Une semaine de roadtrip en Islande – première étape

Aujourd’hui, peu de pays peuvent se vanter de pouvoir nous offrir une Nature quasi intacte et dans toute sa majesté. L’Islande fait partie de ces rares contrées à pouvoir encore nous enchanter par la richesse de ses paysages. Aussi, nous avons décidé de nous rendre dans ce pays peuplé de trolls, et terre de vikings. Départ pour un roadtrip en Islande ! Le mois de mai n’est peut-être pas la meilleure période, mais qu’à cela ne tienne…

Et pour découvrir ce pays, nous avons décidé de choisir l’option de tout gérer nous-mêmes. Pas de tour operator, ni de formule organisée, l’option était de se « débrouiller », aussi bien pour le logement que pour la visite de l’île.

Et pour en profiter pleinement, à la découverte de ces magnifiques paysages, quoi de mieux qu’un roadtrip à travers l’île ? C’est donc l’option qui a été retenue.

Cependant, nous avons préféré scinder le récit du voyage en deux épisodes, afin de vous faciliter la lecture et reprendre votre souffle. 🙂

Quelques préparatifs avant de vous envoler pour l’Islande

Avant de partir, il va falloir que vous vous occupiez de quelques préparatifs, notamment au niveau logistique.

Il faudra ainsi penser à des vêtements chauds car nous avons alterné entre les sièges chauffants dans la voiture et la clim. Le mois de mai peut encore réserver quelques surprises. Il peut parfois faire assez froid, et le lendemain un grand soleil. Pour ça, nous avons prévu de passer par la boutique Damart (surtout Mélanie :-)) et elle a choisi des sous pulls et des leggings Thermolactyl Degré 3, pour des températures allant de -5 à 5°. Et, dixit Mélanie, elle n’a pas du tout regretté ses achats :-).

Pensez quand même à les acheter en soldes sur Amazon (directement ici), vous ferez des économies.

Mais qui dit roadtrip, dit voiture. Commençons donc par gérer cet aspect. Des possibilités de location, Internet en regorge. Mais surtout il faut savoir quel véhicule prendre. Si vous vous cantonnez à la route circulaire 1, une simple citadine/berline suffira.

Choix de la voiture

Dans notre cas, nous avons fait le choix de prendre certaines « gravel road ». Et comme son nom l’indique, ces routes sont gravillonnés, avec quelques nids de poules et quelque peu glissantes. Le choix d’un petit 4×4 nous est donc paru plus opportun. Nous avons jeté notre dévolu sur un Suzuki Jimny. Il se conduit très facilement, passe à peu près partout et n’est pas très encombrant.

roadtrip en islande - suzuki jimny

Pour deux personnes, avec des bagages, il est parfaitement adapté. En revanche, pour quatre personnes, il faudra viser une catégorie supérieure, la faute à son coffre liliputien. Globalement, nous avons été contents de ce véhicule. Seul petit regret, le réservoir est assez petit (40L) et il faut compter une consommation de l’ordre 7.5/8L aux 100kms. Autrement dit, et étant donné la rareté des stations essence selon les zones traversées, ne jouez pas trop avec la réserve. Pour ce qui est de l’essence, il faut compter 200ISK (1.80€ environ) pour un litre d’essence. Si vous optez, comme nous, pour un roadtrip, c’est un budget à ne pas négliger.

Pour votre location, vous pouvez vous rendre sur Guide to Iceland en cliquant ici. Vous y trouverez un large choix de véhicules à un prix raisonnable et plus avantageux que les sociétés « classiques » de location de véhicules, sans pour autant dénigrer le service. Pour notre petit Jimny, sur une durée de 8 jours, il nous en a coûté 500€, assurance graviers comprise. Evidemment, ce tarif peut varier selon les périodes. Pensez à vérifier que vous disposez du kilométrage illimité lors de votre réservation.

Vous êtes presque prêts à partir. Mais avant de vous aventurer sur les routes islandaises, un dernier petit conseil : munissez-vous d’une carte routière et d’un guide.

Guide et carte routière

Des cartes routières, il en existe de nombreuses. Nous vous conseillons celle éditée par ITM et disponible sur Amazon. Elle a l’avantage d’être étanche, résistante et offre de nombreux points d’intérêts touristiques. Elle couvre toute l’île, mais reste suffisamment détaillée, sans que vous ne soyez perdus pour autant.

