Deuxième partie de notre voyage en Islande 2/2

Il y a quelques jours, nous vous proposions la première partie de notre voyage en Islande (voir Une semaine de roadtrip en Islande – première étape). Ce roadtrip ayant été tellement prenant et riche en découvertes, nous avons donc fait le choix de partitionner ce récit en deux épisodes.

Aujourd’hui, nous vous proposons donc la suite de nos aventures dans cette merveilleuse île qu’est l’Islande. A la fois si forte par la violence des éléments qui peuvent se déchaîner, elle apparaît également si fragile.

En seulement 4 jours, nous avons déjà pu nous imprégner de la richesse de cette île. Le soleil n’était pas forcément de la partie pour ces premiers jours. Mais dans cette deuxième partie, et pour notre plus grand plaisir, l’Islande se découvre sous un aspect plus ensoleillé.

Quelques rappels sur notre voyage en Islande

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, faisons un bref rappel.

Nous sommes au mois de mai, et nous avons décidé de faire le tour de l’Islande. Mais pour ce roadtrip, nous n’avons que 8 jours, ce qui complique notre voyage, nous obligeant à faire quelques concessions. L’île est tellement riche qu’il faudrait bien plus de temps pour en profiter pleinement.

Mais qu’à cela ne tienne, l’Islande nous offre déjà beaucoup de choses. Et ce sera un prétexte pour revenir 🙂

Pour rappel, nous sommes partis de Reykjavik, il y a 5 jours et avons déjà parcouru la moitie sud de l’île :

voyage en islande - trajet roadtrip

Après avoir parcouru un peu plus de 1000 kilomètres (déjà), nous allons désormais nous concentrer sur la partie nord. Et la Nature islandaise nous réserve encore de belles surprises

Mais trêve de bavardages et continuons notre périple.

Jour 5 : de Seyðisfjörður à Húsavík

Seyðisfjörður

Nous sommes arrivés à Seyðisfjörður à 22h. Le temps de récupérer notre chambre, de poser nos affaires et de se préparer un maigre festin, il était trop tard pour visiter cette ville, blottie au fond du fjord.

En sortant de notre guest house, la vue est juste sublime… Un ponton, avec la cabine d’un vieux bateau, posée, une grue de levage. Le point de vue est juste exceptionnel. Rien de tel pour savourer son café du matin :

Après ce petit moment de détente, nous commençons notre exploration de la ville.

Seyðisfjörður fait parti de nos villes coup de cœur. L’atmosphère y est douce, avec ce bras de mer qui s’est faufilé à travers les montagnes :

C’est également le lieu d’arrivée du ferry, en provenance d’Hirtshals au Danemark. La traversée dure plus de deux jours et n’a lieu qu’une fois par semaine, le mercredi étant le jour de départ depuis Seyðisfjörður.

De ce fait, on trouve quelques activités portuaires, mais rien qui ne vienne défigurer le paysage. Mais tout le charme vient de ces maisons colorées, comme sorties d’un livre pour enfants, sublimées par les rayons matinaux du soleil :

Se promener dans les quelques ruelles est véritablement plaisant. Cette atmosphère bohème d’artistes et de pêcheurs est reposante. Vous pourrez même croiser un phoque, se faisant « bronzer » sur son rocher.

En terme de services, Seyðisfjörður dispose du strict minimum, avec une épicerie, un restaurant et une station-service. Mais qu’à cela tienne, ce village est véritablement envoûtant.

Mais d’autres surprises nous attendent aujourd’hui et il faut donc reprendre la voiture. Etant donné que Seyðisfjörður est blottie au fond de son fjord, il faut reprendre la même route que la veille, jusqu’à Egilsstaðir. Mais avant de rejoindre cette ville, la route 93 nous offre un joli point de vue :

Gufufoss

Encore une cascade nous direz-vous ? C’est vrai mais rares sont les cascades qui nous offrent un tel point de vue… Si elle n’est la plus majestueuse, elle dégage malgré tout une impression de sérénité et de calme. Et puis comme très peu de touristes passent par cette route, l’impression qui s’en dégage est encore plus forte :

Mais surtout, c’est lorsque l’on se retrouve en haut de cette cascade que la vue révèle toute sa majesté. Vous avez alors un magnifique panorama sur le fjord abritant Seyðisfjörður. Avec le soleil qui nous accompagne, la vision s’en trouve sublimée :

Une sculpture est présente sur place, mais difficile de dire ce qu’elle représente exactement :

On repart, remonte le col pour ensuite redescendre via quelques lacets, vers Egilsstaðir. Mais avant de rejoindre cette ville, on fait un petit stop pour admirer le paysage. La vue sur le lac Lagarfljót et ses montagnes environnantes est magnifique. C’est l’occasion pour un motard norvégien de faire une révision de sa machine :

A Egilsstaðir, nous retrouvons la route 1. Les paysages défilent, toujours aussi majestueux.

Direction Húsavík !

A l’intersection de la route 1 et de la 907, en haut d’un col, un petit parking nous invite à la pause. La fonte de la neige a créé un petit lac aux couleurs magnifiques :

C’est aussi ça la magie de l’Islande. La Nature créé des paysages fabuleux au hasard des saisons, nous surprenant encore et toujours.

Mais parfois, c’est l’Homme qui nous surprend, comme ici cette chaise, avec le Hofsjökull en toile de fond :

Dans cette partie de l’île, les paysages sont différents et apparaissent plus arides. C’est l’occasion de nous arrêter pour notre pique-nique du midi.

A une vingtaine de kilomètres de Dettifoss, un parking sur le côté nous permet de faire une pause. Il nous offre une très belle vue dégagée et une petite sculpture de pierres est même présente :

Après ce moment de pause pour reprendre quelques forces, nous partons pour Dettifoss.

Dettifoss

Pour accéder à cette nouvelle beauté que nous offre l’Islande, il faut quitter la route 1 et prendre la 862 en direction du Nord, sur une quinzaine de kilomètres. Et là, ce ne sont pas une, mais bien deux chutes d’eau qui s’offrent à nous.

Après avoir garé la voiture, nous empruntons un chemin balisé. Les islandais sont très fiers de leur Nature. De ce fait, vous n’avez pas le droit de vous aventurer en dehors du chemin afin de ne pas perturber le fragile écosystème. Vous avez le choix entre commencer par Selfoss ou Dettifoss.

On ne peut pas dire qu’il y ait un meilleur sens pour commencer. Nous décidons de débuter avec Dettifoss, plus au nord. Après seulement 10 minutes de marche facile, mais encore un peu boueux à cette époque de l’année, nous accédons à cette première chute.

