Ce carnet raconte les 4 premiers jours de notre roadtrip en Islande, fait en autonomie fin avril et début mai 2017 : Reykjavik, le Cercle d’Or (Þingvellir, Geysir, Gullfoss), puis la côte sud par la route 1 jusqu’à Vík et les fjords de l’Est, soit environ 1 000 km avec un petit 4x4. Pour chaque étape, nous donnons l’accès, le temps à prévoir et les points de vigilance, mis à jour en octobre 2026.
Mai n’est pas la saison la plus sûre côté météo, mais les jours sont déjà longs et les sites bien moins fréquentés qu’en été. Nous avons tout organisé nous-mêmes, sans agence : location de voiture, guesthouses et itinéraire. Le récit continue dans une deuxième partie consacrée au nord de l’île.
Comment préparer un roadtrip en Islande ?
Pour un roadtrip en Islande au printemps, trois choses comptent avant le départ : des vêtements chauds superposables, une voiture adaptée aux routes que vous comptez emprunter, et une carte routière papier en plus du GPS. En mai, le temps peut passer en une journée du crachin froid au grand soleil, et les stations-service se raréfient dès que l’on s’éloigne du sud-ouest.
Les vêtements
Nous avons alterné entre les sièges chauffants et la climatisation. Pour les journées froides, nous avions choisi des sous-pulls et des leggings Thermolactyl de Damart, la gamme la plus chaude, prévue pour le grand froid. Pensez à les acheter en soldes sur Amazon (directement ici), vous ferez des économies. Ajoutez un poncho ou une veste imperméable et de bonnes chaussures de marche : plusieurs cascades se visitent sous les embruns.
Quelle voiture choisir pour un circuit en Islande ?
Si vous restez sur la route circulaire 1, entièrement goudronnée, une citadine ou une berline suffit. Nous voulions emprunter quelques gravel roads, des routes de gravier avec des nids-de-poule et une adhérence médiocre ; nous avons donc pris un Suzuki Jimny. Ce petit 4x4 se conduit facilement, passe à peu près partout et reste peu encombrant.

Pour deux personnes avec bagages, il convient parfaitement. À quatre, visez une catégorie supérieure : son coffre est minuscule. Seul regret, le réservoir de 40 litres, pour une consommation de 7,5 à 8 litres aux 100 km. Les stations-service étant rares dans certaines zones, ne jouez pas avec la réserve. En 2017, le litre d’essence coûtait environ 200 ISK ; début octobre 2026, comptez plutôt 250 à 290 ISK selon les stations, auxquels s’ajoute depuis janvier 2026 une taxe au kilomètre que les loueurs refacturent, souvent sous forme de forfait journalier.
Pour la location, nous sommes passés par Guide to Iceland en cliquant ici, un comparateur qui proposait un large choix de véhicules à un prix plus avantageux que les loueurs classiques. En 2017, notre Jimny nous a coûté 500 € pour 8 jours, assurance graviers comprise ; ce tarif varie beaucoup selon la saison. Vérifiez que le kilométrage est illimité et, si vous traversez le sud-est, envisagez une assurance sable et cendres. Notre guide pour louer sa voiture pour un autotour en Islande détaille les options.
Guide et carte routière
Nous conseillons la carte routière d’Islande éditée par ITM, disponible sur Amazon. Elle est étanche, résistante, couvre toute l’île et signale de nombreux points d’intérêt sans être illisible. Elle nous a permis de tenir l’itinéraire fixé :

Pour le guide, le Lonely Planet consacré à l’Islande est très bien écrit : il découpe l’île par région, recense la majorité des sites à visiter et donne des repères historiques et culturels. Il est disponible en cliquant ici. Gardez aussi sous la main une carte des principaux sites le long de la route 1 :

