Le sous-marin Minerve, disparu le 27 janvier 1968 au large de Toulon avec 52 marins à bord, a été retrouvé le 21 juillet 2019 par environ 2 370 m de fond, à quelque 45 km au sud de Toulon, au large du cap Sicié (Var). L’épave a été localisée par le navire Seabed Constructor de la société Ocean Infinity, après la relance des recherches annoncée en février 2019. Elle repose brisée en 3 morceaux et constitue aujourd’hui une sépulture marine.
Que s’est-il passé le 27 janvier 1968 ?
Le 27 janvier 1968 au matin, la Minerve rentrait à Toulon après un exercice avec un avion de patrouille maritime Bréguet Atlantic. Naviguant au schnorchel, elle signale à l’avion, peu avant 8 heures, qu’elle sera à quai dans environ une heure, alors qu’elle se trouve à près de 25 milles nautiques de Toulon. Quelques minutes plus tard, le contact est perdu. Aucun des 52 hommes à bord ne sera retrouvé.
Le sous-marin, lancé le 31 mai 1961 et admis au service actif le 10 juin 1964, appartenait à la classe Daphné, une série de 11 sous-marins français. La mer était très forte ce jour-là, et le nouveau commandant, le lieutenant de vaisseau André Fauve, connaissait bien ce type de bâtiment. Comme le rappellent France 3 régions et le site Theatrum Belli, ce drame reste l’un des plus lourds de l’histoire de la sous-marinade française.
Pourquoi l’épave est-elle restée introuvable pendant 51 ans ?
L’épave de la Minerve est restée introuvable parce que les moyens de 1968 ne permettaient pas de couvrir précisément une zone de plusieurs centaines de km² à plus de 2 000 m de fond, et parce que la zone de recherche initiale était mal définie. Les recherches lancées dès le naufrage, avec le porte-avions Clemenceau et la soucoupe plongeante SP-350 « Denise » supervisée par Jacques-Yves Cousteau, sont arrêtées le 2 février 1968.
En 1969, l’opération Reminer reprend les recherches avec le bathyscaphe Archimède et le navire océanographique américain USNS Mizar, sans plus de succès. La commission d’enquête conclut à une destruction de la coque, sans en établir la cause précise. Le dossier, classé secret, n’est consultable que sur dérogation : en 2007, le journaliste Christophe Agnus l’examine sans y trouver d’explication.
Pour les familles, l’absence d’épave signifiait aussi l’absence de lieu de recueillement. Certaines ont fini par soupçonner la Marine de dissimuler des éléments, sans qu’aucune preuve ne vienne étayer ces soupçons.
Comment les recherches ont-elles été relancées en 2018 et 2019 ?
Les recherches ont été relancées à la demande des familles : en 2018, Hervé Fauve, fils du commandant, demande au président de la République de lever le secret, puis 18 familles de l’équipage publient une lettre ouverte réclamant la reprise des recherches. La déclassification est publiée au Journal officiel le 16 juin 2018.
Le 5 février 2019, la ministre des Armées, Florence Parly, annonce la reprise des recherches, 50 ans après leur abandon, comme l’a rapporté Mer et Marine - lancement des recherches. La Marine nationale s’appuie sur des outils inexistants en 1968 : les enregistrements sismiques et acoustiques de l’époque sont réanalysés avec les supercalculateurs du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), ce qui permet de resserrer fortement la zone à explorer.
Les auditions menées à l’Assemblée nationale - compte rendu commission défense ont ensuite permis de revenir sur cette opération et sur la coopération entre la Marine et des acteurs privés.
Comment l’épave a-t-elle été retrouvée en juillet 2019 ?
L’épave a été retrouvée le 21 juillet 2019 par le Seabed Constructor, un navire de la société Ocean Infinity spécialisé dans l’exploration des grands fonds, qui avait déjà participé aux recherches du vol MH370. Le navire a déployé des drones sous-marins autonomes dans la zone redéfinie par l’analyse du CEA, quelques jours seulement après le début de ses observations.