C’est un véritable vacarme qui s’offre à nous. Et pour cause, cette chute d’eau est la plus puissante d’Europe, avec un débit de 200m3/s.

Avec le joli soleil qui nous accompagne, un arc-en-ciel se dessine au-dessus de la chute. De la neige est encore présente, et dessine des formes géométriques, ce qui rend le lieu encore plus magique :

On croirait presque qu’une main humaine est venue décorer les bords de la chute. Mais pourtant, aucune intervention de l’Homme n’y est pour quelque chose.

Pour la petite histoire, Dettifoss est un lieu de tournage pour Hollywood. C’est ici que se déroule la première scène de Prometheus. L’Islande est une terre où les réalisateurs adorent poser leurs caméras. James Bond, Interstellar, Prometheus, Game of Thrones, Lara Croft, … la liste des longs métrages tournés en Islande est longue. Et Dettifoss fait parti de ces lieux.

Selfoss

Nous rebroussons un peu chemin et nous nous dirigeons vers Selfoss, en amont de Dettifoss. Cinq minutes suffisent pour relier la seconde chute d’eau.

Même si la vue est différente, elle est toute aussi impressionnante. On dirait qu’une force surnaturelle a écarté les roches pour laisser filer la rivière qui se jette, tel un mur d’eau.

Les colonnes de basalte renforcent cette impression de surnaturel. Comme si une force avait modelé ce paysage. L’Islande est vraiment étonnante et nous offre des paysages plus beaux les uns que les autres.

Nous revenons à la voiture pour continuer notre périple du jour. Et cette fois, c’est une toute autre vision que nous allons découvrir.

Krafla

Après avoir retrouvé la route 1, une dizaine de kilomètres plus loin, nous bifurquons à nouveau à droite. Direction Krafla. Une odeur d’œufs pourris commence à envahir l’habitacle. Quelques fumées se dessinent et nous tombons nez à nez, avec une centrale géothermique. Tout s’explique…

De nombreuses sources d’eau chaude sont présentes dans la région, laissant dégager cette odeur de soufre. On repassera donc pour le confort de nos narines, mais le spectacle est ailleurs.

Un peu plus loin, nous arrivons sur le site de Krafla. Le cratère Viti est juste devant nous. Même s’il parait raide, la montée se fait très facilement. Cela nous permet d’avoir une magnifique vision de son cratère.

Il y a encore beaucoup de neige, notamment aux alentours. Cela donne une impression étrange, avec la terre qui commence à réapparaître et la végétation qui reprend doucement ses droits. En été, un petit lac se forme au fond du cratère. On évitera tout de même la baignade…

D’ailleurs, la légère odeur qui règne nous rappelle que des sources chaudes sulfureuses sont proches. Et l’on ne peut pas se tromper en voyant la couleur jaunâtre de la roche à certains endroits.

En rebroussant chemin, on peut même découvrir certaines curiosités :

Non, vous ne vous trompez pas. Il s’agit bien d’une douche et d’un lavabo, posés au milieu de rien… Lors de notre voyage en Islande, c’est assurément la scène la plus incongrue que nous ayons rencontré. Et l’eau qui jaillit de cette douche improvisée est particulièrement chaude. Même si aucun panneau n’est présent nous l’interdisant, on évitera tout de même le brin de toilette.

Hverarönd

Après avoir retrouvé la route 1, il vous suffit de bifurquer sur la gauche et de vous garer. Si vous êtes sensibles du nez et des odeurs fortes, abstenez-vous ! Mais un petit effort mérite tout de même le détour.

En effet, c’est ici que l’on trouve une véritable concentration de sources chaudes, de fumerolles, de solfatares et de mares de boue. Le tout dans un vacarme assourdissant :

Les solfatares sont ces dépôts de soufre d’où se dégagent des fumerolles. La pression sortant de ces cavités est importante, ce qui donne l’impression d’être à côté d’une cocotte minute géante :

Les mares de boue ne sont guère plus accueillantes, surtout quand on sait que la température y avoisine les 100°C :

Mais pas d’inquiétude, le chemin est parfaitement balisé. Si vous ne sortez pas des cheminements piétons, vous n’aurez rien à craindre (hormis cette odeur d’œufs pourris…).

Et cette odeur va encore rester présente un moment…

Après avoir franchi le Námaskarð (« col de la mine » en français), nous découvrons la région de Mývatn. Il s’agit d’un des principaux lieux de tournage de Game of Thrones :

L’atmosphère est totalement différente en seulement deux kilomètres (même si l’odeur d’œufs pourris est persistante…). On découvre un grand lac et des plaines verdoyantes au loin.

Mais en descendant la route, un peu de détente nous attend.

Mývatn et ses bains chauds

Pourquoi avoir attendu Mývatn pour tester les bains chauds ? En regardant bien, il existe de nombreuses possibilités, à commencer par Blue Lagoon, au sud de Reykjavik. Malheureusement, ce lieu est devenu trop touristique et très onéreux (compter 50€/personne pour l’entrée simple).

Tout au long de notre trajet, nous aurions pu nous arrêter dans des petites installations, mais le temps nous manquait. Ici, toutes les conditions sont réunies, à seulement 100 mètres de la route 1.

Aux Mývatn Nature Baths (voir leur site), il faut compter un peu moins de 30€/personne pour l’entrée. Ici, peu de touristes, ce sont essentiellement des locaux qui viennent se baigner. De ce fait, aucunement besoin de réserver à l’avance.

En Islande, c’est d’ailleurs une tradition que de venir se baigner après le travail. Si dans certains pays, on va au pub boire un verre avec ses collègues, chez les islandais, on préfère quelques ablutions dans les eaux chaudes.

Plusieurs bassins nous sont offerts avec une température de l’eau avoisinant les 40°C :

D’ailleurs, la couleur de l’eau est assez spécifique. Cela est dû au soufre, présent en quantité dans la région. Et comme cela va de paire, la même odeur d’œufs pourris est bien présente…

A poil !

Mais avant de vous baigner, vous allez faire connaissance avec une autre tradition nordique. En effet, il vous faudra d’abord passer par la douche … en tenue d’Adam et Eve… Eh oui ! En Islande, avant d’entrer dans une piscine, vous devez prendre une douche, entièrement nu(e). C’est d’ailleurs là qu’on reconnait les touristes, qui ne sont majoritairement pas coutumier avec cet usage. Mais ici c’est une question d’hygiène.