Cela nous a permis de respecter l’itinéraire que nous nous étions fixés, à savoir :

Enfin pour le guide, le Lonely Planet dédié à l’Islande est très bien écrit. Non seulement, il vous permet de connaitre la majorité des lieux à visiter, par découpage géographique de l’île, mais vous aurez également quelques détails historiques et culturels. Il est disponible en cliquant ici.

Petit plus, voici une carte que vous devez garder précieusement avec vous et indiquant les principaux points d’intérêt en Islande :

Vous voici à présent parés pour le voyage !

Jour 1 : Reykjavik

Si Reykjavik est la capitale d’Islande, vous n’aurez pas pour autant l’impression de vous trouver dans une mégalopole. Pas de buildings à l’horizon, et même si quelques immeubles sont présents, tout reste à taille humaine. Avec ses 200 000 habitants, l’agglomération de Reykjavik concentre quasiment les deux-tiers des habitants de l’ile.

Et pour simplifier encore plus la situation, Reykjavik est construite comme tout ville scandinave. Autrement dit, le centre-ville concentre tous les points d’intérêts touristiques, le reste se résumant globalement à du résidentiel.

Hallgrímskirkja

Notre première visite s’est portée sur l’église Hallgrímskirkja. Et pour cause, notre hébergement était situé juste à côté, et en arrivant à 19h, nous n’avons pas voulu nous aventurer trop loin.

Vous ne pourrez pas la manquer. Avec sa flèche culminant à 75m, elle est visible à 20 kilomètres à la ronde. Au niveau architectural, on est loin du cliché de la petite église en bois. Cela ressemble davantage à une fusée de béton qu’à un lieu de culte. Mais son originalité ne laisse pas de marbre.

Le centre ville

Descendez ensuite la rue Skólavörðustígur et arrivez dans la rue Laugavegur. Vous y trouverez un large choix de boutiques, en tout genre. Cela vous amènera jusqu’au square Ingólfstorg. Là, de nombreux bars et restaurants vous permettront de vous poser et de vous mêler aux habitants.

Avant de clôturer cette journée plutôt courte, nous nous sommes rendus sur le bord de mer. Nous avons ainsi croisé, l’Harpa, une salle de concert et un centre des congrès, recouverte entièrement de plaques de verre.

En continuant le long du bord de mer, nous pouvons nous émerveiller devant la baie qui s’offre à nous, avec les montagnes au loin. Un peu plus loin, nous arrivons à un lieu, dénommé Sólfar. Il s’agit d’une sculpture réalisée en 1990 par Jón Gunnar Árnason. Cette sculpture d’acier représente un bateau viking qui se dirige vers le soleil quand celui-ci se couche. Un incontournable.

Il est déjà 22h, le soleil n’est pas encore couché, mais il est temps de rentrer à l’hôtel. Le programme des prochains jours va être chargé.

Jour 2 : le Cercle d’Or – début de notre roadtrip en Islande

C’est ici que commence véritablement notre roadtrip en Islande. Nous partons donc de Reykjavik, direction le Nord. Après avoir croisé la ville de Mosfellsbær, nous bifurquons à droite, sur la route 36.

Thingvellir

Notre première destination est Thingvellir :

Ce site est à la fois intéressant pour son aspect naturel et historique. Il s’agit à la fois du lieu où les plaques européennes et nord-américaines se séparent, de l’ordre de 1 à 18 millimètres par an.

Mais c’est également le lieu du premier conseil démocratique, établi par les vikings en 930. Cette grande assemblée nationale dénommée Althing (« toutes les assemblées réunies » en islandais), qui a pour but de coordonner les 23 assemblées disséminées sur l’île, est la plus ancienne démocratie du monde encore en activité.

D’entrée, l’Islande nous montre toute la majesté de ses paysages. La Nature se montre à l’état sauvage à perte de vue, nous offrant des sculptures pour le moins original :

En continuant notre route,  nous franchissons le village de Laugarvatn. Situé à côté d’un lac, il offre des sources d’eau chaude. Certains touristes en profitent pour y faire une pause. Mais nous continuons notre chemin pour nous rendre à Geysir.

Geysir

Son nom peut vous mettre la puce à l’oreille. Signifiant « jaillir » en islandais, le site offre de nombreux geysers. Après seulement trois minutes de marche, vous accéderez à l’un d’eux. Logiquement, vous devriez voir un peu de monde agglutiné autour de cette bouche, protégée par un simple cordage. Même si le site parait sans danger, n’oubliez pas que l’eau sort de terre à une température comprise entre 80 et 100°C.

