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Centrale de Brennilis : un démantèlement prévu jusqu’en 2041

Centrale de Brennilis : un démantèlement prévu jusqu’en 2041

La centrale nucléaire de Brennilis, dans les monts d’Arrée (Finistère), a été arrêtée le 31 juillet 1985, mais son démantèlement ne devrait s’achever que vers 2041. Ce réacteur à eau lourde, unique en France, est entré en 2024 dans sa dernière phase de déconstruction, pour un coût estimé à 850 millions d’euros par EDF. Le site se visite gratuitement, sur inscription.

Où se trouve la centrale de Brennilis ?

La centrale de Brennilis est située sur la commune de Brennilis, au cœur des monts d’Arrée, dans le Finistère (Bretagne), au bord du lac Saint-Michel. Elle se trouve à environ 25 km de Carhaix-Plouguer, 25 km au sud de Morlaix et 60 km de Brest, dans le périmètre du parc naturel régional d’Armorique.

Le choix du site tient à l’eau : la rivière Ellez servait de source froide et le lac Saint-Michel, réservoir créé dans les années 1930, alimentait le refroidissement. Le paysage de landes et de tourbières qui l’entoure fait du bâtiment réacteur, un cylindre de béton visible de loin, une silhouette inattendue dans ce secteur rural.

Pourquoi le réacteur de Brennilis était-il unique en France ?

Le réacteur EL4 de Brennilis était le seul réacteur de puissance français à eau lourde, refroidi au gaz carbonique : un prototype industriel de 70 MWe, construit à partir de 1962 par EDF et le Commissariat à l’énergie atomique, alors que le parc EDF adoptera ensuite la filière des réacteurs à eau pressurisée.

Mis en service en décembre 1966 et couplé au réseau en juillet 1967, il a fonctionné jusqu’au 31 juillet 1985 : 18 ans d’exploitation, mais environ 106 000 heures de fonctionnement effectif, l’équivalent d’une douzaine d’années pleines, pour une production totale d’environ 6,2 TWh. L’article Site nucléaire de Brennilis - Wikipédia détaille l’histoire de cette filière abandonnée.

DateÉtape
1962Début de la construction
Décembre 1966Mise en service du réacteur
Juillet 1967Couplage au réseau
31 juillet 1985Arrêt définitif
1985-1992Mise à l’arrêt (phase 1)
1997-2005Démantèlement partiel (phase 2)
2006Décret de démantèlement total, annulé ensuite par le Conseil d’État
2011Décret autorisant la reprise d’opérations partielles
Septembre 2023Décret autorisant le démantèlement total
Vers 2041Fin prévue, objectif de « retour à l’herbe »

Pourquoi le démantèlement dure-t-il aussi longtemps ?

Le démantèlement de Brennilis dure parce qu’il a été interrompu par la justice : le décret de 2006 autorisant la déconstruction complète a été annulé par le Conseil d’État à la suite d’un recours, faute d’une information du public suffisante. Il a fallu un nouveau dossier, une enquête publique et le décret de septembre 2023 pour relancer la phase finale.

Entre-temps, un décret de 2011 n’avait permis que des opérations partielles. La complexité technique du réacteur à eau lourde, sans équivalent en France, a aussi pesé : les équipes travaillent sur un prototype pour lequel il n’existe pas de retour d’expérience direct. La revue de la SFEN a décrit en 2023 cette nouvelle étape dans son article SFEN RGN - La centrale de Brennilis en route vers son démantèlement total.

Où en est le chantier en 2026 ?

Depuis 2024, Brennilis est engagée dans la troisième et dernière phase : le démantèlement du réacteur lui-même, prévu sur environ 17 ans. Les équipes découpent d’abord les kilomètres de tuyauteries qui entourent la cuve, avant de s’attaquer au bloc réacteur, logé dans une enceinte de béton.

Selon EDF, l’essentiel de la radioactivité du site a déjà été retiré, mais c’est la partie restante, concentrée autour de la cuve, qui concentre la difficulté technique. Le reportage France 3 Bretagne - Démantèlement de la centrale de Brennilis, une opération de 17 ans évoquait en 2024 un chantier d’une centaine de personnes, dont une trentaine de salariés EDF. L’objectif final est un « retour à l’herbe » : un terrain libéré de toute installation nucléaire. La page EDF - La centrale nucléaire de Brennilis suit l’avancement des opérations.

