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Fréjus, 2 décembre 1959 : le barrage de Malpasset cède en 21 minutes

Temps de lecture estimé : 4 minute(s)

A retenir : Le 2 décembre 1959 vers 21h11, le barrage voûte de Malpasset, près de Fréjus dans le Var, cède lors de son tout premier remplissage. Une lame de 50 millions de mètres cubes d’eau submerge la ville en 21 minutes : 423 morts, 7 000 sinistrés.

Le 2 décembre 1959, un peu avant 21h15, la vallée du Reyran, en amont de Fréjus, dans le Var, bascule en quelques minutes dans le chaos. Le barrage voûte de Malpasset, haut de 60 mètres, vient de céder vers 21h11. Une lame de 50 millions de mètres cubes d’eau s’engouffre dans la vallée, dévastant tout sur son passage avant d’atteindre la ville 21 minutes plus tard.

La catastrophe survient alors que l’ouvrage n’a que cinq ans, achevé peu de temps auparavant, et qu’il traverse son tout premier remplissage — une phase que les ingénieurs savent critique dans la vie d’un barrage. Ce qui se joue cette nuit-là à Fréjus reste l’une des pires catastrophes civiles françaises du XXe siècle, avec un bilan et des suites judiciaires qui s’étireront sur plus d’une décennie.

Une nuit de décembre, 21 minutes pour submerger une ville

Le barrage de Malpasset barrait le Reyran, un petit cours d’eau au nord de Fréjus. Sa rupture, ce soir de décembre 1959, libère instantanément une masse d’eau considérable : 50 millions de mètres cubes se déversent dans la vallée en aval. Le temps que la vague atteigne les premiers quartiers de la ville, il ne s’écoule que 21 minutes depuis la rupture. Une durée si courte qu’elle ne laisse quasiment aucune marge pour réagir ou évacuer.

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L’ouvrage venait tout juste d’entrer en service, cinq ans après la fin de sa construction, et subissait son premier remplissage complet — un moment que les spécialistes considèrent comme l’un des plus sensibles de l’existence d’un barrage, celui où les contraintes réelles s’exercent pour la première fois sur la structure et son terrain d’assise.

Le bilan d'une catastrophe civile

Le passage de la lame d’eau et de boue fait 423 victimes et laisse 7 000 personnes sinistrées. Dans la ville et ses abords, 155 immeubles et maisons sont totalement détruits, tandis que 800 autres bâtiments sont endommagés à des degrés divers.

Au-delà du bâti, ce sont les terres agricoles qui paient un lourd tribut : 3 200 hectares de terres cultivées sont touchés par la crue, dont 700 hectares entièrement décapés par la force de l’eau. Le paysage de la vallée du Reyran en garde encore aujourd’hui les traces.

Une faille géologique inconnue des constructeurs

Dans les mois qui suivent, les enquêteurs cherchent à comprendre pourquoi un barrage voûte en béton, conçu selon les normes de l’époque, a pu céder aussi brutalement. Les pistes du séisme et des explosifs utilisés sur le chantier autoroutier voisin sont examinées, puis écartées par les enquêtes.

La cause retenue est plus discrète et plus difficile à anticiper à l’époque : des sous-pressions liées à une faille géologique inconnue au moment de la construction, combinées à un phénomène rhéologique alors mal identifié par la profession. Il faudra plus de six ans d’enquêtes et de procédures pour que la justice tranche définitivement. Jusqu’au Conseil d’État, dans un arrêt rendu le 22 octobre 1971, les jugements successifs innocentent les constructeurs : aucune faute ne peut leur être imputée.

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Se souvenir et visiter le site aujourd'hui

Chaque année, la Ville de Fréjus organise une cérémonie de commémoration, d’abord au monument dit « Le Gisant », puis au cimetière Saint-Étienne, pour honorer la mémoire des 423 victimes.

Les vestiges du barrage, toujours en place dans la vallée du Reyran, attirent environ un millier de visiteurs chaque année. Le site a fait l’objet de travaux de sécurisation en octobre 2022, permettant de continuer à s’y rendre pour mesurer, face aux blocs de béton éventrés, l’ampleur de ce qui s’est joué en une vingtaine de minutes, un soir de décembre 1959.

Questions frequentes

Quand le barrage de Malpasset a-t-il cédé ?

Le 2 décembre 1959 vers 21h11, cinq ans après la fin de sa construction, lors de son tout premier remplissage.

Combien de victimes a fait la catastrophe ?

423 morts et 7 000 sinistrés, avec 155 bâtiments totalement détruits et 800 autres endommagés.

Quelle a été la cause de la rupture ?

Des sous-pressions liées à une faille géologique inconnue lors de la construction, associées à un phénomène rhéologique méconnu ; séisme et explosifs ont été écartés par les enquêtes.

Peut-on visiter le site aujourd'hui ?

Oui, les vestiges du barrage, dans la vallée du Reyran près de Fréjus, sont sécurisés depuis des travaux menés en octobre 2022 et accueillent environ un millier de visiteurs par an.

Sources

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