Le premier geyser est le plus « productif ». Il nous offre son court spectacle tous les cinq minutes environ. Si vous souhaitez prendre une photo, il faudra être vif. L’éruption d’eau ne dure que quelques secondes, dans un vacarme qui a de quoi surprendre la première fois.

Un peu plus loin, d’autres geysers sont visibles. Si vous êtes chanceux, vous pourrez apercevoir l’un d’eux, mais leur fréquence est beaucoup plus aléatoire que le premier.

Mais il est temps de reprendre la route, d’autres beautés naturelles nous attendent.

Gullfoss

Après seulement une 1/2 heure de route, nous voici donc arrivés à notre troisième étape de la journée : Gullfoss. Ici l’eau règne en maître, dans ce qui signifie les « chutes d’or ».

Mais si nous avons aujourd’hui la chance de pouvoir admirer ces deux cascades, le lieu fut jadis menacé. En effet, un projet de barrage a été étudié, mais fort heureusement, cela n’aboutit jamais, grâce notamment au courage de la fille du propriétaire du lieu, qui s’est battue avec acharnement pour protéger ce lieu.

Deux vues sont possibles. La première, en passant derrière la boutique, vous permettra de surplomber les deux chutes. Mais vous avez également l’option de descendre et ainsi vous retrouvez à hauteur de la première cascade, ce qui vous permettra d’être au plus près des chutes.

Ajouter à cela quelques éclaboussures et vous faites corps avec la nature.

Mais la journée continue de défiler et le début de soirée se profile déjà à l’horizon. Nous décidons de reprendre la route et de nous rapprocher de notre lieu de villégiature pour la nuit.

Skálholt

Avant de rejoindre Hella, nous décidons de profiter du paysage et empruntons des routes davantage bucoliques. C’est ainsi que nous empruntons la route 35 puis la route 31. Cette dernière nous fait passer par la petite bourgade de Skálholt. Avec ses 160 âmes, vous aurez vite fait le tour du village.

Et pourtant, Skálholt a marqué l’histoire de l’Islande. De 1056 à 1784, cette petite ville fût le siège de l’un des deux diocèses d’Islande, mais également un centre politique et intellectuel important. Mais suite à l’invasion danoise, le rayonnement de la ville n’a cessé de décliner et a fini par s’éteindre. On peut malgré tout y voir le reste des fondations de la cathédrale et le souterrain qui mène à l’église actuel.

Urridafoss

Juste après avoir regagné la route 1, un panneau nous indique un point d’intérêt sur la droite, Urridafoss. Nous nous y engageons et 500 mètres plus loin, nous y accédons. Il s’agit d’une chute d’eau, certes modeste par sa hauteur, mais très large. Peu de touristes s’y arrêtent, ce qui permet d’en profiter en toute quiétude.

Il est désormais temps de gagner notre logement pour la nuit, situé non loin de Hella, sur la route 26. Il possède notamment un jacuzzi, chauffé exclusivement par géothermie, avec une eau à 42°C. Et pour couronner le tout, nous avons la vue sur le volcan Hekla au loin.

Quoi de mieux pour se remettre de notre journée ?

Jour 3 : de Hella à Vik

Notre roadtrip en Islande continue et nous promet encore de belles découvertes en ce troisième jour.

Seljalandsfoss

C’est sans doute l’une des chutes d’eau les plus connues d’Islande. De nombreux artistes y ont tourné leur clip, et l’on comprend aisément pourquoi. A quelques encablures de la route 1, la cascade se dessine au loin, avec le volcan Eyjafjallajökull pour décor de fond :

Il ne reste plus qu’à quitter la route 1 sur 200 mètres et se trouver nez-à-nez avec la majestueuse cascade.

En empruntant le chemin, on peut passer derrière le voile de la mariée.

On comprend très vite pourquoi ce site est tant prisé des réalisateurs de clips musicaux. L’ambiance y est magique, encore plus si vous avez la chance de pouvoir y accéder au crépuscule. En revanche, pensez à avoir des bonnes chaussures et à prendre un poncho de pluie. Le chemin pour faire le tour du voile de la mariée est très glissant, fort boueux et bien exposé aux éclaboussures.

Une fois le tour terminé, continuez le long de la falaise. Un panneau vous indiquera Gljúfrabúi, qui se trouve à 5 minutes à pied de Seljalandsfoss. Il s’agit d’une cascade cachée. Pour y accéder, il faut passer entre deux roches verticales. Si vous faire tremper ne vous fait pas peur, traversez le ruisseau et entrez dans cette grotte qui peut ressembler à un brumisateur géant.