Et après cette douche, vous pourrez mettre votre maillot de bain et profiter du pouvoir relaxant de ces eaux chaudes. Pas de craintes quant aux douches, elles ne sont pas mixtes.

Et ce petit « sacrifice » vaut le coup, afin de profiter d’eaux douces et chaudes, avec une belle vue sur la région de Mývatn :

A l’origine, c’est une eau à 100°C qui alimente ces bassins. Mais après plusieurs passages dans des bassins de refroidissement, elle nous est offerte à des températures beaucoup plus acceptables.

Nous sommes restés un peu plus de 2h dans ces bains, avec grand plaisir. A noter que du 15 mai au 30 septembre, les bains sont ouverts jusqu’à minuit.

Attention ! A l’extérieur des bains, vous pourrez voir certains lacs qui apparaissent accueillants. Ils peuvent être acides et des panneaux vous mettent en garde contre ce risque :

Evitez de jouer les aventuriers, cela pourrait vous offrir de mauvaises surprises.

Mais la journée passe vite et il est déjà 19h. Nous reprenons donc la route, direction Húsavík, via la 87. Quelques chevaux islandais rythment le parcours :

Húsavík

Après une heure de route, nous gagnons donc cette petite ville portuaire. L’ambiance y est paisible, et les charmantes maisons en bois viennent renforcer cette première impression. Le temps de poser les bagages à notre guest house et nous commençons notre exploration.

La ville possède un port avec ses bateaux de pêche, mais elle s’est surtout spécialisée dans le whales watching. Comprenez qu’il s’agit ici de compagnies qui vous emmènent au large pour observer les baleines. De nombreuses échoppes vous proposent ce type d’activités. Nous avons préféré un autre lieu pour cette activité. Mais ce sera la surprise du lendemain 😉

L’architecture qui se propose à nous est vraiment agréable à l’œil. Que ce soit l’église, les maisons ou les quelques commerces du port, on retrouve en grande majorité du bois. Associé à des couleurs vives, c’est un véritable charme qui se dégage de cette bourgade :

Il est 22h et le soleil n’est pas encore couché. Au loin, les montagnes de l’autre côté du fjord sont encore enneigés :

Il faut attendre 23h30 pour commencer à voir la pénombre tomber sur Húsavík.

Il est temps de rentrer à notre guest house. Une belle journée nous attend encore, avec une magnifique rencontre…

Jour 6 : de Húsavík à Akureyri

Le soleil est déjà levé depuis plusieurs heures sur Húsavík (vers 4h du matin environ…). Certaines personnes ont fait le choix d’aller observer les baleines depuis ce port. Mais nous avions décidé (depuis nos préparatifs en France) de faire un autre choix : celui d’aller voir les baleines depuis Dalvik, de l’autre côté de la montagne.

Malheureusement, en voulant vérifier l’heure de rendez-vous, nous nous apercevons d’une grosse erreur. En effet, lors de notre réservation, nous avons interverti le jour et le mois. Au lieu de réserver pour le 4 mai (04/05), l’enregistrement a été fait pour le 5 avril (05/04)… Il est trop tôt, impossible de contacter l’agence. Nous leur envoyons tout de même un mail, leur expliquant (en anglais) notre erreur et notre bonne foi.

C’est donc vers 9h que nous partons de cette jolie petite bourgade du nord, non sans avoir une appréhension sur le fait de ne pouvoir respecter notre programme. Accessoirement, nous avions déjà réglé l’excursion. Et à 80€/personne, ça ferait vraiment mal de devoir repayer… Jusqu’à présent les islandais nous ont montré leur gentillesse et leur bon sens. Croisons les doigts…

Nous empruntons la route 85 puis la 845, pour retrouver la route circulaire 1. La raison de ce petit détour est un site, pas forcément très prisé des touristes :

Goðafoss

Il s’agit d’une nouvelle chute, d’une dizaine de mètres de hauteur. On raconte qu’en l’an 1000, Þorgeir Þorkelsson, a largement contribué à faire du christianisme, la religion officielle du pays. De retour de l’Alþing (parlement islandais), il a voulu montrer l’exemple en jetant les figurines des divinités nordiques dans cette chute. C’est ainsi qu’elle prit le nom de Goðafoss, à savoir « la chute des dieux ».

Pour un meilleur point de vue, privilégier le premier parking (en venant de la 845) et ainsi découvrir cette chute :

Encore une fois, un arc-en-ciel (certes plus modeste que la veille) nous accompagne.

C’est également l’occasion de croiser un de ces « super 4×4 » qui permettent d’accéder aux routes intérieures :

Comparé à un véhicule « civilisé », on comprend aisément pourquoi s’aventurer sur ces routes F sans équipement spécifique n’est pas une bonne idée.

Vers Dalvik

Nous continuons notre trajet qui doit nous amener à Dalvik. Mais avant, nous longeons le fjord Eyjafjörður, s’étirant sur 60 kilomètres. La vue qui nous est offerte est sublime. Le beau temps est toujours de la partie et c’est fort agréable que de contempler ces paysages :

Cela nous amène à Akureyri, la principale ville du Nord. Mais nous ne nous y attardons pas, sachant que nous y reviendrons pour dormir.

La route est bonne, longeant toujours le fjord Eyjafjörður, mais cette fois, sur l’autre rive. Un peu plus de 30 minutes plus tard, nous arrivons à Dalvik. Il s’agit d’une paisible petite bourgade, avec son petit port de pêche.

Il faut dire que la ville ne revêt pas forcément un grand intérêt en elle-même. Certes, c’est un petit port agréable à voir, mais dont on fait vite le tour. Cependant, à quai, on peut voir un bateau qui met la puce à l’oreille quant à notre activité à venir.

Observation des baleines

Mais si le programme est évidemment alléchant, il faut encore qu’il se réalise. N’oublions pas que nous avons fait une erreur de date dans notre réservation. Nous n’avons pas encore eu de réponse à notre mail du matin et il est presque midi. Le départ est prévu pour 13h et personne n’est présent à la boutique d’Arctic Sea Tours, notre compagnie.

C’est vers midi que nous voyons alors arriver le groupe du matin, revenir de leur excursion. Nous expliquons notre situation au responsable, qui comprend parfaitement et valide notre présence pour le départ de l’après-midi, sans même nous demander un supplément. Il n’a fait aucun commentaire ou difficulté vis-à-vis de notre maladresse. Je n’ose imaginer s’il avait fallu vivre la même situation en France…

C’est parti !

