Archives : ces articles décrivent la Russie telle que nous l’avons découverte avant 2022. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères déconseille aujourd’hui formellement tout déplacement dans le pays. Conseils aux voyageurs.
Récit publié en 2019, conservé en archive. Il ne reflète pas la situation actuelle : les voyages en Russie sont formellement déconseillés par le ministère des Affaires étrangères.
La Place Rouge (Krasnaïa plochtchad en russe) est la grande place pavée du centre de Moscou, bordée par le mur du Kremlin, la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux, le Musée historique d’État, la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan et le grand magasin GOUM. Voici les 5 sites que nous y avons visités lors de notre séjour en 2019, dans l’ordre d’une promenade depuis les portes de la Résurrection.
Pourquoi l’appelle-t-on la Place Rouge ?
Le nom de la Place Rouge n’a rien à voir avec la couleur du communisme : il est attesté dès le XVIIe siècle, et l’adjectif russe « krasnaïa » voulait dire à la fois « rouge » et « belle ». La couleur des briques qui entourent la place a ensuite donné un double sens à ce nom.
À l’origine, les murs du Kremlin (le mot signifie « forteresse » en russe) étaient blanchis à la chaux. Ils ont ensuite retrouvé la teinte de leur brique rouge, comme le Musée historique d’État construit à la fin du XIXe siècle. Pour nous, la Place Rouge a été le point de départ idéal d’un premier séjour : on y entre directement dans l’ambiance de la capitale russe.
Comment arriver sur la Place Rouge ?
Lors de notre séjour, le plus beau chemin pour découvrir la Place Rouge passait par les portes de la Résurrection (ou portes d’Ibérie), au nord de la place. On les atteint en descendant la rue Tverskaïa tout droit, ou en sortant à la station Okhotny Riad de la ligne 1 (rouge) du métro de Moscou.
De jour comme de nuit, la place offre un spectacle différent. Même après l’avoir traversée des dizaines de fois, je ne m’en suis jamais lassé. Le jour, elle fourmille de visiteurs, avec Saint-Basile en point de mire. La nuit, les illuminations prennent le relais, et la façade du GOUM éclairée donne presque l’impression d’être à Disneyland.

Devant les portes se trouve le kilomètre zéro : c’est de ce point que sont calculées les distances routières en Russie.
Les portes que l’on franchit aujourd’hui ne sont pas les originales. Staline les avait fait démolir en 1931 pour faciliter le passage des véhicules lors des parades militaires. Elles ont été reconstruites à l’identique entre 1994 et 1995.
Que voir sur la Place Rouge ? Les 5 incontournables
En franchissant les portes de la Résurrection, on découvre toute la longueur de la Place Rouge, environ 330 mètres jusqu’à Saint-Basile, avec le mur du Kremlin à droite et le GOUM à gauche. Voici les monuments à voir, dans l’ordre de la promenade.

| Monument | Position sur la place | Intérieur | À savoir |
|---|---|---|---|
| Musée historique d’État | Nord, à droite des portes | Payant | Histoire de la Russie, de la préhistoire aux Romanov |
| Notre-Dame-de-Kazan | Nord-est, angle de la rue Nikolskaïa | Libre | Photos interdites à l’intérieur en 2019 |
| GOUM | Côté est | Libre | Grand magasin, cantine Stolovaya 57 |
| Mausolée de Lénine | Côté ouest, au pied du Kremlin | Gratuit | Ouverture limitée, photos interdites |
| Saint-Basile-le-Bienheureux | Sud | Payant (musée) | Deux niveaux de chapelles peintes |
1. Le Musée historique d’État
Le Musée historique d’État est le premier bâtiment que l’on voit, à droite des portes de la Résurrection. Avec ses tours et sa brique rouge de style néo-russe, il ressemble à un château ancien, mais il n’a été construit qu’entre 1875 et 1881.


Le musée retrace l’histoire de la Russie, des objets des tribus préhistoriques jusqu’aux collections des Romanov. On y voit notamment le sabre que Napoléon offrit au comte Pavel Chouvalov en 1814, sur la route de son exil à l’île d’Elbe. Le bâtiment est lui-même une œuvre d’art, avec ses salles peintes et la frise des souverains russes.
2. La cathédrale Notre-Dame-de-Kazan
La cathédrale Notre-Dame-de-Kazan se dresse en face du musée, à gauche des portes de la Résurrection, à l’angle de la Place Rouge et de la rue Nikolskaïa. Elle paraît petite à côté des autres églises de Moscou, mais il s’agit bien d’une cathédrale, dédiée à l’icône de la Vierge de Kazan dont elle abrite une copie.