L’avantage de cette cascade, c’est que peu de gens s’y bousculent, préférant s’arrêter à Seljalandsfoss et ne pas faire les 500 mètres qui séparent les deux sites.

Eyjafjallajökull

Mais reprenons la voiture et continuons notre périple sur la route 1. Une dizaine de kilomètres plus loin, c’est un site connu dans toute l’Europe qui s’offre à nous : le volcan Eyjafjallajökull, qui a paralysé le ciel européen en 2010.

Un petit musée est d’ailleurs présent pour rappeler l’événement, expliquant le phénomène et nous offrant quelques belles images de l’explosion.

Mais le plus surprenant reste la proximité des habitations face à ce géant (ici dans la brume) :

Surtout lorsque l’on voit le résultat de l’expulsion de certains « cailloux ». Il ne faisait pas forcément bon être dans les parages lors du réveil du volcan :

Skogafoss

Mais continuons notre chemin et dirigeons-nous vers Skogafoss. Il s’agit d’une célèbre chute d’eau, d’une hauteur de 62 mètres pour une largeur de 25 mètres. Le site est donc très impressionnant :

Vous avez la possibilité de vous approcher au plus près de la chute, et ainsi découvrir cette magnifique cascade :

Mais vous pourrez également prendre de la hauteur, grâce à un escalier présent sur le côté. Après avoir grimpé les 428 marches, vous dominerez la chute d’eau :

A noter qu’un chemin est présent, permettant de longer la rivière Skógá. Via ce chemin, vous pourrez vous promener en amont de la cascade et ainsi vous éloigner de la foule. Un plateau s’offre à vous, avec un chemin tracé. Il longe la rivière et permet de découvrir de nombreuses petites cascades.

En continuant ainsi, vous pouvez rejoindre Þórsmörk, soit 26 kilomètres de marche. Pour le retour, il faut reprendre le même chemin.

Sans s’aventurer aussi loin, une balade d’une heure sur ce chemin est toutefois très agréable.

Après ce moment de détente et de douceur auprès de la rivière, nous reprenons le volant de notre 4×4. Dix kilomètres plus loin, nous attend une nouvelle suprise.

Sólheimajökull

En quittant la route 1 sur la gauche, nous nous rendons vers Sólheimajökull, sans trop savoir ce qui nous attend. Il s’agit de notre premier glacier d’Islande. D’une dizaine de kilomètres de long, il constitue une langue glaciaire du Mýrdalsjökull.

La route se termine en cul-de-sac, avec un parking, sur lequel se trouve le café Arctic. Après une petite pause pour se réchauffer du léger crachin qui tombe, il est temps d’emprunter le chemin qui s’offre à nous.

Après 5 minutes de marche, le glacier commence à se dévoiler :

Malheureusement, quelques centaines de mètres plus loin, un panneau nous interdit déconseille vivement d’aller plus loin. Contournant cet obstacle, nous décidons de suivre un groupe (avec guide) parti à la conquête du glacier. Cela nous permet d’atteindre le pied du glacier 5 minutes plus tard, et de disposer d’un magnifique point de vue.

Avec un léger rayon de soleil, cela aurait pu être encore plus magique :

Conscient du danger, nous ne sommes pas allés plus loin. Il est toutefois possible d’escalader le glacier, avec des équipements spéciaux et accompagné d’un guide.

Mais d’autres découvertes nous attendent encore…

Solheimasandur Parking

Un parking nous direz vous ? Tout à fait ! Dix minutes après être partis de Sólheimajökull, un parking, au milieu de rien, se présente à votre droite. Il s’agit du point de départ vers les débris d’un avion écrasé.

Pour la petite histoire, en pleine guerre froide, un DC3 de l’armée américaine a été contraint d’atterrir en catastrophe, faute de carburant. Heureusement, lors de ce crash, aucune victime n’a été à déplorer. Mais on imagine aisément la surprise des militaires après avoir atterri au milieu de … rien.

Mais pour retrouver cet avion, cela se mérite et il faut faire quelques efforts. Après avoir garé la voiture, vous prenez ce qui semble être le chemin qui mène à l’avion, balisé par quelques piquets jaunes.

Il y a encore quelques mois, il était possible de s’y rendre en 4×4, mais désormais c’est à pied qu’il faut faire le trajet. C’est donc sous une pluie fine que nous entamons notre « expédition ».