A 13h, nous embarquons sur Mani, un bateau en bois, parfaitement entretenu. Seulement 15 personnes à bord, ce qui permet de circuler sur le pont, sans encombre.

Nous quittons le port de Dalvik, direction l’entrée du fjord. Pendant le trajet, nous avons un petit récapitulatif des différents espèces de cétacés qui sont susceptibles de croiser notre route.

C’est alors qu’après seulement 15 minutes de trajet, nous entendons l’évent de deux baleines. A une centaine de mètres à la proue du bateau, nous pouvons voir un couple de baleines. 

Le capitaine coupe alors les moteurs pour profiter de ce magnifique spectacle. Tout est grâce, silence et beauté. Il n’y a pas grand chose à dire tant les images qui s’offrent à nous sont juste exceptionnelles.

Les deux rorquals continuent de nager dans le fjord, avant de plonger. C’est le moment le plus impressionnant avec la nageoire caudale en l’air :

Nous cherchons alors le potentiel endroit où ce couple de baleines va ré-apparaitre. Une dizaine de minutes plus tard, c’est à 3 heures (à 90° tribord) qu’elles apparaissent. Le ballet de ces animaux est toujours aussi magique. Avec les montagnes enneigées en arrière-plan, cela sublime encore plus le tableau que nous avons sous les yeux :

Il n’y a pas de mots pour décrire ces moments, juste magiques. D’ailleurs, sur le bateau, tous les yeux sont rivés sur ce spectacle, sans commentaires, si ce n’est des « ohhhh » et des « aaaah ». Il faut le vivre pour comprendre toute la poésie qui se dégage de ces instants.

Pendant près de deux heures, nous assistons à ce spectacle féerique. Et pour ne rien gâcher, le capitaine a toujours su manier son bateau pour ne pas déranger les cétacés, gardant une certaine distance, mais nous permettant de les voir correctement.

Pêche miraculeuse

Mais il est déjà l’heure de rebrousser chemin. Pendant que le couple de baleines s’éloigne vers l’océan, nous retournons vers le port. Cependant, avant de rentrer, l’équipage nous offre un café et quelques biscuits à grignoter. Pendant cette pause, ils nous expliquent que nous allons faire un arrêt un peu plus loin.

Ils nous fournissent à tous, des cannes à pêche avec leurre. A seulement 10 minutes du port, nous nous arrêtons donc, en plein milieu du fjord. Nous commençons alors à pécher.

Et trois minutes plus tard, c’est un premier poisson qui est remonté. Puis deux, trois, quatre… On a l’impression de vivre une véritable pêche miraculeuse. A se demander si des plongeurs ne sont pas présents en-dessous, tant cela semble facile… Pour la petite histoire, nous n’avons remonté aucun poisson…

 

Une dizaine de poissons (cabillauds) plus tard, nous arrêtons notre partie de pêche. Il est désormais l’heure de regagner le port. Pendant le retour, les poissons fraîchement relevés sont alors préparés en filet sous nos yeux.

Nous posons le pied à terre et regagnons la petite échoppe de la compagnie. Pendant que nous reposons nos cirés, l’un des matelots sort le barbecue. Et aussitôt, les filets préparés quelques instants auparavant sont déposés et cuisinés sur la grille :

Ils nous sont ensuite proposés à la dégustation. Quoi de plus meilleur que du poisson fraîchement pêché ?

Après un peu plus de 3 heures d’excursion, nous sommes donc en train de manger du poisson fraîchement pêché par nos soins. Le tout, devant un fjord paisible, avec les montagnes enneigées au fond.

Arctic Sea Tours est la seule compagnie (visiblement) à proposer cette formule. Avec leur accueil, nous ne pouvons que vous recommander chaudement de passer par eux pour observer les baleines (voir Arctic Sea Tours à Dalvik).

Retour à Akureyri

Mais il faut déjà repartir. Après ce magnifique spectacle, nous reprenons donc la voiture, avec un retour sur Akureyri. En chemin, nous arrêtons pour profiter des petites églises typiques, en bois, joliment colorées :

Durant notre voyage en Islande, nous avons pu découvrir deux types d’églises. Celles en bois, d’allure modestes comme celles-ci ou alors celles modernes, comme à Reykjavik, moins typiques. Il n’y a pas vraiment de juste milieu…

Tout cela nous amène gentiment à Akureyri, où nous attend notre guest house. Après avoir pris possession de nos quartiers, discuté avec notre hôte et déposé nos valises, nous décidons donc de partir visiter cette ville.

Encore une fois, la constitution de la ville permet de ne pas trop s’éloigner. Tout est concentré en centre-ville, avec une principale rue commerçante :

Les façades sont colorées, avec quelques commerces et restaurants. En ce début du mois de mai, et malgré le soleil toujours présent, il faut bien avouer que les rues sont moyennement animées. Mais c’est davantage l’été qu’Akureyri se livre, avec de nombreux festivals.

D’ailleurs, la culture des trolls et autres esprits magiques n’est jamais très loin :

Sur le port, on retrouve une sculpture qui n’est pas sans rappeler le Voyageur du soleil à Reykjavik. Et pour cause, c’est Jón Gunnar Árnason qui est à l’origine de ces œuvres. Dénommée Sipling, elle représente un voilier :

Avant de regagner notre guest house, nous décidons de monter jusqu’à l’église. Celle-ci surplombe la ville et domine le fond du fjord :

C’est donc sur cette note finale que nous achevons cette journée, placée sous le signe de la poésie.

Jour 7 : de Akureyri à Blönduós

Nous voici arrivés au septième jour de notre voyage en Islande. Ce pays regorge encore de tellement de trésors… Malheureusement, tous les jours, nous devons faire des concessions, tout en nous régalant de ce que nous voyons.

Sur les conseils de notre hôte Ragnar, nous quittons Akureyri et décidons de gagner Blönduós par la côte. Certes, cela nous oblige à un petit détour, mais la vue est beaucoup plus sympathique. Le même trajet peut se faire depuis la route 1, mais avec beaucoup moins d’intérêt.

De ce fait, nous reprenons la même route que la veille, à savoir en direction de Dalvik. Nous croisons la ville et continuons sur la route 82, afin de gagner la ville de Siglufjörður. Il n’y a qu’une trentaine de kilomètres entre les deux villes, mais il faut compter une bonne demi-heure tout de même.

