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A retenir : Inaugurée en 1966 par Charles de Gaulle, l’usine marémotrice de la Rance produit toujours 240 MW grâce à 24 turbines bulbes, soit environ 500 GWh par an et 17 % de l’énergie consommée en Bretagne, selon EDF.
Entre Saint-Malo et Dinard, sur la Côte d’Émeraude, un barrage de 750 mètres barre l’estuaire de la Rance. On y accède par la route qui relie les deux villes, en longeant une écluse où passent chaque année 22 000 bateaux. Rien, de l’extérieur, ne distingue vraiment cet ouvrage d’un pont routier un peu large. Et pourtant, sous la chaussée, 24 turbines tournent au rythme des marées depuis 1966.
Ce 18 octobre 2026, l’usine marémotrice de la Rance franchit le cap des soixante années de fonctionnement ininterrompu. Elle fut la première usine marémotrice industrielle au monde, un pari technique lancé dans la France des années 1960 et resté, pendant quarante-cinq ans, sans équivalent sur la planète. Elle a depuis perdu son record, mais pas son activité : ses 240 MW installés continuent d’alimenter la Bretagne, marée après marée.
Sommaire
Un chantier lancé sous De Gaulle
Les travaux débutent en 1961. Cinq ans plus tard, le 26 novembre 1966, Charles de Gaulle inaugure officiellement l’usine. Le chantier a coûté 620 millions de francs de l’époque — un montant qui donne la mesure de l’ambition du projet, à une période où l’énergie marémotrice ne relève encore d’aucune réalisation industrielle ailleurs dans le monde.
La Rance devient alors un cas d’école : exploiter le marnage, c’est-à-dire la différence de hauteur entre marée haute et marée basse, pour produire de l’électricité à grande échelle. Aucun autre site industriel n’avait tenté l’exercice avant elle.
Vingt-quatre turbines qui ne s'arrêtent jamais
Le cœur du système, ce sont 24 turbines bulbes réversibles de type Kaplan, capables de fonctionner dans les deux sens du courant, au flux comme au reflux. Ensemble, elles totalisent une puissance installée de 240 MW.
Chaque année, l’usine produit environ 500 GWh, soit l’équivalent de la consommation de 225 000 habitants. Selon EDF, cette production couvre 17 % de l’énergie consommée en Bretagne — une région qui, historiquement, importe une large part de son électricité. Le détail a son importance : il ne s’agit pas d’un symbole isolé, mais d’une contribution mesurable au réseau régional, renouvelée à chaque cycle de marée depuis six décennies.
Quarante-cinq ans au sommet, puis un successeur coréen
Pendant quarante-cinq ans, la Rance reste la plus grande usine marémotrice du monde. Elle ne perd ce statut qu’en 2011, détrônée par la centrale sud-coréenne de Sihwa, qui affiche une puissance légèrement supérieure de 254 MW.
La bascule mérite d’être resituée : l’usine bretonne n’a pas été remplacée, elle a simplement été dépassée en taille par un ouvrage plus récent, construit près d’un demi-siècle plus tard. Elle continue, pour sa part, de tourner avec sa configuration d’origine.
Une écluse très fréquentée, une soixantaine de salariés
Le barrage n’est pas qu’un outil de production électrique : il sert aussi de passage. Son écluse, longue de 65 mètres et large de 13, permet chaque année le transit de 22 000 bateaux entre la Manche et le bassin de la Rance.
Autour de l’usine, environ 60 salariés sont basés sur la Côte d’Émeraude pour assurer son exploitation — un effectif stable, à l’image de l’infrastructure elle-même, qui n’a jamais nécessité de reconstruction majeure depuis sa mise en service.
Ce qu'on peut voir aujourd'hui
Depuis la mise en place du plan Vigipirate, l’usine elle-même ne se visite plus : l’accès à la salle des machines et aux installations techniques est fermé au public pour des raisons de sécurité.
Reste l’Espace EDF Odyssélec, ouvert toute l’année, avec un accès libre et gratuit. Ses 300 m² d’exposition offrent une vue sur la salle des machines et permettent de comprendre le fonctionnement du site sans y pénétrer. Les abords du barrage, eux, restent accessibles : on peut toujours marcher le long de l’écluse, regarder passer les bateaux et observer, de l’extérieur, l’ouvrage qui a ouvert la voie à l’énergie marémotrice industrielle.
Questions frequentes
L'usine marémotrice de la Rance se visite-t-elle encore ?
Non, pas directement : depuis le plan Vigipirate, seule l’Espace EDF Odyssélec et les abords du barrage sont accessibles au public, gratuitement et toute l’année.
Pourquoi l'usine de la Rance n'est-elle plus la plus grande du monde ?
Elle a détenu ce record pendant 45 ans avant d’être dépassée en 2011 par la centrale sud-coréenne de Sihwa, légèrement plus puissante (254 MW contre 240 MW).
Combien de personnes travaillent sur le site ?
Environ 60 salariés, basés sur la Côte d’Émeraude, assurent l’exploitation de l’usine.
Sources
- EDF – Usine marémotrice de la Rance (2025)
- Wikipedia EN – Rance Tidal Power Station (2021)
- Structurae – Usine marémotrice de la Rance (2021)
- Ille-et-Vilaine Tourisme – Espace EDF Odyssélec (2026)
- Agendaou – Espace EDF Odyssélec

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