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Le GOUM à Moscou, grand magasin historique de la Place Rouge

Le GOUM à Moscou, grand magasin historique de la Place Rouge

Archives : ces articles décrivent la Russie telle que nous l’avons découverte avant 2022. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères déconseille aujourd’hui formellement tout déplacement dans le pays. Conseils aux voyageurs.

Récit publié en 2019, conservé en archive. Il ne reflète pas la situation actuelle : les voyages en Russie sont formellement déconseillés par le ministère des Affaires étrangères.

Le GOUM est un grand magasin historique de Moscou, ouvert en décembre 1893 sur la Place Rouge, face aux murs du Kremlin et à quelques pas de la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux. Lors de ma visite, en 2019, j’y ai découvert bien plus qu’un centre commercial : un bâtiment de la fin du XIXe siècle, avec ses galeries sous verrières, dont l’histoire suit celle de la Russie.

Alors, prenons la route du GOUM. Davaï !

Logo du grand magasin GOUM de Moscou

Où se trouve le GOUM de Moscou ?

Le GOUM occupe tout le côté est de la Place Rouge, en face des murs du Kremlin et du mausolée de Lénine. En 2019, on y accédait facilement par le métro de Moscou, en descendant à l’une de ces trois stations :

  • Okhotny Riad, sur la ligne 1 (rouge) ;
  • Teatralnaïa, sur la ligne 2 (verte) ;
  • Plochtchad Revolioutsii, sur la ligne 3 (bleue).

Une fois sur la Place Rouge, impossible de manquer ce long bâtiment à tourelles et à décor néo-russe. La première fois que je l’ai vu, j’ai eu l’impression d’être à Disneyland, et cette impression est encore plus forte la nuit, quand la façade est illuminée.

Façade du GOUM illuminée la nuit sur la Place Rouge à Moscou

Comme dans tout centre commercial, l’entrée était gratuite. En 2019, le GOUM ouvrait tous les jours, dimanche compris, de 10 h à 22 h. Le site officiel, en anglais, était alors accessible à l’adresse http://www.gum.ru/en/.

Que voir dans le GOUM ?

Le GOUM se visite d’abord pour son architecture : une façade de 242 mètres de long le long de la Place Rouge, et, à l’intérieur, des galeries marchandes sur trois niveaux, éclairées par des verrières et reliées par des passerelles. Les boutiques passent presque au second plan.

On peut évidemment faire du shopping à Moscou ailleurs, mais rarement dans un tel cadre. On parle d’environ 2,5 kilomètres de galeries et de près de 200 boutiques, où les enseignes de luxe côtoient cafés et restaurants. Petite précision pour les amateurs de bonnes affaires : à l’époque de ma visite, les soldes d’hiver avaient lieu en janvier et les soldes d’été en juin.

Mais le vrai plaisir est de déambuler. La façade, en grès et en granit, impressionne dès l’arrivée.

Façade du GOUM de jour sur la Place Rouge, avec ses tourelles

À l’intérieur, l’impression est la même. On oublie vite les vitrines pour regarder l’architecture. Les verrières qui couvrent chaque galerie laissent entrer beaucoup de lumière, et l’on perd rapidement la sensation d’être dans un centre commercial.

Galerie intérieure du GOUM à Moscou, boutiques sur trois niveaux sous la verrière

Mon conseil : prenez l’un des escaliers et montez à l’étage. Depuis l’une des passerelles qui enjambent la galerie, approchez-vous des verrières et regardez le bâtiment sur toute sa longueur.

Que faire au GOUM ?

Au GOUM, on vient d’abord se promener et regarder l’architecture, puis faire une pause : café, glace soviétique, repas dans une cantine rétro ou achats à l’épicerie fine. C’est aussi l’un des lieux les plus fréquentés de Moscou, avec, selon les chiffres avancés à l’époque, plusieurs dizaines de milliers de visiteurs par jour.

Le bâtiment, très bien entretenu, donne l’impression de remonter le temps jusqu’à son ouverture, à la fin du XIXe siècle.

Verrière du GOUM vue depuis une passerelle, perspective sur la galerie

C’est surtout l’occasion de faire une pause dans la découverte de la capitale. Je m’étais arrêté au café Bosco, dont la terrasse donne directement sur la Place Rouge.