La particularité de cette route est qu’elle est jalonnée de tunnels. Quatre pour être exact. Et le plus long d’entre eux mesure 7140 mètres. Claustrophobes s’abstenir ! La particularité de ces tunnels est d’être à une seule voie, mais à double sens. Autrement dit, lorsqu’un véhicule arrive en face (vous avez le temps de le voir arriver), vous devez vous ranger sur l’un des nombreux refuges qui se trouvent sur le côté, afin de le laisser passer. Etant donné le trafic limité, cela ne pose pas vraiment de problème.

Siglufjörður

Le dernier tunnel nous permet alors d’accéder à Siglufjörður, petit bourgade de 1200 habitants. Des entrées maritimes sont présentes, mais le soleil n’arrive pas à les percer. De ce fait, c’est une ambiance assez curieuse qui se dégage de ce port :

Et la première impression qui se dégage, c’est une certaine gaieté. Les maisons sont très colorées :

L’hôtel, présent devant le port, donne davantage l’impression que nous sommes dans un parc d’attractions plutôt que dans une véritable ville.

La vue sur le port avec les montagnes enneigées dans la brume est presque irréaliste :

Mais Siglufjörður est une petite ville paisible, sans grande activité, hormis la pêche. Son centre ville n’est constitué de quelques boutiques, ce qui ne devrait pas vous prendre trop de temps. En revanche, y passer une nuit, permet de se ressourcer totalement, loin de toute agitation.

Nous reprenons la route 76. Malheureusement, les entrées maritimes nous empêchent de profiter du paysage côtier que nous traversons. De temps en temps, il est possible de voir le soleil reprendre le dessus. Cela nous offre de jolis paysages, avec la brume entrant dans le fjord, comme ici à Skagafjörður.

Tout cela nous mène gentiment à Blönduós. Pas grand chose à dire sur cette bourgade, où nous prenons le temps de faire notre pause déjeuner. Blönduós est également le lieu de notre guest house et nous avons encore toute l’après-midi devant nous. Sur ce point, nous n’avons pas prévu à l’avance le bon emplacement. Mais qu’à cela ne tienne, l’Islande regorge de trésors.

Vers le Sigríðarstaðavatn

Nous décidons donc de partir pour Hvítserkur. Pour y accéder, il faut prendre la route 1 vers le Sud puis bifurquer sur la 716. Nous enchaînons avec la 717 puis la 711. Il s’agit de gravel roads. Mais qu’est ce qu’une gravel road ?

Si aujourd’hui, la route circulaire 1 est à 99% bitumée, ce n’est pas le cas de toutes les routes. Certaines ressemblent davantage à des pistes de l’outback. Dans ce cas, un panneau vous prévient que vous allez changer de revêtement :

Une centaine de mètres plus loin, vous roulez donc sur du gravier. La vitesse limitée passe alors de 90 à 80 et votre vigilance doit augmenter. Dans le cas de ces pistes, on a une certaine tendance à rouler au milieu, là où c’est le plus tassé. Mais il ne faut pas oublier que des véhicules peuvent surgir en face. Cela est d’autant plus surprenant lorsque vous arrivez en haut d’une butte ou à un virage.

Restez donc toujours prudents sur ces gravel roads. Et surtout, ne jamais donner de coups de freins brusques. Sur le gravier, la tenue de route est beaucoup moins bonne, légèrement glissante, ne tolérant pas les petites erreurs de conduite. Et quelques nids de poules sont également présents.

Et lorsque vous croisez un véhicule, pensez à ralentir. Les projections de cailloux sont fréquentes. Et même si vous avez une assurance graviers, on restera tout de même prudents.

Et il n’est pas rare d’y croiser quelques chevaux islandais :

Hvítserkur

Nous arrivons finalement à Hvítserkur. Il s’agit d’un bloc de basalte d’une quinzaine de mètres de haut. Il s’agit là du travail de l’érosion maritime pendant des centaines d’année.

Mais surtout, ce bloc possède une forme particulière, avec une double arche naturelle. La légende raconte qu’il s’agit d’un troll pétrifié par les rayons du soleil alors qu’il était occupé à lancer des pierres sur le monastère de Þingeyrar. A défaut d’y voir là un troll, on peut imaginer une sorte de dinosaure broutant la plage.

La première vue qu’on possède est celle de la falaise :

Et forcément, on se demande d’où vient ce bloc de basalte. On dirait un caillou déposé sur la plage par un géant.

Il suffit de descendre la falaise via un petit chemin, assez raide. En moins de 5 minutes, vous êtes sur la plage, face à ce colosse de basalte. De nombreux oiseaux ont trouvé refuge sur cette sculpture naturelle :

De nouveau, les montagnes enneigées sur le fond viennent ajouter un peu de magie. Et comme peu de touristes s’aventurent jusque là, on a vraiment l’impression d’être seuls face à la Nature.

Hvammstangi

Après avoir remonté la falaise, nous continuons ensuite la route 711, qui fait le tour de cette petite presqu’île. Cela nous amène jusqu’à la petite localité de Hvammstangi. Sur le chemin, il est possible de voir des phoques.

Malheureusement, le brouillard s’était levé et on ne voyait guère très loin. Pas de phoques pour nous ce jour-là. Juste une purée de pois :

Nous arrivons dans cette petite bourgade où un petit port de pêche est présent. A peine plus de 500 âmes vivent ici. Et cela se ressent forcément sur les « attractions ». On trouve un hôtel, un café et l’Icelandic Seal Center, un musée sur les phoques. Etant arrivés trop tard, nous n’avons pas pu le visiter. Nous avons donc opté pour le café, devant lequel le poisson séché se balançait au gré du vent :

Avant de repartir, nous faisons un tour dans le village. En passant devant les pompiers locaux, on comprend vite que les conditions de déplacement en hiver ne sont pas les mêmes que les nôtres…

Et juste après, nous tombons sur KIDKA Wool Factory Shop. Autrement dit, il s’agit d’une fabrique de laine. Si vous souhaitez acquérir l’un de ces fameux pulls islandais, il s’agit du parfait endroit. Mais ces pulls ne sont pas donnés pour autant et il faudra compter environ 200€ pour s’offrir un de ces pulls. A côté des 300€ dans tout le reste de l’île, c’est presque une affaire ! Mais nous avons trouvé mieux le lendemain…

Mais l’heure tourne, et il faut songer à retourner vers notre guest house…

Kolugljúfur

En retournant vers Blönduós, nous bifurquons sur la route 715 en direction de Kolugljúfur. Il s’agit d’un petit canyon où vivait jadis (selon la légende) un troll femelle :

L’avantage de ce type de lieu, c’est qu’aucun touriste n’est présent et que vous faites corps avec la Nature.