Un chemin au milieu de rien

Le lieu est pour le moins perturbant, puisque le chemin est droit, avec un paysage lunaire tout autour. Le sable noir à perte de vue ne donne pas l’impression de progresser. Bien que le chemin totalement à plat ne présente aucune difficulté, la marche est plutôt longue. Et à l’horizon, l’avion ne se dévoile toujours pas.

C’est au bout de 45 minutes de marche, que l’on découvre enfin la carcasse de l’avion.

Quelques centaines de mètres plus loin, nous voici devant le monstre d’acier, posé là depuis 44 ans.

Le site est vraiment éloigné de toute civilisation et le sable noir à perte de vue, vient ajouter un côté mystique à l’endroit. La plage est à quelques encablures, et derrière la carcasse, vous pouvez apercevoir la mer.

Finalement, la distance permet un certain écrémage et seuls les plus courageux s’y aventurent. Exit les cars de touristes qui ne « perdront » jamais autant de temps sur ce parcours.

Lors de notre passage, la pluie qui tombait ajouter un certain côté lugubre. Nous étions seuls avec cet avion, sans aucune trace de vie apparente aux alentours, ni même un brin d’herbe. Le temps semblait comme s’être arrêté.

Pas besoin d’en rajouter, les photos parlent d’elles-mêmes :

Il est désormais temps de faire le chemin inverse pour regagner notre voiture. A nouveau, ce sont 45 minutes sous la pluie qui nous attendent.

Mais après presque deux heures sous la pluie, nous voici totalement trempés. Mais nous reprenons la route, direction Dyrhólaey.

Dyrhólaey

En continuant la route 1, quelques dizaines de kilomètres plus loin, un panneau vous indiquera Dyrhólaey, sur votre droite. Un peu plus loin, il faudra de nouveau prendre une gravel road sur la droite. La montée est un peu raide et mettra à rude épreuve votre voiture, même si ce trajet est assez court.

Dyrhólaey est le point le plus au sud de l’ïle et se caractérise par une arche naturelle. C’est également une réserve protégée où de nombreux oiseaux viennent y nicher. Un phare est présent pour rappeler une présence humaine.

Il est possible d’avoir une vue intéressante sur les plages de sable noir s’étendant vers l’ouest :

Malheureusement, lors de notre passage, le temps n’était pas au beau fixe. Le vent soufflait violemment et il était très difficile de rester stable.

De ce fait, nous n’avons pas pu profiter du paysage comme nous aurions voulu. La pluie continuant toujours de tomber, nous avons écourté notre passage sur ce site.

Reynisdrangar & Reynisfjara

C’est un petit regret, mais étant donné les conditions climatiques, nous avons dû faire l’impasse sur ces lieux.

Reynisdrangar est juste unique. Il s’agit en fait d’un ensemble de rochers appelés stacks. Cela se présente sous forme de pilier ou d’aiguille rocheuse. Les Reynisdrangar se trouvent ici à quelques encablures de la côte (dans la brume sur la photo ci-dessous). Ils restent les vestiges de la montage Reynisfjall, qui a été grignoté par l’érosion, millénaire après millénaire.

Selon la mythologie nordique, deux trolls auraient tentés de tirer un trois mâts jusqu’à la terre ferme. Mais surpris par le soleil, ils ont été transformés en pierre.

Sur la plage de Reynisfjara, des colonnes de basalte se dressent, tels des remparts. En contournant le rocher, on trouve la grotte de Hálsanefshellir. Toujours selon la légende, celle-ci aurait abrité un monstre qui vécut plusieurs centaines d’années.

Etant totalement trempés, et la pluie étant toujours présente, nous n’avons pas pu voir ces sites. Nous continuons donc notre route vers Vik, où notre guest house nous attend.

Jour 4 : de Vik à Seyðisfjörður

Nous voici arrivés au quatrième jour de notre roadtrip en Islande. Nous partons relativement tôt de Vik, car cette journée s’annonce comme la plus longue de notre séjour. Un léger crachin est toujours présent.

C’est dommage, Vik est réputée pour ses colonies de macareux. Malheureusement, par ce temps maussade, les volatiles n’ont pas daigné sortir de leurs cachettes.

Avant de partir, nous avons tout de même fait le tour de cette localité, où vivent à peine 300 habitants. Depuis son église, on peut dominer l’ensemble du village, avec Reynisdrangar en fond :

Mais il est temps de prendre la route, direction Systrafoss. L’avantage, c’est qu’à présent les touristes seront beaucoup moins présents. La majorité d’entre eux se contentent du Cercle d’Or. Et rares sont ceux qui s’aventurent au-delà de Vik.

