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A retenir : Une voie surélevée de 18 km construite entre 1967 et 1969 au nord d’Orléans a vu le prototype I80-HV atteindre 430,4 km/h le 5 mars 1974. Le projet a été abandonné par l’État le 17 juillet 1974 au profit du TGV. L’ouvrage, propriété de l’État, subsiste faute de budget pour le démolir.
Au nord d’Orléans, dans le Loiret, entre les communes de Saran et de Ruan, une ligne de béton perchée à cinq ou dix mètres de hauteur traverse encore les champs sur 18 kilomètres. On y accède par la route, en longeant Cercottes, Chevilly et Artenay, sans qu’aucun panneau touristique ne signale grand-chose. Cette voie a pourtant porté, en 1974, un engin qui a battu un record mondial de vitesse sur transport guidé.
L’histoire commence le 18 décembre 1967, quand le ministre des Transports charge la Société de l’Aérotrain de construire cette piste d’essai. Le chantier est confié à la société Grands travaux de Marseille, pour un coût hors taxes de 24 586 790 francs. La voie entre en service en septembre 1969. Sept ans plus tard, le projet aura vécu et le monobloc I80, brûlé dans son hangar, ne sera plus qu’un souvenir photographique. La structure, elle, tient toujours debout.
Sommaire
Un ouvrage hors norme posé sur 900 piliers
La piste repose sur 900 piliers en béton, espacés d’environ 20 mètres les uns des autres. Ils portent des tronçons monobloc de 120 mètres, en forme de T inversé, à une hauteur de cinq à dix mètres au-dessus du sol. L’ensemble relie Saran à Ruan en passant par Cercottes, Chevilly et Artenay. Vu du sol, on comprend vite l’ambition du projet Bertin : construire une infrastructure capable d’accueillir un véhicule guidé roulant sur un coussin d’air, sans contact avec le rail, à des vitesses que le ferroviaire classique n’atteignait pas encore.
Le 5 mars 1974, 430,4 km/h dans le Loiret
Le prototype I80-HV, propulsé par un réacteur Pratt & Whitney, établit ce jour-là le record mondial de vitesse d’un transport guidé : 430,4 km/h. La mesure correspond à une vitesse moyenne de 417,6 km/h, calculée sur 3 kilomètres parcourus dans chaque sens de la voie. Sur l’ensemble de sa carrière, le prototype aura parcouru 9 106 kilomètres et transporté 2 900 passagers, à des vitesses courantes de 350 à 400 km/h. Ce n’était pas un coup d’essai isolé mais un engin exploité régulièrement sur cette portion du Loiret.
Un contrat signé, un abandon six semaines plus tard
Le 21 juin 1974, un contrat officialise ce qui devait être le premier débouché commercial de la technologie Bertin : une ligne Cergy-La Défense. C’est la première commande commerciale obtenue par la Société de l’Aérotrain. Elle ne survivra pas longtemps. Le 17 juillet 1974, moins d’un mois plus tard, le gouvernement annonce l’abandon pur et simple du projet, malgré des performances techniques que personne ne conteste. Le choc pétrolier pèse sur les arbitrages budgétaires, et l’État choisit de concentrer ses moyens sur le TGV. L’abandon officiel de l’Aérotrain est daté de ce même 17 juillet 1974.
Des vols de démonstration jusqu'à l'incendie de 1992
L’histoire ne s’arrête pas net. L’Association des Amis de Jean Bertin finance des vols de démonstration jusqu’en 1977, dans l’espoir d’attirer de nouveaux investisseurs pour relancer le projet. Ces tentatives ne trouvent pas preneur. Le prototype I80 reste ensuite entreposé dans un hangar à Chevilly, jusqu’à ce qu’un incendie d’origine criminelle le détruise totalement le 22 mars 1992. C’est la disparition définitive du seul véhicule qui avait roulé sur cette voie à plus de 400 km/h.
Une ruine trop chère à raser
La voie, elle, a mieux résisté. En 2007, un tronçon de 120 mètres est démoli pour laisser passer l’autoroute A19. En juillet 2015, un tracteur heurte un pilier à Chevilly, ce qui impose la dépose d’un tronçon supplémentaire de 20 mètres. La même année, les 18 kilomètres de l’ouvrage sont labellisés « Patrimoine du XXe siècle » par le ministère de la Culture. En 2017, l’État, toujours propriétaire de la structure, mandate des experts pour étudier une démolition complète. Le coût est jugé prohibitif, estimé à 13 millions d’euros, ce qui explique pourquoi la voie tient encore debout aujourd’hui, presque cinquante ans après l’abandon du projet.
Questions frequentes
Où se trouve la voie de l'Aérotrain ?
Dans le Loiret, en région Centre-Val de Loire, au nord d’Orléans. Elle relie Saran à Ruan en passant par Cercottes, Chevilly et Artenay.
Peut-on encore voir la voie aujourd'hui ?
Oui, l’ouvrage est visible depuis les routes qui traversent Saran, Cercottes, Chevilly et Artenay. L’État en reste propriétaire ; aucun protocole de visite officiel n’est documenté.
Que reste-t-il du prototype qui a battu le record de vitesse ?
Le prototype I80 a été entièrement détruit par un incendie d’origine criminelle le 22 mars 1992, alors qu’il était entreposé dans un hangar à Chevilly.
Pourquoi le projet Aérotrain a-t-il été abandonné ?
Le gouvernement l’a arrêté le 17 juillet 1974, six semaines après un contrat commercial pour Cergy-La Défense, dans le contexte du choc pétrolier et au profit du développement du TGV.
Sources
- Wikipédia – Voie d'essai de l'aérotrain d'Orléans (consulté sept. 2026)
- Lieux Insolites – La piste d'essai de l'Aérotrain (consulté sept. 2026)
- Sciencepost – En 1974, ce train français filait à plus de 430 km/h (juin 2026)
- Sciencepost – Au-dessus des champs du Loiret dort depuis cinquante ans un rail (sept. 2026)
- Multicollection – 5 mars 1974 record de vitesse pour l'Aérotrain (mars 2014)
- Journal du Geek – En 1974, la France faisait rouler un train à 430 km/h (sept. 2026)

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