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Craco, en Italie, vidé en 1963 par un glissement de terrain

Temps de lecture estimé : 3 minute(s)

A retenir : Fondé au VIIIe siècle sur un piton rocheux près de Matera, Craco a été évacué en 1963 après un glissement de terrain aggravé par des fuites de canalisations. Une inondation en 1972 puis le séisme de 1980 ont scellé l’abandon définitif du village, visitable aujourd’hui en visite guidée.

Dans l’arrière-pays de la Basilicate, non loin de Matera, un éperon rocheux abrupt porte encore les ruines d’un village fondé au VIIIe siècle, probablement par des populations grecques fuyant les invasions. Craco fut bâti là précisément pour cette défense naturelle que le relief offrait à ses premiers habitants.

Le village a connu son apogée démographique en 1881, avec près de 2 000 habitants recensés, avant un premier exode massif autour de 1900. Mais c’est un second épisode, bien plus brutal, qui a définitivement figé Craco dans son état actuel : une évacuation totale en 1963, suivie de deux catastrophes qui ont interdit tout retour.

Un sol qui cède sous les canalisations

Les premiers signes du désastre remontent à 1959, lorsque des glissements de terrain commencent à affecter la zone. Plus de 400 mm de pluie tombés en cinq jours réactivent alors un mouvement de terrain déjà fragile. Le sol argileux sur lequel repose Craco n’est pas fait pour encaisser un tel afflux d’eau.

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En 1963, la situation bascule définitivement. Un glissement de terrain majeur se déclenche, aggravé par des fuites provenant de nouvelles canalisations d’eau installées dans le village. L’eau s’infiltre dans l’argile, le terrain se dérobe, et l’évacuation devient inévitable : environ 1 800 habitants quittent Craco pour la vallée voisine.

Craco Peschiera, la vallée du relogement

Les habitants évacués ne sont pas dispersés au hasard. Ils sont relogés dans une nouvelle localité créée pour l’occasion, baptisée Craco Peschiera, installée dans la vallée en contrebas du village historique. L’idée, à l’époque, n’est pas forcément d’abandonner définitivement le centre ancien.

Mais deux événements ultérieurs ferment la porte à tout retour. Une inondation survenue en 1972 empêche tout repeuplement du centre historique. Puis, en 1980, le séisme d’Irpinia pousse les derniers habitants encore accrochés au village à l’abandonner à leur tour, cette fois de manière définitive.

Un site étudié, surveillé, et devenu décor

Craco n’est pas inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, mais le village a rejoint en 2010 la watch list du World Monuments Fund, qui signale les sites menacés méritant une attention particulière. Une étude géomorphologique menée en 2005 a par ailleurs permis d’identifier plusieurs types de glissements actifs sur le site : chutes de blocs, glissements rotationnels et coulées de terre se combinent sur ce même piton rocheux.

Le résultat est un paysage minéral suspendu, des façades éventrées et des ruelles vides qui ont fini par attirer les tournages de cinéma, sans que la fiche documentée ici ne précise lesquels. Ce qui reste certain, c’est que le terrain continue de bouger, et que cette instabilité géologique conditionne entièrement les modalités de visite aujourd’hui.

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Visiter Craco aujourd'hui

L’accès au centre historique n’est pas libre. Il ne se fait qu’en visite guidée payante, au tarif de 11 à 13 €, casque de chantier fourni à l’entrée en raison des risques d’éboulement. On ne peut rejoindre le site qu’en véhicule privé, aucune autre forme de transport n’étant mentionnée pour desservir les abords du village.

Le visiteur qui s’y rend aujourd’hui marche donc dans les ruelles d’un village du XIIIe siècle évacué il y a plus de soixante ans, sur un sol dont la science continue de cartographier les mouvements.

Questions frequentes

Pourquoi Craco a-t-il été évacué en 1963 ?

Un glissement de terrain majeur, aggravé par des fuites de nouvelles canalisations d’eau sur un sol argileux instable, a forcé l’évacuation d’environ 1 800 habitants vers la vallée voisine.

Où ont été relogés les habitants de Craco ?

Dans une nouvelle localité créée pour l’occasion, Craco Peschiera, installée dans la vallée en contrebas du village historique.

Peut-on visiter Craco aujourd'hui ?

Oui, mais uniquement en visite guidée payante (11 à 13 €), avec casque fourni, et l’accès au site ne se fait qu’en véhicule privé.

Craco est-il classé au patrimoine mondial de l'UNESCO ?

Non. Le village a rejoint en 2010 la watch list du World Monuments Fund, une liste distincte signalant les sites menacés.

Sources

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