Temps de lecture estimé : 4 minute(s)
A retenir : Wittenoom, ancienne ville minière du Pilbara en Australie-Occidentale, a exploité 165 000 tonnes d’amiante bleue entre 1943 et 1966. Contaminée, elle a perdu son statut officiel en 2007, son électricité en 2006, puis tous ses habitants d’ici 2023, après une loi de fermeture forcée votée en 2019.
Wittenoom n’existe plus, officiellement. Depuis juin 2007, cette localité du Pilbara, en Australie-Occidentale, ne figure plus sur les cartes administratives de l’État : le gouvernement, sous l’autorité du ministre Jon Ford, lui a retiré son statut de ville. Une décision rare, qui sanctionne un demi-siècle d’exploitation d’un minerai devenu synonyme de mort lente, l’amiante bleue.
Entre 1943 et 1966, la mine locale a extrait plus de 165 000 tonnes de crocidolite, cette variété d’amiante particulièrement toxique. La ville a grandi avec elle, jusqu’à compter 881 habitants en 1961, avant de se vider progressivement après l’arrêt de l’extraction. Ce que beaucoup ignoraient alors allait rattraper des milliers d’entre eux, des décennies plus tard.
Sommaire
Une mine, un pic démographique, puis le déclin
Wittenoom a vécu au rythme de sa mine. Pendant plus de vingt ans, l’extraction de l’amiante bleue a fait tourner l’économie locale et attiré des familles venues chercher du travail dans cette région isolée de l’Australie-Occidentale. En 1961, la ville atteint son pic avec 881 habitants. Mais la fermeture de la mine marque le début d’un déclin qui ne s’arrêtera plus, la population diminuant année après année jusqu’à ce que la ville elle-même cesse d’exister sur le papier.
Une contamination comparée à Tchernobyl et Bhopal
En 2008, la zone est officiellement déclarée contaminée et jugée « impropre à toute forme d’occupation humaine ou d’usage du sol ». Le bilan humain, lui, se compte en milliers : selon l’ABC, plus de 2 000 anciens résidents et travailleurs de Wittenoom sont morts de maladies liées à l’amiante. En 2011, le gouvernement d’Australie-Occidentale ira jusqu’à comparer la tragédie de la ville aux catastrophes de Tchernobyl et de Bhopal, un rapprochement qui dit l’ampleur du désastre sanitaire provoqué par des décennies d’exposition à la fibre bleue.
Couper l'électricité, effacer la ville
La disparition administrative de Wittenoom ne s’est pas faite d’un coup. En 2006, l’électricité de la ville est coupée. L’année suivante, en 2007, le service postal cesse à son tour, au moment même où le statut officiel de ville lui est retiré. Trois décisions distinctes, mais un même mouvement : celui d’une administration qui retire, un à un, les attributs qui font qu’un lieu reste une ville, plutôt que d’organiser une évacuation brutale.
La bataille juridique pour les derniers habitants
Retirer un statut administratif ne suffit pas à faire partir des habitants attachés à leur terrain. En 2019, le Wittenoom Closure Bill vise l’acquisition forcée des 17 derniers lots privés de la ville, appartenant à cinq propriétaires, dont trois résidents encore sur place. La loi devient effective en mars 2022, ce qui permet l’expulsion des derniers habitants. Le processus s’achève en 2023, date à laquelle tous les résidents restants ont été évacués, au terme de décisions successives du gouvernement d’Australie-Occidentale.
Ce qu'il reste, et ce qu'on ne peut plus voir
La zone de gestion de l’amiante de Wittenoom couvre aujourd’hui environ 46 840 hectares, incluant l’ancienne ville et la gorge qui portait son nom. Le lieu existe donc toujours, physiquement, dans cette région reculée du Pilbara. Mais le gouvernement australien déconseille formellement tout déplacement à Wittenoom et dans ses environs, ce qui rend l’accès touristique officiellement dissuadé et risqué. Il n’y a pas, à ce jour, de visite organisée ni d’accès balisé : ce qui subsiste de Wittenoom se regarde surtout depuis les récits et les archives, pas depuis un parking touristique.
Questions frequentes
Peut-on encore visiter Wittenoom aujourd'hui ?
Le gouvernement australien déconseille formellement tout déplacement dans la zone, qui reste classée contaminée depuis 2008 ; l’accès est donc dissuadé et considéré comme risqué.
Pourquoi Wittenoom a-t-elle perdu son statut de ville ?
La contamination liée à l’exploitation de l’amiante bleue entre 1943 et 1966 a conduit le gouvernement d’Australie-Occidentale à lui retirer son statut officiel en juin 2007.
Quand les derniers habitants ont-ils quitté Wittenoom ?
Après le vote du Wittenoom Closure Bill en 2019, devenu effectif en mars 2022, les derniers résidents ont été évacués d’ici 2023.
Sources
- Wikipedia – Wittenoom, Western Australia (2026)
- State Heritage Office (inHerit) – Old Wittenoom Townsite (non daté)
- Australian Mining – WA Government to complete closure of ex-mining town Wittenoom (2019-03-21)
- Satterley Law – Former Asbestos Mining Town is So Toxic It's Illegal to Be There (2026-01-08)
- UNILAD – Inside 'world's most dangerous town' (2024-09-06)
- HistoricFlix – Wittenoom: Australia's Deadly Ghost Town (2024-05-10)
- Bionity – Wittenoom, Western Australia (source Wikipedia ancienne version, citant ABC News et Landgate) (non daté)

Passionné de voyages et d’exploration depuis plus de quinze ans, j’ai parcouru plus de 40 pays à travers l’Europe, l’Asie et les Caraïbes. Chaque destination est pour moi l’occasion de découvrir des cultures uniques, des paysages insolites et des expériences authentiques que j’aime partager avec mes lecteurs.
Fort de mon expérience dans la rédaction web, je m’attache à proposer des contenus fiables, documentés et inspirants. Mes articles mêlent conseils pratiques, découvertes insolites et actualités du tourisme, avec toujours le souci d’offrir une information claire et utile aux voyageurs.
Au fil des années, j’ai collaboré avec plusieurs acteurs du voyage et ai développé une expertise reconnue dans la création de contenus optimisés pour le web. Mon objectif : aider chaque lecteur à trouver l’inspiration, préparer ses séjours sereinement et découvrir des lieux encore préservés.