En 1936, pour des raisons idéologiques cette fois, Staline fit raser la cathédrale. La ville de Moscou l’a reconstruite à son emplacement d’origine, d’après les relevés de l’édifice, entre 1990 et 1993. Lors de notre visite, l’entrée était libre, mais les photos étaient interdites à l’intérieur.
3. Le grand magasin GOUM
Le GOUM occupe tout le côté est de la Place Rouge, face au Kremlin : c’est un grand magasin de luxe sous verrières, comparable aux Galeries Lafayette ou au Printemps à Paris. Son nom (ГУМ en cyrillique) signifie « Magasin universel principal ». Il compte environ 200 boutiques réparties sur plusieurs galeries.

De nuit, sa façade entièrement illuminée est l’une des images les plus marquantes de la place. Prenez le temps de flâner dans ses galeries, d’y manger une glace ou de vous restaurer à Stolovaya 57. Cette cantine au décor soviétique nous a replongés plusieurs décennies en arrière, avec des plats simples et bon marché.
4. Le mausolée de Lénine, au pied du Kremlin
Le mausolée de Lénine est l’édifice pyramidal de granit rouge et noir adossé au mur du Kremlin, face au GOUM. Il abrite depuis 1924 le corps embaumé de Vladimir Lénine, dirigeant bolchevique mort le 21 janvier 1924, que l’on peut voir dans son sarcophage de verre.
L’embaumement fut décidé par la direction soviétique, Staline en tête, malgré l’opposition de sa veuve Nadejda Kroupskaïa. Le corps fait l’objet d’un traitement régulier pour le conserver. Au fil des années, beaucoup de visiteurs trouvent qu’il ressemble de plus en plus à une statue de cire.

En 2019, l’entrée était gratuite, mais il fallait de la patience : la file d’attente était longue et le nombre de visiteurs à l’intérieur limité. Le mausolée n’ouvrait que quelques matinées par semaine, de 10 h à 13 h. À l’intérieur, les photos étaient interdites, tout comme le port d’un chapeau, d’une casquette ou de lunettes de soleil, jugé irrespectueux.
Derrière le mausolée, au pied des remparts, s’étend la nécropole du mur du Kremlin. On y trouve les tombes de Staline, Brejnev ou Tchernenko, et, dans le mur lui-même, les urnes de personnalités comme Youri Gagarine.
5. La cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux
La cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux, au sud de la Place Rouge, est avec elle l’autre grand emblème de la Russie. Commandée par Ivan le Terrible pour célébrer la prise de Kazan, elle a été achevée en 1561. Elle se compose d’une église centrale entourée de 8 chapelles, dont 4 grandes orientées vers les points cardinaux.

Nationalisée après la révolution, la cathédrale est devenue un musée dans les années 1920, et elle l’était toujours lors de notre visite. L’entrée était donc payante : en 2019, comptez 700 roubles (environ 10 €) de septembre à mai et 1 000 roubles (environ 14 €) de juin à août.
La visite vaut le détour. L’intérieur est une succession de petites salles, chacune ornée de peintures différentes. Un escalier en colimaçon très étroit mène à l’étage, car l’église compte bien deux niveaux. Ses nombreuses ouvertures offrent un autre point de vue sur la place.


Selon une tradition souvent rapportée, Napoléon aurait envisagé de la détruire en 1812, et ses troupes s’en seraient servies d’écurie. Plus tard, l’édifice était jugé gênant pour les défilés militaires, mais il a finalement été épargné.
Combien de temps prévoir pour visiter la Place Rouge ?
Pour découvrir la Place Rouge en entrant dans ses monuments, il faut compter une journée entière : environ une demi-journée pour le Musée historique et Saint-Basile, une heure ou plus pour la file du mausolée, et le reste pour le GOUM et Notre-Dame-de-Kazan. Une simple traversée, elle, se fait en une heure.
Pour nous, c’était le point de départ idéal d’un séjour en Russie : ce lieu chargé d’histoire résume à lui seul plusieurs siècles du pays. Il se combine facilement avec la visite du Kremlin de Moscou, dont l’entrée se fait par le jardin d’Alexandre, juste derrière le mur.

Lire également : Le parc VDNKh de Moscou, gloire de la culture soviétique
Questions fréquentes
Pourquoi la Place Rouge s’appelle-t-elle ainsi ?
Le nom date d’avant la période soviétique : en vieux russe, krasnaïa signifiait à la fois rouge et belle. La brique rouge du mur du Kremlin et du Musée historique d’État a ensuite renforcé ce sens.
Quels monuments se trouvent sur la Place Rouge ?
La place est bordée par le mur du Kremlin et le mausolée de Lénine à l’ouest, le GOUM à l’est, le Musée historique d’État et Notre-Dame-de-Kazan au nord, et la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux au sud.
Quand la cathédrale Saint-Basile a-t-elle été construite ?
Elle a été commandée par Ivan le Terrible pour célébrer la prise de Kazan en 1552 et achevée en 1561. Elle réunit une église centrale et 8 chapelles.
Sources et vérifications
Informations vérifiées en octobre 2026.