L’annonce officielle a eu lieu le 22 juillet 2019, relayée dans le monde entier, notamment par CBS News / AFP. Selon Mer et Marine - découverte de l'épave, l’épave repose au sud-sud-ouest du cap Sicié, à environ 45 km de Toulon. Le nom du sous-marin, encore lisible sur les restes du kiosque, a permis une identification formelle.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Date de la disparition | 27 janvier 1968 |
| Équipage | 52 hommes (6 officiers, 46 officiers mariniers et matelots) |
| Date de la découverte | 21 juillet 2019 (annoncée le 22 juillet) |
| Profondeur | Environ 2 370 m (2 350 m selon certaines sources) |
| Distance | Environ 45 km au sud de Toulon, au sud-sud-ouest du cap Sicié |
| État | 3 morceaux principaux dispersés sur environ 300 m |
| Navire découvreur | Seabed Constructor (Ocean Infinity) |
Qu’a-t-on fait sur l’épave depuis 2019 ?
Depuis sa découverte, l’épave de la Minerve a reçu une plaque commémorative mais n’a pas été remontée : la Marine a annoncé que les restes ne seraient pas dérangés et que le site deviendrait un sanctuaire maritime. La mission de 2019 visait à offrir un lieu de mémoire aux familles, non à rouvrir une enquête judiciaire.
Les 1er et 2 février 2020, le DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, rattaché au ministère de la Culture) organise des plongées avec le submersible habité DSV Limiting Factor de l’explorateur américain Victor Vescovo. Le 1er février, Vescovo plonge avec le contre-amiral en retraite Jean-Louis Barbier ; le 2 février, il emmène Hervé Fauve, qui dépose une plaque en granit sur une section de la coque, au son de La Marseillaise. Mer et Marine - plongées et plaque commémorative a détaillé ces plongées.
Peut-on plonger sur l’épave de la Minerve ?
Non, l’épave de la Minerve n’est pas accessible aux plongeurs : à 2 370 m, elle se situe bien au-delà des limites de la plongée sous-marine, y compris technique, qui ne dépasse guère 100 à 150 m. Seuls des submersibles habités ou des robots peuvent l’atteindre, et le site est traité comme une sépulture militaire.
En France, toute découverte d’épave doit être déclarée, et le DRASSM est compétent pour les biens culturels maritimes. Pour un aperçu des pratiques et des règles générales, la page Wikipedia FR - Plongée sur épave rappelle les principes de cette discipline. La fiche Wikipedia EN - French submarine Minerve (S647) rassemble, elle, la chronologie complète du sous-marin.
Deux ans après la Minerve, le 4 mars 1970, un autre sous-marin de la classe Daphné, l’Eurydice, disparaissait au large de Saint-Tropez avec 57 hommes. D’autres grands fonds ont livré leurs secrets après de longues recherches : lisez notre récit sur l’épave du vol AF447, localisée après 22 mois par 3 900 m de fond, et celui de l’épave de l’avion de Saint-Exupéry, identifiée en 2004 au large de Marseille. Pour une autre page de l’histoire sous-marine française, voyez la base sous-marine de Saint-Nazaire.
Questions fréquentes
Quand le sous-marin Minerve a-t-il disparu ?
Le 27 janvier 1968, au matin, alors qu’il rentrait à Toulon après un exercice avec un avion Bréguet Atlantic. Le contact a été perdu peu avant 8 heures, à environ 25 milles nautiques de Toulon. Les 52 hommes à bord ont péri.
Où se trouve l’épave de la Minerve ?
Au sud-sud-ouest du cap Sicié, dans le Var, à environ 45 km au sud de Toulon, par près de 2 370 m de fond. Elle est brisée en 3 morceaux principaux dispersés sur environ 300 m.
Qui a retrouvé l’épave de la Minerve ?
Le navire Seabed Constructor de la société Ocean Infinity, le 21 juillet 2019, dans une zone redéfinie grâce à la réanalyse de données sismiques par les supercalculateurs du CEA, à la demande de la Marine nationale.
Pourquoi la Minerve a-t-elle coulé ?
La cause exacte n’a jamais été établie. La commission d’enquête a conclu à une destruction de la coque, et la mer était très forte ce jour-là. La découverte de l’épave n’a pas donné lieu à une nouvelle enquête.
Peut-on plonger sur l’épave de la Minerve ?
Non. À près de 2 370 m de profondeur, elle n’est accessible qu’à des submersibles ou des robots. Le site est considéré comme une sépulture marine et une plaque y a été posée en février 2020.
Sources et vérifications
Informations vérifiées en octobre 2026.




