dernier échange radio avec l’avion accompagnateur a lieu à 7h59 ; quatre minutes après, plus aucun contact. La commission d’enquête militaire chargée du dossier conclura à une destruction de la coque, sans détailler les mécanismes ni les causes précises de cette destruction.
Cette formulation minimale restera, pour les familles, la seule version officielle disponible pendant des décennies. Le dossier lui-même est classé Secret Défense, ce qui empêche tout accès public pendant 50 ans.
Cinquante ans sans réponse
Le classement du dossier ne signifie pas seulement l’absence d’explication : il interdit toute consultation, y compris pour les proches des 52 marins disparus. Pendant un demi-siècle, aucune recherche officielle nouvelle n’est engagée pour localiser l’épave elle-même. Le deuil reste sans lieu.
L'appel des familles et la relance de 2019
En octobre 2018, des proches des disparus lancent un appel public pour une reprise des recherches. Le geste porte : début 2019, la ministre des Armées Florence Parly annonce une nouvelle mission, appuyée sur des technologies récentes.
La Marine nationale reprend le dossier avec des outils que 1968 ne connaissait pas : des enregistrements sismiques anciens sont réanalysés à l’aide des supercalculateurs du Commissariat à l’énergie atomique, afin de redéfinir une zone de recherche plus précise que celle explorée initialement.
Le Seabed Constructor entre en jeu
La mission repose sur un navire privé américain, le Seabed Constructor, exploité par la société Ocean Infinity. Ses observations débutent le 16 juillet 2019. Cinq jours plus tard, le soir du 21 juillet 2019, l’épave est localisée au sud-sud-ouest du Cap Sicié, par 2370 mètres de fond.
Trois morceaux et un nom en lettres rouges
L’épave repose brisée en trois morceaux, à 18,5 milles marins — soit 35 km — des côtes varoises, et à 45 km au large de Toulon. L’identification est rendue formelle grâce aux restes du kiosque, où le nom du sous-marin apparaît encore en lettres rouges.
- Localisation : sud-sud-ouest du Cap Sicié
- Profondeur : 2370 mètres
- Distance : 35 km des côtes varoises, 45 km de Toulon
- État : épave brisée en trois morceaux
Une sépulture marine, pas une réouverture d'enquête
La mission de 2019 avait un objectif clairement défini : localiser la sépulture marine des familles, non relancer une enquête judiciaire sur les causes du naufrage. Cette distinction encadre tout ce qui suit.
Le 1er et 2 février 2020, une plaque commémorative est posée sur l’épave par le DRASSM, service du ministère de la Culture chargé des recherches archéologiques sous-marines, avec l’appui logistique du mécène américain Victor Vescovo.
Ce que l'on peut voir aujourd'hui
L’épave elle-même, par 2370 mètres de fond, n’est pas un site accessible en plongée grand public : en France, toute découverte d’épave doit être déclarée au DRASSM pour enregistrement officiel, et l’accès en plongée reste encadré par arrêté préfectoral maritime. Ce que l’on peut retenir, concrètement, c’est que la plaque commémorative posée en février 2020 marque désormais officiellement le site comme sépulture reconnue des 52 marins, au large de Toulon — un point fixe sur la carte, après 51 ans sans lieu où se recueillir.
Questions frequentes
Quand la Minerve a-t-elle disparu ?
Le 27 janvier 1968, au large du Cap Sicié, avec 52 marins à bord. Le contact radio a été perdu quatre minutes après un message envoyé à 7h59.
Pourquoi a-t-il fallu 51 ans pour retrouver l'épave ?
Le dossier d’enquête a été classé Secret Défense, empêchant tout accès public pendant 50 ans. Une nouvelle mission n’a été lancée qu’après l’appel des familles en octobre 2018.
Où et à quelle profondeur l'épave a-t-elle été localisée ?
Le 21 juillet 2019, au sud-sud-ouest du Cap Sicié, par 2370 mètres de fond, à 45 km au large de Toulon.
L'épave est-elle accessible au public ?
L’accès en plongée à une épave découverte en France est encadré par arrêté préfectoral maritime, et toute découverte doit être déclarée au DRASSM.
Sources
- Theatrum Belli (2019)
- Mer et Marine – découverte de l'épave (23 juillet 2019)
- Mer et Marine – plongées et plaque commémorative (2 février 2020)
- Mer et Marine – lancement des recherches (13 février 2019)
- France 3 régions (27 janvier 2022)
- CBS News / AFP (22 juillet 2019)
- Assemblée nationale – compte rendu commission défense (2019)
- Wikipedia FR – Plongée sur épave (2025)
- Wikipedia EN – French submarine Minerve (S647)

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