Combien coûte le démantèlement de Brennilis ?

Le coût du démantèlement de Brennilis est aujourd’hui estimé à environ 850 millions d’euros par EDF, contre 482 millions d’euros dans l’estimation de la Cour des comptes publiée en 2005, soit une hausse de plus des trois quarts pour un réacteur de 70 MWe.

Brennilis est souvent citée comme exemple des difficultés du démantèlement nucléaire en France, avec d’autres réacteurs de première génération arrêtés dans les années 1980 et 1990. Le rapport Sénat - L'arrêt et le démantèlement des installations nucléaires (rapport Cour des comptes), publié en 2020, analyse ces dérives de coûts et de délais. Le site d’information Sciencepost - Le chantier de Brennilis ne s'achèvera pas avant 2040 a repris ces chiffres en 2026.

Peut-on visiter la centrale de Brennilis ?

Oui. EDF propose des visites gratuites du site des monts d’Arrée, sur inscription préalable via visiterEDF.fr pour les particuliers, ou auprès du Service Visite pour les groupes. L’été 2026, de juin à septembre, une visite différente était proposée chaque jour du mardi au samedi.

  • Mardi : « Chemin de l’énergie », de 14 h à 15 h 30.
  • Mercredi : visite extérieure de la centrale, de 14 h à 15 h 30, dès 12 ans.
  • Jeudi : parcours famille, de 14 h à 15 h.
  • Vendredi : « Vendredi de la Centrale », de 13 h à 17 h, avec accès à l’enceinte du réacteur, réservé aux plus de 18 ans.
  • Samedi : escape game, de 14 h à 15 h 30.

Le programme et les conditions sont publiés par Entreprise et Découverte - Visites EDF Brennilis ; ils changent d’une saison à l’autre, vérifiez-les avant de vous déplacer.

Que voir autour de Brennilis ?

La visite se combine avec une découverte des monts d’Arrée : le lac Saint-Michel, les tourbières du Yeun Elez et les sommets du Roc’h Trévézel et du mont Saint-Michel de Brasparts, accessibles par de courtes randonnées. Pour poursuivre sur le patrimoine technique du Finistère, lisez notre article sur le phare d’Ar-Men, bâti en 14 ans au bout du Finistère, ou découvrez un autre géant de béton de l’Ouest avec la base sous-marine de Saint-Nazaire. D’autres idées vous attendent sur notre page France.

Questions fréquentes

Pourquoi la centrale de Brennilis n’est-elle pas encore démantelée ?

Le décret de 2006 autorisant son démantèlement total a été annulé par le Conseil d’État, ce qui a imposé un nouveau dossier et une enquête publique. Le décret final n’a été publié qu’en septembre 2023, et le réacteur, prototype unique, demande des techniques spécifiques.

Quand le démantèlement de Brennilis sera-t-il terminé ?

La dernière phase, lancée en 2024, doit durer environ 17 ans : la fin du chantier est prévue vers 2041, avec pour objectif un retour à l’herbe du site.

Combien coûte le démantèlement de la centrale de Brennilis ?

EDF estime désormais le coût à environ 850 millions d’euros, contre 482 millions d’euros dans l’estimation publiée par la Cour des comptes en 2005.

Peut-on visiter la centrale de Brennilis ?

Oui, les visites sont gratuites sur inscription via visiterEDF.fr. L’enceinte du réacteur n’est accessible qu’aux plus de 18 ans, et la visite extérieure à partir de 12 ans.

Quel type de réacteur était installé à Brennilis ?

Brennilis abritait EL4, un réacteur de 70 MWe à eau lourde refroidi au gaz carbonique, seul de ce type en France. Il a été exploité par EDF et le CEA de 1967 à 1985.

Sources et vérifications

Informations vérifiées en octobre 2026.

Nicolas

Fondateur de Votre Carnet de Voyage, voyage et écrit depuis 2017. Notre charte éditoriale

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