Il ne nous reste plus qu’à gagner notre guest house du jour. Demain, c’est notre dernière journée de visite qui se profile déjà (malheureusement).

Jour 8 : de Blönduós à Kópavogur

Pour ce dernier jour de notre voyage en Islande, nous décidons de visiter la pointe ouest de l’île. Nous partons donc de Blönduós et reprenons la route 1 vers le Sud. Nous bifurquons ensuite sur la 586 avant d’enchaîner avec la 54. Ici, il faut oublier le bitume, ce sont uniquement des gravel roads pour rejoindre cette péninsule.

Il faut attendre le croisement avec la 55 pour retrouver de l’asphalte. Mais cela permet d’avoir une vue à couper le souffle sur cette partie de la côte :

Cela permet d’arriver à Stykkisholmur, juste un peu avant midi.

Stykkisholmur

Cette localité est un petit port situé dans le fjord Breiðafjörður. On y trouve un ferry qui traverse le fjord afin de rejoindre la ville de Brjánslækur via l’île de Flatey. C’est également un autre des lieux de tournage de La vie rêvée de Walter Mitty, laissant imaginer dans le film qu’il s’agit du Groenland.

Là aussi, on y trouve de jolis petits maisons en bois. Et avec le soleil qui brille, l’ambiance est véritablement agréable, donnant envie de flâner au bord de l’eau.

Un immense rocher vient fermer l’entrée du port et permet ainsi de le protéger lors des tempêtes hivernales.

Le port est également l’occasion de découvrir quelques sculptures :

L’ambiance y est très paisible et cette atmosphère portuaire est d’autant plus agréable avec quelques jolis rayons de soleil. Le tout est rythmé par les liaisons du ferry.

Quelques boutiques sont présentes et juste derrière l’église, c’est là que nous avons trouvé les fameux pulls islandais les moins chers de l’île. Nous avons ainsi pu en acquérir un pour la (modique) somme de 160€. Par rapport à ceux avoisinant les 300€ à Reykjavik, ce sont les soldes ! Mais à ce prix-là tout de même, il a intérêt à être chaud !

Après cette superbe affaire (surtout pour Mélanie), nous reprenons la route et continuons l’exploration de la péninsule ouest.

Kirkjufell

En continuant sur la 54, notre petit 4×4 nous conduit jusqu’à la ville de Grundarfjörður. Bien qu’il n’y ait qu’une quarantaine de kilomètres depuis Stykkisholmur, les paysages sont très changeants, entre les champs de lave et les bords de mer :

Grundarfjörður ne revêt pas un grand intérêt en elle-même. Mais c’est à la sortie de la ville qu’il faut véritablement s’intéresser : Kirkjufell.

Il s’agit d’une montagne à la forme un peu particulière. Pour les islandais, il s’agit de la « montagne église », en raison de sa forme en clocher. Mais l’on peut y voir une pyramide ou un chapeau pointu selon l’angle de vue que l’on prend :

Cette forme s’explique par l’abrasion des glaciers durant les différentes périodes glacières. On dirait presque qu’une force surnaturelle est venue déposer cette masse rocheuse au bord de l’eau.

Et juste au pied de cette montagne, de l’autre côté de la route, on trouve Kirkjufellsfoss. Il s’agit donc de la chute de Kirkjufell.

Certes, cette chute est assez modeste en comparaison avec celles que nous avons croisé les jours précédents. Mais elle ne manque pas de charme pour autant :

Et la vue sur Kirkjufell rend la vue encore plus magique :

Alors que de l’autre côté, c’est la baie de Grundarfjörður qui s’offre à nous :

On commence à retrouver davantage de touristes dans cette zone, signe que nous nous rapprochons de Reykjavik. Malheureusement, cela signifie également la fin de notre voyage en Islande…

Même si nous aurions aimé continuer à explorer la péninsule ouest, nous rebroussons chemin pour regagner la capitale, en passant par la 56. Et nous continuons à découvrir de magnifiques paysages :

Vers Reykjavik

Nous arrivons ainsi à Borganes. Aussitôt, on sent qu’on se rapproche de Reykjavik. Ici, ce sont 3500 habitants qui sont présents. Et cela faisait longtemps que nous n’avions pas vu une telle densité de population… C’est un peu la magie de l’Islande et le fait de pouvoir s’échapper de la colonisation humaine. Mais celle-ci nous rattrape et déjà quelques industries refont surface.

Borganes dispose du Settlement Center, un musée qui permet de découvrir l’histoire de l’Islande.

Le temps est magnifique, les rayons du soleil se reflétant sur l’eau :

Et au détour d’une rue, nous découvrons Hildartúnshúsin. Ce site, peu connu, nous montre les maisons typiques, à moitié construite dans le sol. Elles sont pourvues de toits en herbe et se fondent magnifiquement bien dans le paysage :

Mais il est déjà 17h30. Et ce n’est pas le soleil haut dans le ciel qui va nous aider à nous repérer temporellement…

Nous reprenons donc la route 1, direction Reykjavik. L’itinéraire nous fait passer par le tunnel du Hvalfjörður. Il plonge dans le fjord et permet de gagner l’autre rive en seulement 5 minutes. Même si son accès coûte 1000 couronnes (environ 8€), cela permet d’éviter un détour d’une quarantaine de kilomètres.

Ce tunnel plonge à 165 mètres au-dessous du niveau de la mer, pour une longueur de 5770 mètres. Au fur et à mesure de la descente, on a l’impression de se lancer dans un voyage au centre de la Terre et se prendre pour le professeur Lidenbrock. Le roman de Jules Verne se passe d’ailleurs en Islande…

Retour à Reykjavik

Nous continuons à longer les côtes et Reykjavik commence à se dessiner au loin :

Moins d’une heure plus tard, nous arrivons dans la capitale. La première impression que nous avons est celle d’un léger étouffement, avec un grand nombre de voitures et d’habitations. Et pourtant, une semaine plus tôt, Reykjavik nous apparaissait comme une ville aérée, sans grande agitation.

En une semaine, les paysages d’Islande nous ont changé et les grands espaces naturels nous ont fait oublié l’agitation de la ville. Le retour à la réalité va être dure…

Nous profitons donc de ces dernières heures de notre voyage en Islande pour flâner sur le port de Reykjavik :

Pour nous accompagner dans cette visite, le soleil nous caresse de ces rayons, nous invitant à se promener en centre ville :

Avant de rejoindre notre guest house, nous faisons le plein de notre 4×4. C’est également l’occasion de lui faire une beauté. Toutes les stations-service offrent un service de lavage gratuit. Un (long) coup de pistolet plus tard, notre véhicule retrouve enfin sa couleur originelle, le faisant passer du brun clair au bleu ciel.