Itinéraire des 4 premiers jours en un coup d’œil
| Jour | Étape | Sites principaux | À retenir |
|---|---|---|---|
| 1 | Reykjavik | Hallgrímskirkja, Laugavegur, Harpa, Sólfar | Centre compact, tout se fait à pied |
| 2 | Reykjavik – Hella | Þingvellir, Geysir, Gullfoss, Skálholt, Urriðafoss | Cercle d’Or, la boucle la plus fréquentée |
| 3 | Hella – Vík | Seljalandsfoss, Skógafoss, Sólheimajökull, épave du DC-3, Dyrhólaey | Prévoir 2 h aller-retour pour l’avion |
| 4 | Vík – Seyðisfjörður | Systrafoss, Foss á Síðu, Skaftafell, Svínafellsjökull, Jökulsárlón, Diamond Beach | Environ 500 km : à couper en deux si possible |
Jour 1 : que voir à Reykjavik en une soirée ?
Reykjavik, capitale de l’Islande, se visite facilement en quelques heures, car tous les sites touristiques se concentrent dans un petit centre-ville : l’église Hallgrímskirkja, la rue commerçante Laugavegur, la salle de concert Harpa et la sculpture Sólfar sur le front de mer. Pas de gratte-ciel : la ville reste à taille humaine, même si son agglomération regroupe plus de 60 % des habitants du pays.
Hallgrímskirkja
Notre logement était juste à côté de l’église Hallgrímskirkja, et en arrivant à 19 h nous n’avons pas voulu aller plus loin. Avec sa tour d’environ 75 m, elle se voit de très loin. On est loin de la petite église en bois : sa silhouette de béton évoque davantage une fusée qu’un lieu de culte, mais elle ne laisse pas indifférent.

Le centre-ville et le front de mer
Descendez ensuite la rue Skólavörðustígur jusqu’à Laugavegur, la principale rue commerçante, qui mène à la place Ingólfstorg. Bars et restaurants y sont nombreux pour une pause au milieu des habitants.


Nous avons terminé par le bord de mer, en passant devant Harpa, salle de concert et centre de congrès dont la façade est entièrement couverte de panneaux de verre.

En longeant la baie, face aux montagnes, on arrive à Sólfar (« le voyageur du soleil »), une sculpture d’acier de Jón Gunnar Árnason inaugurée en 1990. Elle évoque un bateau viking tourné vers la mer. C’est l’arrêt photo incontournable du front de mer.


À 22 h, le soleil n’était pas encore couché, mais il était temps de rentrer : le programme des jours suivants s’annonçait chargé.
Jour 2 : le Cercle d’Or, de Þingvellir à Gullfoss
Le Cercle d’Or est une boucle d’environ 230 km au départ de Reykjavik qui relie trois sites majeurs du sud-ouest de l’Islande : le parc national de Þingvellir, la zone géothermique de Geysir et la cascade de Gullfoss. C’est le début réel de notre roadtrip : nous quittons Reykjavik vers le nord, passons Mosfellsbær puis prenons la route 36.
Þingvellir
Le parc national de Þingvellir, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, est intéressant à la fois pour sa géologie et pour son histoire. Il se trouve dans la zone de rift qui sépare les plaques nord-américaine et eurasienne, qui s’écartent d’environ 2 cm par an.


C’est aussi là que les Islandais ont réuni dès 930 l’Althing, leur assemblée générale en plein air, considéré comme l’un des plus anciens parlements du monde. Il y a siégé jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Le parking est payant : 1 000 ISK en 2026, valable toute la journée sur tous les parkings du parc.

Nous traversons ensuite Laugarvatn, au bord d’un lac alimenté par des sources chaudes où certains voyageurs font une pause baignade, puis nous continuons vers Geysir.
Geysir
Le site de Geysir, dans la vallée de Haukadalur, a donné son nom à tous les geysers du monde (« geysa » signifie jaillir). Le grand Geysir est aujourd’hui presque inactif ; c’est son voisin Strokkur qui assure le spectacle, avec une éruption toutes les 5 à 10 minutes environ. On y accède en 3 minutes de marche depuis le parking, qui est gratuit.
La bouche n’est protégée que par une simple corde, mais l’eau sort à une température proche de 100 °C : restez derrière. Pour la photo, il faut être vif : l’éruption ne dure que quelques secondes, dans un grondement qui surprend la première fois. D’autres sources bouillonnent un peu plus loin, avec des éruptions beaucoup plus aléatoires.

