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Le Train Bleu Paris-Vintimille, éteint entre 2003 et 2007

Temps de lecture estimé : 4 minute(s)

A retenir : Le Train Bleu, wagon-lits mythique lancé en 1886 entre Calais/Paris et Vintimille, a périclité après le retrait de son bar en 1976 et l’arrivée du TGV Méditerranée en 2001. Les sources divergent sur sa fin exacte : 2003 selon Wikidata, 2007 pour le dernier train portant officiellement ce nom.

Reliant Paris à Vintimille, à la frontière italienne, en passant par Dijon, Lyon, Marseille, Toulon, Cannes, Nice, Monaco et Menton, le Calais-Méditerranée Express a longtemps incarné le voyage de nuit le plus glamour d’Europe. Lancé en 1886-1887 par la Compagnie internationale des wagons-lits, il transportait ses passagers depuis Calais ou Paris jusqu’aux rivages de la Côte d’Azur, dans des voitures qui allaient devenir, avec le temps, aussi célèbres que les destinations qu’elles desservaient.

Ce train n’a pas toujours porté le nom sous lequel on le connaît. Ce n’est qu’en 1922 que le surnom de ‘Train bleu’ apparaît, en référence à la couleur des voitures-lits en acier bleu et or ; il faudra encore attendre 1947 pour que ce nom devienne officiel. Aujourd’hui, pour retrouver une trace tangible de cette épopée, il suffit de pousser la porte d’un restaurant classé monument historique, niché dans la gare de Lyon à Paris.

Un train pour les stars, entre Paris et la Méditerranée

Dans les années qui suivent son lancement, le Train Bleu attire une clientèle qui deviendra légendaire. Coco Chanel, Charlie Chaplin, Winston Churchill et F. Scott Fitzgerald comptent parmi ses premiers passagers célèbres, contribuant à forger la réputation d’un train où l’on croisait autant l’aristocratie que le monde des arts et de la politique. Cette aura dépasse même le cadre du rail : Agatha Christie s’en inspire pour son roman ‘Le Train bleu’ (The Mystery of the Blue Train), ancrant durablement la ligne dans l’imaginaire populaire.

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La voiture-bar, élément central de cette expérience de voyage, fait partie intégrante du mythe pendant des décennies. Le trajet, long de Paris à Vintimille, traversait des paysages contrastés, de la Bourgogne aux rivages méditerranéens, avant de longer la Riviera jusqu’à la frontière italienne.

Le déclin, entre TGV et remaniements successifs

Le retrait de la voiture-bar mythique en 1976 marque un tournant : c’est le début d’un déclin progressif que rien n’enraiera vraiment. En 1980, anticipant déjà l’arrivée du TGV, la SNCF remodèle le service en deux trains mixtes, combinant couchettes et wagons-lits, une façon de prolonger l’existence de la ligne tout en préparant sa mutation.

Le coup décisif vient en 2001, lorsque la LGV Méditerranée est inaugurée sous la présidence de Jacques Chirac. Elle met Marseille à seulement 3 heures de Paris et capte alors deux tiers du trafic voyageurs sur cet axe. Face à une telle vitesse, le train de nuit avec ses wagons-lits perd sa raison d’être économique.

Une disparition difficile à dater précisément

C’est là que l’histoire se complique. Selon Wikidata et la version anglophone de Wikipédia, le service cesse en 2003, après 117 ans d’existence — une date qui ferait du Train Bleu une ligne centenaire éteinte au tout début du XXIe siècle. Mais des sources françaises spécialisées avancent une autre chronologie : le dernier train portant officiellement le nom ‘Train bleu’ aurait circulé le 9 décembre 2007, entre Paris et Vintimille.

Cette divergence n’a pas été tranchée par une source archivistique SNCF officielle directement consultée sur la décision de fermeture, et aucun article du Monde ou de Libération daté de 2003 n’a pu être retrouvé pour confirmer précisément l’annonce de cette fermeture. Ce qui est certain, c’est que le service a continué sous une forme dégradée après le retrait du nom emblématique : un train Intercités de nuit, sans voitures-lits ni voiture-restaurant, limité au seul tronçon Paris-Nice, a pris le relais avant de disparaître à son tour le 10 décembre 2017.

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Ce qu'il reste aujourd'hui

De la ligne elle-même, il ne subsiste aucun service équivalent : le trajet Paris-Vintimille en train de nuit avec wagons-lits appartient définitivement au passé. Mais le nom continue de vivre à Paris même, dans l’enceinte de la gare de Lyon. Le restaurant historique de la gare, classé monument historique, a été renommé ‘Le Train Bleu’ en 1963, en hommage à ce service mythique. C’est là, sous ses dorures et ses fresques évoquant les destinations desservies par la ligne, que l’on peut aujourd’hui retrouver l’atmosphère d’une époque où embarquer pour Menton ou Vintimille depuis Paris s’accompagnait encore du confort feutré des voitures bleu et or.

Questions frequentes

Le Train Bleu existe-t-il encore aujourd'hui ?

Non, le service de wagons-lits Paris-Vintimille a disparu selon les sources en 2003 ou 2007. Son successeur dégradé, un Intercités de nuit Paris-Nice, a lui-même cessé de circuler le 10 décembre 2017.

Que peut-on encore visiter en lien avec le Train Bleu ?

Le restaurant historique de la gare de Lyon à Paris, classé monument historique et renommé ‘Le Train Bleu’ en 1963, reste accessible et rend hommage à la ligne mythique.

Pourquoi la ligne a-t-elle décliné ?

Le retrait de la voiture-bar en 1976 amorce le déclin, puis l’ouverture de la LGV Méditerranée en 2001, mettant Marseille à 3h de Paris, capte deux tiers du trafic voyageurs et rend le train de nuit obsolète économiquement.

Sources

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