Nous quittons Reykjavik pour rejoindre Kópavogur, notre lieu de villégiature pour la nuit. En banlieue de la capitale, cette ville est uniquement résidentielle. Mais elle offre l’avantage d’être située à moins d’une demi-heure de l’aéroport. Etant donné que notre avion est à 10h30 le lendemain, c’est un certain avantage.

Jour 9 : retour à la maison…

Nous y voilà… Nous partons de Kópavogur vers 8h30. Une vingtaine de minutes plus tard, nous arrivons à l’agence de location, afin de nous séparer de notre véhicule. Ce petit Suzuki Jimny aura été véritablement très pratique pour notre voyage en Islande et un partenaire inconditionnel de notre roadtrip.

L’agence n’est qu’à quelques centaines de mètres de l’aéroport. On nous y dépose en Hummer H2. Il y a pire comme « taxi » 🙂

Nous foulons une dernière fois les terres islandaises. Mais déjà nous embarquons dans notre avion, avec des étoiles plein les yeux. Mais serait-ce là qu’un simple au revoir ?….

Où dormir ?

On ne va pas vous le cacher, un voyage en Islande est globalement cher. C’est surtout la vie sur place qui est onéreuse. Et l’hébergement occupe une part non négligeable du budget vacances. Il ne faut donc pas l’oublier lorsque l’on veut s’aventurer sur l’île.

De plus, et même s’il existe de nombreuses guest houses (chambre/logement chez l’habitant), il n’est pas toujours aisé de trouver un logement. Dans les grandes villes, vous n’aurez globalement aucune difficulté pour vous loger, c’est davantage en dehors. Et comme l’Islande ne comporte pas énormément de grandes villes, cela peut devenir assez vite périlleux.

C’est pour cette raison que nous avons booké tous nos logements depuis la France. Cela nous a permis de rythmer notre voyage en fonction des points d’intérêts et des logements que nous trouvions.

Voici la liste des logements que nous avons réservé et que nous vous conseillons :

Reykjavik

L’hébergement dans la capitale est relativement cher. N’évoquons même pas la case hôtel… Aussi, nous nous sommes rabattus sur une auberge de jeunesse. Et visiblement, nous n’étions pas les seuls, puisque des familles étaient présentes également.

Nous avons ainsi choisi le Ice Hotel

Aucune crainte pour les frileux, il ne s’agit pas d’un hôtel de glace ! Les chambres sont sommaires mais correctes et propres. Un parking gratuit permet de laisser la voiture, bien qu’il n’y ait aucune difficulté pour se garer dans Reykjavik.

Compter environ 90€ la nuit pour 2 personnes, sans le petit déjeuner. Mais vous aurez l’occasion d’avoir une chambre à la façade personnalisée :

Et surtout, l’hôtel se trouve à 3 minutes à pied de l’église Hallgrímskirkja et donc du centre ville.

Petite anecdote. Lors de notre arrivée, nous avions un numéro de chambre et le code pour y accéder. Mais quelle ne fût pas notre surprise en voyant qu’elle était déjà occupée… Visiblement, il y a eu un malentendu entre Booking et l’hôtel. Mais quelques excuses plus tard, tout était rentré dans l’ordre et nous avions une nouvelle chambre (vide cette fois).

Hella

Nous voulions un logement à proximité du Cercle d’Or, et nous avançant en direction de Vik. Dans cette optique, nous avons trouvé une chambre chez Elin, juste un peu avant l’entrée d’Hella, sur la 271.

Voir le logement d’Elin

Il s’agit d’un logement comprenant 3 chambres, avec salle de bains et cuisine communes. Comme nous étions seuls, cela ne posait aucun problème dans la gestion de l’espace.

Le logement est isolé, ce qui permet un ressourcement total. Et le spa (en libre accès) chauffé par géothermie, permet de se détendre complètement, face au volcan Hekla au loin :

Pour ne rien gâcher, notre hôte est très sympathique (comme tous les Islandais en général).

Compter 79€ la nuit sans petit déjeuner.

Vík í Mýrdal

C’est assurément le logement le plus cher de notre voyage en Islande. Mais dans cette partie de l’île, il faut bien reconnaître qu’il est assez compliqué de trouver des logements.

Nous avons jeté notre dévolu sur le Puffin Hotel.

En anglais, « puffin » signifie macareux (« lundi » en islandais). Et pour cause, les colonies de macareux sont à quelques centaines de mètres de l’hôtel, en se dirigeant vers Reynisfjara.

L’hôtel est tout à fait correct, au confort minimum, avec salle de bains et WC personnels. A noter que dans le couloir, vous avez à disposition du café, du thé, du chocolat chaud et de l’eau chaude, gratuitement.

Compter 143€ la nuit, avec petit-déjeuner plutôt bien garni.

Seyðisfjörður

Là encore, il s’agit d’une partie de l’île où les logements libres (et accessibles financièrement) sont assez rares. Dans cette quête, le choix s’en trouve simplifié, étant donné le peu de solutions envisageables.

Nous avons trouvé à la sortie de Seyðisfjörður, le Nord Marina Guesthouse.

Il s’agit de chambres privatives, avec salle de bains et toilettes. Une salle commune permet de se faire la cuisine et d’y prendre le petit déjeuner. Notre lit n’ayant pas été fait lors de notre arrivée, nous avons immédiatement reçu une autre chambre et pour s’excuser, l’hôtel a tenu à nous offrir le petit déjeuner le lendemain (à 10€/personne).

Si l’hôtel est somme toute commun, les chambres sont agréables. Un ponton devant l’établissement permet de savourer son café le matin, avec une vue imprenable sur le fjord. Incomparable !

Compter 89€ la nuit, sans petit-déjeuner (+10€/personne)

Húsavík

Que diriez-vous que dormir dans une ancienne usine de poissons ? C’est l’expérience que nous avons vécu à Húsavík.

Bienvenue au Port Guesthouse

L’hôtel est donc une ancienne usine de poissons qui a été totalement restaurée. Pas d’inquiétude donc quant aux possibles odeurs de cabillauds. La décoration est évidemment portée sur la mer, avec bon nombre de matériaux de récupération. L’ensemble est homogène et donne une bonne impression de confort.

Les parties communes sont propres et une petite cuisine vous permet de préparer votre plat en toute tranquillité. Comme il y avait très peu de réservations, nous avons été surclassés avec vue sur le port :

Le petit-déjeuner est bien garni avec un large choix d’aliments, et vous permettra de commencer la journée du bon pied.