Systrafoss

Première étape de notre journée marathon, Systrafoss est une cascade au milieu d’une petite forêt. Elle est issue d’un lac qui abrite une légende. Selon les croyances locales, deux sœurs qui se baignaient auraient vu une bague en or sortir de l’eau. En voulant la saisir, elles auraient aussitôt disparu, englouties par les flots. C’est ce qui donna le nom de ce lieu, Systra signifiant « sœur ».

La cascade se trouve dans un environnement boisé, derrière la petite ville de Skaftárhreppur. Située juste à côté de la route 1, rares sont les touristes qui s’y arrêtent :

Sur le côté, un petit chemin permet d’accéder au plateau supérieur, et donc au lac.

Au pied de la cascade, vous pourrez voir une ferme typique, à moitié encastrée dans le sol, avec son toit en herbe :

Mais continuons notre périple sur la route circulaire. Les cascades continuent de s’enchaîner, si bien que cela en devient presque familier et routinier. Mais nous ne pouvions ne pas nous arrêter pour celle-ci.

Foss á Síðu & Dverghamrar

Très facile d’accès (puisque visible depuis la route 1), la cascade de Foss á Síðu est considérée comme l’une des plus belles d’Islande.

D’une hauteur de 30 mètres, le long d’une falaise de basalte, elle possède la particularité d’avoir un faible débit. De ce fait, la cascade nous offre un « léger » filet d’eau.

Les jours de fort vent, la chute d’eau peut être arrêtée par l’effet des bourrasques (ce qui n’est pas rare dans la région). A noter également qu’un chemin vous permet d’accéder en haut de la cascade, après une petite grimpette.

Mais ce n’est pas fini, car 300 mètres plus loin, un autre lieu nous attend : Dverghamrar.  Considérés comme des « rochers nains », il s’agit de colonnes de basalte, qui pointent vers le ciel.

Selon la mythologique nordique, ce lieu serait habité par le « peuple caché » d’Islande ! Mais lors de notre visite, aucun elfe ou nain, n’a daigné montrer le bout de son nez.

Mais il nous faut continuer notre route. Et celle-ci va devenir quasi désertique. Bienvenu dans le Skeiðarársandur ! Des paysages lunaires s’offrent alors à nous, avec même une tempête de sable noir (d’où l’intérêt de prendre une assurance sable et cailloux !). Pensez à faire le plein du réservoir avant d’attaquer cette portion fort hostile.

Mais après plusieurs dizaines de kilomètres, un nouveau paysage commence à se dévoiler. De nouvelles montagnes se dessinent au loin, comme déchirant l’horizon nuageux. Le Hvannadalshnjúkur et ses 2109 mètres d’altitude (point culminant du pays) nous invite à se rapprocher :

Avant de le rejoindre, nous découvrons un rappel que l’Islande est une terre de glace et de feu. A tout moment, la force de la Nature peut s’exprimer.

Hvannadalshnjúkur

C’est ainsi qu’un vestige d’un pont détruit de la route 1 est présent. Il nous montre la violence du choc, le pont ayant subi l’attaques de blocs de glace d’une hauteur d’un immeuble de trois étages, dérivant, suite à l’éruption du Grímsvötnen en 1996.

Quelques encablures plus loin, le Hvannadalshnjúkur nous dévoile toute sa majesté :

Mais avant de commencer, nous avons opté pour un autre site, qui revêt beaucoup de charme :

Skaftafell

Malheureusement, lors de notre venue, le chemin était fermé pour une raison inconnue. Nous avons dû nous contenter de rester en bas, en essayant d’apercevoir la magnifique cascade au milieu des orgues de basalte.

Après cette courte excursion, nous avons continué avec le glacier Svínafellsjökull. Pour y accéder, il faut quitter la route 1 et prendre un chemin un peu chaotique. Avec notre petit 4×4, cela ne posait pas de problème. Mais cela peut devenir un peu plus compliqué pour un véhicule bas, étant donné l’état de la piste.

Svínafellsjökull

Après cinq minutes de poussières, vous arrivez à un cul de sac qui s’avère être le parking. Et le glacier se dévoile déjà devant vos yeux.

Un petit chemin permet alors de s’approcher du glacier tout en le surplombant. Cependant, si vous n’êtes pas équipés, vous ne pourrez pas vous aventurer trop loin. Une plaque vous rappellera que deux alpinistes se sont perdus sur le glacier quelques années auparavant. Ne jouez donc pas les aventuriers !

