Archives : ces articles décrivent la Russie telle que nous l’avons découverte avant 2022. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères déconseille aujourd’hui formellement tout déplacement dans le pays. Conseils aux voyageurs.
Récit publié en 2019, conservé en archive. Il ne reflète pas la situation actuelle : les voyages en Russie sont formellement déconseillés par le ministère des Affaires étrangères.
Vous l’avez sans doute vue des centaines de fois en photo : la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux, sur la place Rouge de Moscou, est l’image la plus célèbre de la ville et de la Russie. Construite de 1555 à 1561 sur ordre d’Ivan le Terrible, elle réunit neuf églises autour d’une tour centrale et se visite comme un musée.
Son architecture ne ressemble à aucune autre. Avec ses coupoles en bulbe torsadées et colorées, elle semble sortie d’un livre d’images, et pourtant elle est bien là, posée sur les pavés à l’extrémité sud de la place Rouge.

Où se trouve la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux ?
La cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux se dresse à l’extrémité sud de la place Rouge, en surplomb de la Moskova, face au grand magasin GOUM et non loin du mausolée de Lénine. Une fois sur la place, impossible de la manquer : elle ferme la perspective.
Pour rejoindre la place Rouge, le plus simple était d’utiliser l’une des stations du métro de Moscou. Les accès les plus proches, en 2019, étaient les suivants :
- Okhotny Riad, sur la ligne 1 (rouge) ;
- Teatralnaïa, sur la ligne 2 (verte) ;
- Plochtchad Revolioutsii, sur la ligne 3 (bleue).
Tarifs et horaires relevés en 2019
Transformée en musée à l’époque soviétique, la cathédrale dépend aujourd’hui du Musée historique d’État, ce qui explique que l’entrée soit payante. Les informations ci-dessous datent de notre visite en 2019 et ne sont pas mises à jour.

Les billets s’achetaient directement à l’entrée de la cathédrale. L’attente aux caisses était généralement courte, ce qui est appréciable en hiver.
Tarifs en 2019 :
- 700 roubles (environ 10 €) de septembre à mai ;
- 1 000 roubles (environ 14 €) de juin à août.
Les enfants entraient gratuitement et des tarifs réduits existaient pour les groupes.
Horaires en 2019 :
- de novembre à avril : de 11 h à 17 h ;
- en mai, septembre et octobre : de 11 h à 18 h ;
- de juin à août : de 10 h à 18 h ;
- fermeture le premier mercredi de chaque mois pour le nettoyage ;
- fermeture des caisses 45 minutes avant celle de la cathédrale.
En hiver, les horaires pouvaient être réduits lorsque la température descendait sous -15 °C.
Lors de notre séjour, nous avions conseillé la visite guidée en français, qui comprenait aussi la place Rouge et une prise en charge à l’hôtel : Visiter Saint-Basile-le-Bienheureux.
Histoire de la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux
Beaucoup la confondent avec la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou. Pourtant, contrairement à cette dernière, Saint-Basile n’est ni la principale église de la ville ni le siège du patriarcat orthodoxe de Moscou.
Son nom officiel est cathédrale de l’Intercession-de-la-Vierge-sur-le-Fossé (Pokrovski sobor). Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1990, avec le Kremlin et la place Rouge.
Ivan le Terrible la fit construire de 1555 à 1561 pour célébrer la prise de Kazan sur les Tatars, en 1552. Le nom d’Intercession vient de la fête de l’Intercession de la Vierge, le 1er octobre, jour de l’assaut final sur Kazan.

Beaucoup de légendes entourent sa construction. La plus connue veut que le tsar ait fait aveugler l’architecte, Postnik Iakovlev, pour qu’il ne puisse jamais bâtir plus beau. Aucune source ne l’atteste, et les chroniques mentionnent la participation de Postnik à d’autres chantiers, notamment au Kremlin de Kazan.
L’édifice se compose d’une église centrale, coiffée d’une flèche pyramidale, entourée de huit églises. Quatre grandes églises sont orientées vers les points cardinaux, alternant avec quatre plus petites. Chacune est dédiée à un saint ou à une fête liée aux étapes de la campagne de Kazan.
Devant la cathédrale se trouve le monument à Kouzma Minine et Dmitri Pojarski, inauguré en 1818 et déplacé à cet endroit en 1931. Ces deux héros ont levé la milice qui chassa les Polonais de Moscou en 1612, à la fin du Temps des troubles (1598-1613).