Compter 106€ la nuit, sans le petit-déjeuner (+6€/personne).

Akureyri

Etant donné que l’on se trouve dans la plus grande ville du Nord, le nombre de guest houses est un peu plus important. Mais pour autant, le choix n’est pas non plus pléthorique.

Notre choix s’est porté sur une chambre privée chez l’habitant, à savoir chez Ragnar. La maison se trouve non loin du centre ville, dans un quartier paisible et tranquille.

Voir le logement de Ragnar

Ragnar est un hôte très sympathique, qui n’est pas avare de conseils. Nous avons longuement discuté avec lui et il nous a donné de bons conseils. Il nous a d’ailleurs conseillé de prendre l’itinéraire côtier pour rejoindre Blönduós, en passant par Siglufjörður. Et nous ne regrettons absolument pas de l’avoir écouté. Il nous a également parlé de l’Islande, de sa géographie, de sa culture et c’est très agréable.

Pour ce qui est de la chambre, elle est tout à fait correcte, donnant sur le jardin. On possède une salle de bains privée avec toilettes. Des petits chocolats nous attendaient lors de notre arrivée. Malheureusement, la cuisine n’est pas accessible. Par le passé, Ragnar a visiblement eu des mauvaises expériences et a donc restreint l’accès de sa maison, ce que l’on peut comprendre.

Compter 85€ la nuit sans petit déjeuner.

Blönduós

A bien y réfléchir, Blönduós n’est certainement pas le lieu le plus judicieux (géographiquement parlant) que nous ayons trouvé. Il nous a obligé à rebrousser chemin le soir du septième jour.

En revanche, on ne pouvait pas trouver endroit plus calme que cette guest house. Nous étions au milieu de … rien.

Voir le logement de David

David et sa femme nous ont accueilli dans leur vaste domaine. Ils possèdent une exploitation de chevaux, mais ils patûraient tous dans les montagnes alentours. Un petit cours d’eau passe à côté de la maison, ce qui donne un véritable charme à l’endroit.

Leur chien-loup, très gentil (et adorant les caresses), nous a suivi durant une petite balade. L’endroit est véritablement reposant et ressourçant :

Nos hôtes se sont également révélés très gentils, discutant volontiers avec nous et nous donnant des conseils pour la fin de notre voyage.

Plusieurs chambres sont présentes, avec salle de bains et toilettes communes. Tout y est propre et parfaitement fonctionnel. Comme nous étions les seuls voyageurs de la nuit, nous étions forcément très à l’aise.

Le petit-déjeuner est servi à l’heure qui nous arrange (dans la limite du raisonnable), et s’avère très copieux.

Compter 90€ la nuitavec petit-déjeuner bien garni.

Kópavogur

Dernière guesthouse de notre voyage en Islande, nous avons privilégié l’implantation géographique. Sa proximité de l’aéroport est un avantage, surtout quand l’avion est le lendemain matin. On se trouve dans un quartier résidentiel très calme.

Voir le logement de Markus

C’est Ragga, la femme de Markus qui nous a accueilli. Elle a été très agréable, discutant longuement avec nous. Elle n’aurait pas été avare en conseils si nous étions arrivés le premier jour. Et lorsque nous lui avons dit que c’était la dernière nuit de notre séjour, elle nous a laissé l’accès à son spa personnel. C’est un bonus qu’elle nous a offert très gentiment afin de nous laisser le souvenir de cette tradition islandaise.

La chambre possède le strict minimum, mais suffisamment fournie (bouilloire et frigo) et tout à fait correcte et propre. On possède un accès à une salle de bains et toilettes, accès partagé avec une autre chambre.

Compter 70€ la nuit sans petit déjeuner.

Pour résumer

Reykjavik : Ice Hotel – 90€

Hella : chez Elin – 79€

Vík í Mýrdal : Puffin Hotel – 143€

Seyðisfjörður : Nord Marina Guesthouse – 90€

Húsavík : Port Guesthouse – 106€

Akureyri : chez Ragnar – 85€

Blönduós : chez David – 90€

Kópavogur : chez Markus – 70€

Où manger ?

Voilà un autre aspect du budget qu’il ne faudra pas négliger. Pour faire rapide, en Islande (sauf si vous avez un budget no limit), il va falloir aller au plus simple. Les restaurants sont excessivement chers.

Durant notre séjour, nous n’en avons fait qu’un seul, à Akureyri. Pour deux soupes, un verre de vin et une bière, la facture a tout de même été de 60€. Et l’établissement que nous avions choisi n’était pas pour autant hype

De ce fait, comme vous l’aurez compris, nous n’avons pas privilégié l’option restaurant. Mais c’est un point que nous avions identifié avant de partir. Aussi, dans nos valises, nous avions pris bon nombre de plats lyophilisés et des pâtes. Globalement, nous avons toujours réussi à mettre la main sur une cuisine ou de l’eau chaude. Côté plats lyophilisés, Decathlon propose de très bons produits. Il suffit juste d’ajouter de l’eau chaude et l’on peut directement manger dans le sachet (au rayon montagne).

Pour le midi, nous faisions quelques courses pour acheter du pain et/ou quelques chips, ainsi que du fromage et des fruits. Avec quelques boites de thon et pâté ramenés de France, nous avons toujours réussi à nous faire des sandwichs.

Conclusion

Notre voyage en Islande a juste été splendide. Ce pays connait de plus en plus d’attrait touristique et cela se comprend aisément.

Si aujourd’hui, beaucoup de tour operators proposent essentiellement le Cercle d’Or, il vaut mieux privilégier un tour de l’île. L’Islande a tellement à offrir que ce serait dommage de s’en priver.

Dans ce pays, c’est une toute autre atmosphère que nous découvrons, véritablement portée sur la Nature. On comprend à la fois la force des éléments, qui peuvent se déchaîner en quelques instants, mais également toute la fragilité de la Nature.

Ce voyage en Islande a véritablement été un enchantement et nous en sommes revenus conquis. Cette destination fait partie de nos gros coups de cœur. Nous ne pouvons que vous recommander chaudement de vous envoler pour l’Islande !

Et pourquoi pas ne pas découvrir ce pays en une autre saison ?

Le seul petit regret que nous pouvoir avoir, c’est le fait de ne pas avoir vu d’aurores boréales… Mais elles n’apparaissent (potentiellement) qu’entre octobre et mars. Une raison supplémentaire de revenir en Islande ?…

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