Malgré tout, vous pourrez contempler le spectacle qui s’offre à vous. Une langue glaciaire du Vatnajökull s’étale de tout son long. Géologue en herbe, il est possible de voir les différentes strates de formation du glacier.

Posez-vous quelques instants. Le spectacle est juste magnifique et tellement reposant. C’est un véritable havre de paix et le silence n’est troublé que par quelques craquements de glace.

Mais quelques gouttes commencent à tomber. Nous décidons de remonter dans la voiture. Hasard du timing, il est l’heure de manger. Etant donné que la voiture est garée face au glacier, nous pouvons déjeuner. Même si l’habitacle est quelque peu exigu, il nous permet de profiter de la vue sans être mouillé, pour notre frugal festin. Et ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de manger face à un glacier millénaire !

Malheureusement, et même si le temps s’est comme arrêté, l’horloge tourne et il nous reste encore du chemin pour rejoindre notre guest house. Nous reprenons donc la route 1.

Jökulsárlón

Après une bonne heure de route, nous voici arrivés à Jökulsárlón. Nous décidons de tourner sur le parking à gauche, juste avant le pont. Un petit crachin, mais qu’à cela ne tienne. Cela ne nous empêchera pas de visiter ce lieu.

Ici, le glacier Vatnajökull rencontre la mer. C’est ainsi que des morceaux de glace se détachent de ce glacier et dérivent lentement, avant de se jeter dans l’océan.

Encore une fois, la vue de ce lieu est indescriptible. Des centaines d’icebergs sont présents et quelques morceaux de glace, d’allure plus modestes sont posés sur la plage :

Comment rester insensible face à ce spectacle ? Encore une fois, c’est le silence qui prédomine, avec le léger clapotis de l’eau. Nous commençons une petite balade le long de la plage de galets.

Et là, une tête sort de l’eau. Puis une deuxième. Deux phoques nous accompagnent dans notre virée. On sent leur curiosité naturelle, mais leur instinct leur dit de conserver une certaine distance de sécurité.

Dommage, nous aurions aimé les voir d’un peu plus près. Mais ça reste toujours agréable de voir ces animaux évoluer dans leur environnement.

Au loin, on peut apercevoir le glacier Vatnajökull, lieu de naissance de ces centaines d’icebergs. Ces glaçons géants millénaires se promènent ainsi sur cet immense lac, avant de finir leur ultime voyage dans l’océan. Encore une fois, on pourrait rester ici pendant des heures, tant le spectacle est sublime.

Diamond Beach

Mais retournons à la voiture. Cette fois, le trajet sera très rapide. En effet, il suffit simplement de traverser la route et de rejoindre le parking en face de l’actuel. En 50 mètres, c’est un nouveau paysage qui s’offre à nous.

Les galets ont laissé la place à un sable noir profond et des centaines de blocs de glace sont échoués sur la plage. Certains apparaissent comme des bateaux échoués. Diamond Beach porte bien son nom !

Les blocs de glace issus de Jökulsárlón gagnent la mer, les vagues les ramenant sur le rivage, et nous offrant ce spectacle. Les quelques touristes présents (tout du moins ceux qui ont eu le courage de faire la route jusque là) s’amusent à se prendre en photo au milieu de ces sculptures improvisées.

Avec un peu d’imagination, on peut vite trouver quelques photos originales :

Malheureusement, il ne faut pas oublier que si ce spectacle est possible, c’est qu’en amont, le glacier fond par morceaux. La beauté de la Nature nous rappelle malheureusement sa fragilité.

Face à toutes ces merveilles, la journée passe très vite et il est déjà 17h. Nous sommes encore à 300 kilomètres de notre guest-house. Heureusement que ce dernier nous accepte jusqu’à 22h. Et l’on va voir qu’il s’en est fallu de peu pour qu’on rate la réception de la chambre…

Après avoir quitté Diamond Beach, peu de lieux spécifiques à visiter. Bien évidemment, vous verrez toujours des cascades, jalonnant votre trajet. Mais l’île contient tellement de cascades qu’elles en deviennent banales et bientôt vous n’y prêterez presque plus attention.

Bord de mer jusqu’à Djúpivogur

Une heure plus tard, nous arrivons à Höfn. Signifiant « port » en islandais, c’est l’une des rares villes où nous verrons des bateaux de pêche. Mais pas le temps de nous attarder. Nous nous arrêtons à une station essence pour faire le plein, boire un café et il faut déjà repartir. 18h30. Tic tac, le temps passe plus vite qu’il n’y parait. Et ce n’est pas les jours beaucoup plus longs que chez nous à cette époque, qui vont nous permettre de jauger la fuite du temps.