C’est aussi l’endroit pour goûter la glace soviétique, servie dans un petit gobelet en gaufrette. De petits stands en vendent dans tout le centre, mais je vous conseille d’aller au milieu du GOUM : une fontaine s’y trouve, et le cadre est très agréable pour la déguster.

Fontaine au centre du GOUM de Moscou, sous la verrière

Pour un repas, rendez-vous à la Stolovaya 57, une cantine de style soviétique, moderne mais décorée comme dans les années 1950-1960. En 2019, on y faisait un repas complet et bon pour moins de 8 €, l’occasion de découvrir plusieurs spécialités russes dans un lieu original.

Au rez-de-chaussée, une grande épicerie fine réunit les principaux produits russes : caviar, vodka et bien d’autres, sur une centaine de mètres. Je vous conseille d’y goûter le jus d’estragon (le Tarkhoun) : ne vous fiez pas à sa couleur vert fluo, il est surprenant et très bon.

À noter : depuis la Place Rouge, une seule entrée était ouverte, à peu près au milieu du bâtiment. Les entrées principales se trouvent sur les deux côtés de l’édifice.

Entrée latérale du GOUM à Moscou

Quelle est l’histoire du GOUM de Moscou ?

Le GOUM a été construit de 1890 à 1893 sous le nom de Rangées commerciales supérieures (Verkhnie torgovye riady), pour remplacer d’anciennes halles marchandes de la Place Rouge. Il est l’œuvre de l’architecte Alexandre Pomerantsev et de l’ingénieur Vladimir Choukhov, auteur de la structure métallique des verrières. Il a ouvert ses portes le 2 décembre 1893 (calendrier julien).

Tout commence en 1886, lorsque les marchands de Moscou décident de remplacer les vieilles rangées commerciales par un bâtiment moderne. Un concours d’architecture est lancé, et c’est le projet de Pomerantsev qui est retenu. La construction démarre en 1890 et ne dure que trois ans, un délai court pour l’époque. Le résultat compte alors parmi les plus grands passages commerciaux d’Europe.

Le nom GOUM (ГУМ en cyrillique) date de l’époque soviétique : il signifiait Gossoudarstvenny Ouniversalny Magazin, « magasin universel d’État ». Après la privatisation, la première lettre a été réinterprétée en Glavny, « principal » : le GOUM est devenu le « magasin universel principal », ce qui a permis de garder l’acronyme.

Le bâtiment, en grès, granit et marbre, se compose de galeries parallèles sur trois niveaux, reliées par des passerelles et couvertes de verrières. Le résultat est un centre commercial très lumineux.

Photographie ancienne des Rangées commerciales supérieures, futur GOUM, vers 1893

La révolution de 1917 marque un tournant. Le magasin n’est pas détruit, contrairement à la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, mais il est nationalisé. En 1928, Staline le transforme en bureaux pour l’administration du premier plan quinquennal, juste en face du Kremlin.

Le GOUM retrouve sa fonction de grand magasin en 1953. Il est privatisé à la fin de l’époque soviétique, au début des années 1990, et retrouve ses couleurs et son charme d’antan. Le visiter, c’est faire un vrai voyage dans le temps.

Questions fréquentes

Que signifie GOUM ?

À l’époque soviétique, GOUM signifiait « magasin universel d’État ». Après la privatisation, la première lettre a été réinterprétée en « principal » : c’est aujourd’hui le « magasin universel principal », ce qui conserve l’acronyme.

Qui a construit le GOUM de Moscou ?

Le bâtiment a été conçu par l’architecte Alexandre Pomerantsev, avec l’ingénieur Vladimir Choukhov pour les verrières à structure métallique. Il a été construit de 1890 à 1893 sous le nom de Rangées commerciales supérieures.

Pourquoi le GOUM a-t-il servi de bureaux ?

Nationalisé après la révolution de 1917, il a été transformé en 1928 en bureaux pour l’administration du premier plan quinquennal de Staline. Il n’est redevenu un grand magasin qu’en 1953.

Sources et vérifications

Informations vérifiées en octobre 2026.

Nicolas

Fondateur de Votre Carnet de Voyage, voyage et écrit depuis 2017. Notre charte éditoriale

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