La cathédrale a été maintes fois remaniée. À l’origine, ses façades et ses coupoles étaient bien plus sobres. Les bulbes actuels sont apparus après les incendies de la fin du XVIe siècle, et les couleurs vives qui font sa célébrité datent pour l’essentiel des XVIIe et XVIIIe siècles.
En 1588, le tsar Fiodor Ier, fils d’Ivan le Terrible, fit ajouter une chapelle au-dessus de la tombe du saint fol-en-Christ Basile le Bienheureux, qui a donné son nom courant à l’édifice. Le clocher actuel date des années 1680 et remplace un ancien beffroi. À l’origine, les églises étaient séparées ; les galeries qui les relient ont été couvertes plus tard, ce qui explique la complexité de l’intérieur.
Selon la tradition, Napoléon aurait envisagé de la détruire en 1812, et ses troupes y auraient logé leurs chevaux. Plus tard, Staline aurait songé à la faire disparaître parce qu’elle gênait les défilés militaires sur la place Rouge, avant d’y renoncer. Aucune de ces anecdotes n’est documentée avec certitude, mais elles font partie de la légende du monument.
Visiter l’intérieur de la cathédrale Saint-Basile
L’intérieur de Saint-Basile ne ressemble pas à une grande nef : c’est une succession de petites églises et de couloirs étroits qui forment un labyrinthe, sur deux niveaux reliés par un escalier. Après l’extérieur, la visite intérieure réserve donc une vraie surprise.
Le rez-de-chaussée
En entrant, on découvre la chapelle de Saint-Basile, ajoutée en 1588. C’est sans doute la pièce la plus richement décorée de tout l’édifice.

La visite permet aussi de voir une maquette de la cathédrale, utile pour comprendre l’organisation des neuf églises.

Les salles se succèdent et la richesse des décors étonne : il est difficile de trouver un mur ou un couloir qui ne soit pas peint. La plupart des peintures murales datent des XVIIe et XVIIIe siècles.


Ces salles présentent aussi des collections : monnaies anciennes, objets religieux et pièces historiques.
L’accès au niveau supérieur
Dans l’une des premières salles, à peu près au milieu de l’édifice, un escalier étroit aménagé dans l’épaisseur du mur mène à l’étage des églises. Il est raide, avec des marches très hautes.

À l’étage, on n’est plus vraiment dans un musée mais dans un édifice religieux. On accède à l’église centrale de l’Intercession, sous la flèche pyramidale qui culmine à environ 65 mètres. Son iconostase, du XVIIIe siècle, provient de la cathédrale des Thaumaturges-de-Tchernigov, une église du Kremlin de Moscou démolie au XVIIIe siècle.


On peut ensuite déambuler dans les autres églises et observer les ornements. Les photos y étaient autorisées en 2019 (sans flash), ce qui est assez rare pour être noté.

Les fenêtres étant peu nombreuses, ces salles sont assez sombres, et l’on manque souvent de recul pour réussir ses photos. Prenez le temps de regarder par les fenêtres : elles offrent un angle original sur la place Rouge.


Après la visite : le jardin et la place Rouge de nuit
Après la visite, faites le tour par le petit jardin : il offre une autre vue de l’édifice, notamment sur sa face arrière, côté Moskova.

Revenez aussi sur la place Rouge à la nuit tombée : la cathédrale illuminée offre un tout autre visage. Pour poursuivre la découverte de Moscou, voir notre article sur le Kremlin de Moscou et celui sur le parc VDNKh, gloire de la culture soviétique.

Sources et vérifications
Informations vérifiées en octobre 2026.