Désormais, il faut mettre davantage de rythme dans  la conduite. Mais attention, car en Islande, tout est sauvage ! Et dans cette partie de l’île, vous pourrez facilement rencontrer un renne au milieu de la route, au détour d’un virage. Même s’ils se trouvent dans des pâturages, une escapade routière ne les dérange pas.

Malgré tout, vous pouvez continuer à admirer le paysage.

Malheureusement, le brouillard a commencé à tomber et nous n’avons pas pu profiter de la vue des paysages qui s’offraient à nous.

C’est fort dommage car la route longe de nombreux fjords. Nous pouvions les deviner à travers le brouillard et le spectacle apparaissait magnifique.

Du brouillard et de la gravel road…

Une vingtaine de kilomètres après avoir passé le petite village de pêcheurs de Djúpivogur, deux itinéraires nous sont proposés : soit continuer la route 1, et longer la côte ou couper par la gravel road 939 dans les terres. La route apparaît moyennement engageante et le brouillard ne permet pas d’y voir très clair, mais cela permet d’économiser 60 kilomètres. Etant donné notre timing très serré, nous choisissons tout de même la solution de la 939.

Après quelques centaines de mètres, la route commence à prendre de l’altitude, sans que nous sachions où cela nous mène. Le brouillard environnant ne donne guère confiance dans la suite du trajet. De la neige commence même à apparaître sur les côtés.

Notre véhicule n’étant pas très puissant, la montée commençait à devenir un peu compliqué. Heureusement, l’activation des 4 roues motrices a permis de grimper sans encombre.

Dommage que le temps ne nous permettait pas de profiter du paysage environnant. Nous sommes au beau milieu de la nature, sans aucune habitation à proximité. Nous n’avons croisé que deux véhicules et l’on se dit qu’il ne vaut mieux pas avoir un ennui mécanique…

Lorsque la nappe de brouillard devient moins épaisse, on peut découvrir quelques « morceaux » du paysage environnant :

Cela donne encore plus de regrets de ne pouvoir en profiter avec un joli rayon de soleil…

Ligne droite vers Egilsstaðir !

Finalement, nous rejoignons la route 1, bien contents d’en avoir fini avec ce raccourci un peu chaotique. Il nous reste encore 70 kilomètres avant d’arriver à Seyðisfjörður et il est 21h…

Heureusement, c’est bien roulant et le brouillard se dissipe. Vous traverserez la forêt d’Hallormsstadhur et son lac. Encore une fois, les paysages sont magnifiques, surtout avec la lumière de fin de journée… Cela mériterait de s’attarder davantage et de prendre une journée pleine pour faire le trajet entre Höfn et Seyðisfjörður. Vous pourrez même faire quelques randonnées dans ce secteur très boisé. C’est même la région la plus boisée que l’on ait vu durant notre roadtrip en Islande.

Nous voici arrivés à Egilsstaðir. Il est 21h30…. Quelques barres d’immeuble, ce n’est assurément pas la ville la plus jolie que nous ayons vu.

Vers Seyðisfjörður

Quittons la route principale, et engageons nous sur la 93. A nouveau, il faut monter un col, mais cette fois, sur le goudron. Une fois arrivé en haut, nous passons le lac Heiðarvatn complètement gelé. Le spectacle est juste magnifique, avec un sentiment d’apaisement.

Mais voilà que nous redescendons déjà vers notre destination d’un soir. A la sortie d’un virage, Seyðisfjörður se dévoile, lovée au fond de son fjord :

Derrière le volant, je me sens comme Walter Mitty descendant cette même route, sur son longboard (voir La vie rêvée de Walter Mitty avec Ben Stiller)…

Nous voici enfin arrivés à Seyðisfjörður, il est 21h50. Juste à temps pour récupérer notre chambre !

Notre périple du jour s’achève enfin, après 500 kilomètres parcourus depuis notre départ de Vik. Nous n’avons qu’une hâte, c’est aller se coucher, avec toutes ces belles images en tête.

Demain, l’Islande nous réserve encore de belles surprises et le soleil va désormais être de la partie !

Mais avant de découvrir la suite de notre roadtrip en Islande, un peu de patience. Vous aurez bientôt la suite de notre périple, avec encore de belles rencontres et de l’émerveillement. Ce sera également l’occasion de vous donner tous nos bons plans en terme de logements pour qu’à votre tour, vous tentiez l’expérience du roadtrip en Islande ! 🙂

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