Le blog des voyageurs par les voyageurs

Millau 2004 : un pylône de 343 m au-dessus du Tarn

Temps de lecture estimé : 4 minute(s)

A retenir : En décembre 2004, le viaduc de Millau franchit la vallée du Tarn avec un pylône de 343 mètres, le plus haut du monde pour un pont routier. Conçu par Michel Virlogeux et dessiné par Norman Foster, l’ouvrage reste en service, accessible aux automobilistes moyennant un péage.

Le 14 décembre 2004, à 270 mètres au-dessus du lit du Tarn, Jacques Chirac dévoile une plaque commémorative sur la pile P2 du viaduc de Millau. Deux jours plus tard, le 16 décembre à 9h, les premières voitures empruntent l’ouvrage. Entre les deux dates, un basculement : la vallée encaissée de l’Aveyron, qui obligeait jusque-là à descendre puis remonter par des routes sinueuses, se trouve enjambée d’un seul geste par un tablier de 2 460 mètres.

Ce geste porte un chiffre qui a fait le tour du monde de l’ingénierie : 343 mètres, la hauteur du pylône de la pile P2, plus haut pylône jamais construit pour un pont routier. Selon les sources, cet ouvrage dépasserait la tour Eiffel de 20 à 23 mètres environ. Vingt ans après l’inauguration, le viaduc continue de porter la circulation entre le nord et le sud du pays, au-dessus d’une vallée que plus personne ne traverse au fond.

Des piles plus hautes que tout ce qui existait

Le viaduc repose sur des piles dont deux battent tous les records au moment de leur construction : P2 culmine à 245 mètres, P3 à 221 mètres, les plus hautes piles de pont jamais érigées. C’est au sommet de P2 que s’élève le pylône de 343 mètres, un mât d’acier qui semble prolonger la pile jusque dans le ciel plutôt que simplement la coiffer. Le tablier, lui, se tient à 270 mètres au-dessus du Tarn — une hauteur suffisante pour que la vallée, vue depuis la route, disparaisse presque sous l’ouvrage.

Découvrez :  Nuit à l'hôtel : faites le choix d'un établissement avec spa

Une inauguration en altitude

La cérémonie du 14 décembre 2004 ne se déroule pas au sol mais à 270 mètres au-dessus de la vallée, sur la pile P2 elle-même, où une plaque commémorative est dévoilée en présence de Jacques Chirac. Deux jours plus tard, le 16 décembre à 9h précises, le viaduc s’ouvre à la circulation. Entre la pose de la première pierre et cette ouverture, trois années se sont écoulées : le chantier a démarré le 16 octobre 2001.

Virlogeux et Foster, deux signatures pour un seul ouvrage

Le viaduc doit sa silhouette à la rencontre de deux disciplines. L’ingénieur français Michel Virlogeux en a conçu la structure ; l’architecte britannique Norman Foster en a dessiné les lignes. La réalisation revient au groupe Eiffage, dans le cadre d’une concession de 78 ans. Le coût total de l’opération s’élève à environ 394 millions d’euros, pour un chantier qui n’a duré que trois ans — une rapidité remarquée pour un ouvrage de cette ampleur, saluée en 2006 par l’Outstanding Structure Award de l’International Association for Bridge and Structural Engineering.

Vingt ans de passages, et un péage qui a doublé

Dix ans après l’inauguration, plus de 40 millions de passages avaient déjà été enregistrés sur le viaduc. Ce trafic n’est pas gratuit : en 2026, un véhicule léger (classe 1) paie 11,30 € hors saison estivale et 13,80 € entre le 15 juin et le 15 septembre. À l’ouverture en 2004, la traversée coûtait moins de cinq euros hors saison — les tarifs ont donc plus que doublé en deux décennies, à mesure que l’ouvrage s’imposait comme passage incontournable de la vallée.

Découvrez :  Chéri fais tes valises : un site magique pour vos voyages

Ce qu'on peut voir aujourd'hui

Le viaduc reste un ouvrage routier : en usage normal, il est interdit aux piétons, et l’expérience se vit depuis l’habitacle d’une voiture ou depuis les points de vue de la vallée du Tarn, en Aveyron. Il existe toutefois des précédents : le tablier a été exceptionnellement ouvert aux marcheurs à quatre reprises, en 2004, 2007, 2012 et 2014. En dehors de ces occasions, c’est en franchissant le péage, comme n’importe quel automobiliste, que l’on mesure depuis la route les 343 mètres du pylône de P2 se détachant au-dessus du Tarn.

Questions frequentes

Pourquoi le viaduc de Millau est-il considéré comme le pont routier le plus haut du monde ?

Parce que le pylône de sa pile P2 culmine à 343 mètres au-dessus du sol, une hauteur inégalée pour un pylône de pont routier.

Qui a conçu le viaduc de Millau ?

L’ingénieur français Michel Virlogeux a conçu la structure, et l’architecte britannique Norman Foster en a dessiné les formes ; la construction a été menée par Eiffage.

Peut-on marcher sur le viaduc de Millau ?

Non, il est interdit aux piétons en usage normal. Il a toutefois été ouvert exceptionnellement aux marcheurs en 2004, 2007, 2012 et 2014.

Combien coûte la traversée du viaduc en 2026 ?

Pour une voiture (classe 1), le péage est de 11,30 € hors saison estivale et de 13,80 € du 15 juin au 15 septembre.

Sources

Notez-moi !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut