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Cherbourg, 10 avril 1912 : la dernière escale du Titanic

Temps de lecture estimé : 3 minute(s)

A retenir : Le 10 avril 1912, trop grand pour accoster, le Titanic mouille en rade de Cherbourg et embarque, via les navettes Nomadic et Traffic, jusqu’à 281 passagers, dont Astor et Molly Brown, avant de repartir vers Queenstown puis le naufrage.

Cherbourg se trouve dans la Manche, en Normandie, à l’extrémité du Cotentin. On y accède aujourd’hui par la route depuis Caen ou Rennes, ou par train depuis Paris-Saint-Lazare, la même gare d’où partaient, un siècle plus tôt, les trains spéciaux à destination des paquebots transatlantiques. Le 10 avril 1912, c’est par cette ville que passe, pour quelques heures seulement, le paquebot le plus commenté de son époque.

Le Titanic a appareillé de Southampton à 12h15 ce jour-là. Il atteint la rade de Cherbourg en fin d’après-midi, vers 18h15 ou 18h35 selon les sources consultées. Le navire est trop imposant pour accoster directement au port : il jette l’ancre dans la grande rade artificielle, alors la plus vaste du monde. Ce détail technique, presque anodin, va organiser toute la soirée.

Une rade pour seul port d'escale continentale

Cherbourg est la seule escale européenne du Titanic sur le continent, après Southampton. Avant d’embarquer qui que ce soit, le paquebot débarque d’abord 24 passagers britanniques — 15 voyageurs de première classe et 9 de seconde — venus terminer leur traversée jusqu’ici. Puis commence l’opération inverse, bien plus massive : entre 274 et 281 passagers, selon les décomptes, s’apprêtent à monter à bord pour la traversée de l’Atlantique.

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Le port de Cherbourg n’est pas un port mineur en 1912 : il comptabilise 527 escales de paquebots sur l’année entière. Mais ce soir-là, l’attention se concentre sur un seul navire, ancré au large, inaccessible aux quais.

Deux navires-navettes, trois classes

Faute de quai assez profond, deux transbordeurs font la navette entre la gare maritime et le paquebot. Le Nomadic achemine les passagers de première et de seconde classes, soit environ 148 à 151 personnes en première et 28 à 30 en seconde selon les sources. Le Traffic, lui, se charge de la troisième classe — entre 102 et 103 passagers — ainsi que des bagages et du courrier.

Cette répartition par navire reproduit, dès l’embarquement, la hiérarchie sociale qui structurera tout le voyage et, quelques jours plus tard, le naufrage lui-même.

Des trains spéciaux depuis Paris-Saint-Lazare

Les passagers de seconde et troisième classes montés à Cherbourg n’arrivent pas sur place par hasard : ils ont été acheminés depuis Paris-Saint-Lazare par deux trains spéciaux, affrétés le matin même du 10 avril. Ils transitent ensuite par la gare maritime de la ville, un bâtiment en bois construit en 1905, déjà jugé inadapté au trafic croissant des transatlantiques à cette époque.

Des noms promis au naufrage

Parmi les passagers qui montent à bord ce soir-là figurent John Jacob Astor IV, l’un des hommes les plus fortunés du pays, l’industriel Benjamin Guggenheim, Margaret « Molly » Brown et la chanteuse Dorothy Gibson. Aucun d’eux ne sait encore ce que ce voyage va signifier.

Cap sur Queenstown, puis le naufrage

Le Titanic reprend la mer à 20h10, en direction de Queenstown, en Irlande, dernière escale avant la traversée de l’Atlantique. Cinq jours plus tard, le 15 avril à 2h20, il coule au large de Terre-Neuve. L’escale de Cherbourg restera la dernière image européenne du paquebot avant le naufrage.

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Ce qu'on peut voir aujourd'hui

La gare maritime en bois de 1905 n’existe plus sous cette forme, mais Cherbourg a fait de cet épisode un morceau de son identité touristique. La Cité de la Mer propose une exposition permanente intitulée « Titanic, retour à Cherbourg », qui occupe plus de 2500 m². Le tarif adulte démarre à 21€, celui pour les enfants à 15€, et l’entrée est gratuite pour les moins de 5 ans.

  • Exposition permanente « Titanic, retour à Cherbourg » à la Cité de la Mer
  • Plus de 2500 m² consacrés à l’épisode
  • Tarifs : à partir de 21€ adulte, 15€ enfant, gratuit sous 5 ans

Questions frequentes

Pourquoi le Titanic n'a-t-il pas accosté directement à Cherbourg ?

Le paquebot était trop grand pour les quais du port ; il a donc jeté l’ancre dans la grande rade artificielle, alors la plus vaste du monde, et des navettes ont assuré la liaison.

Combien de passagers ont embarqué à Cherbourg ?

Entre 274 et 281 selon les sources, répartis entre les navettes Nomadic (1re et 2e classes) et Traffic (3e classe, bagages et courrier).

Que reste-t-il de cet épisode à visiter aujourd'hui ?

L’exposition permanente « Titanic, retour à Cherbourg » à la Cité de la Mer, sur plus de 2500 m², accessible à partir de 21€ pour un adulte.

Sources

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