Gullfoss
Gullfoss, la « chute d’or », se trouve à une dizaine de kilomètres de Geysir, soit environ 10 minutes de route. La rivière Hvítá y plonge en deux paliers dans un canyon. Au début du XXe siècle, des investisseurs ont envisagé d’y produire de l’électricité ; la tradition attribue la sauvegarde du site à Sigríður Tómasdóttir, fille du propriétaire, qui s’est battue contre le projet. La cascade est aujourd’hui protégée.

Deux points de vue sont possibles. Le premier, derrière la boutique, surplombe les deux chutes. Le second, en contrebas, mène au niveau du premier palier, au plus près de l’eau et des embruns. Le parking est gratuit.

Skálholt
Pour rejoindre Hella, nous avons pris des routes plus tranquilles, la 35 puis la 31, qui passe par Skálholt. Ce hameau a pourtant marqué l’histoire de l’Islande : à partir de 1056, il a été le siège de l’un des deux évêchés du pays et un centre religieux et intellectuel majeur. Après les séismes de 1784, l’évêché a été transféré à Reykjavik. On y voit aujourd’hui l’église actuelle, les vestiges des fondations de l’ancienne cathédrale et un passage souterrain restauré.

Urriðafoss
Juste après avoir retrouvé la route 1, un panneau indique Urriðafoss sur la droite. 500 m plus loin, on découvre une cascade de la rivière Þjórsá, peu haute mais très large. Peu de visiteurs s’y arrêtent, ce qui permet d’en profiter au calme.

Notre logement se trouvait près de Hella, sur la route 26. Il disposait d’un jacuzzi chauffé par géothermie, avec une eau à 42 °C et vue sur le volcan Hekla. Idéal pour récupérer après la journée.

Jour 3 : la côte sud de Hella à Vík
La côte sud de l’Islande, entre Hella et Vík (environ 100 km par la route 1), concentre plusieurs sites parmi les plus visités du pays : les cascades de Seljalandsfoss et Skógafoss, le glacier Sólheimajökull, l’épave du DC-3 de Sólheimasandur et le promontoire de Dyrhólaey. Comptez une journée pleine, surtout si vous marchez jusqu’à l’avion.
Seljalandsfoss et Gljúfrabúi
Seljalandsfoss est l’une des cascades les plus connues d’Islande, et de nombreux clips y ont été tournés. Elle apparaît de loin depuis la route 1, avec le volcan Eyjafjallajökull en toile de fond ; il suffit ensuite de quitter la route sur quelques centaines de mètres. Le parking coûte 900 ISK en 2026.



Un sentier permet de passer derrière le rideau d’eau.


L’ambiance y est superbe, encore plus au crépuscule. Prévoyez de bonnes chaussures et un poncho : le chemin est glissant, boueux et très exposé aux embruns. Le tour fini, longez la falaise vers le nord. Gljúfrabúi, une cascade cachée dans une gorge étroite, est à environ 5 minutes à pied. Si vous acceptez d’être trempé, traversez le ruisseau entre les deux parois : à l’intérieur, on se croirait sous un brumisateur géant.

Peu de visiteurs s’y rendent, la plupart s’arrêtant à Seljalandsfoss sans parcourir les quelques centaines de mètres qui séparent les deux sites.
Eyjafjallajökull
Une dizaine de kilomètres plus loin sur la route 1 se dresse l’Eyjafjallajökull, le volcan dont l’éruption a paralysé le trafic aérien européen en avril 2010. Lors de notre passage, un petit centre d’information au pied du volcan, à la ferme Þorvaldseyri, retraçait l’événement en images.

Le plus surprenant reste la proximité des fermes face à ce volcan, ici dans la brume :

Surtout quand on voit la taille de certains blocs projetés ou déplacés autour du volcan :

Skógafoss
Skógafoss est une chute de 60 m de haut pour 25 m de large, à Skógar, juste à côté de la route 1. On peut s’en approcher au plus près par le bas, ou gravir l’escalier de 527 marches qui mène au belvédère au-dessus de la chute. Le parking coûte 1 000 ISK en 2026, à payer par l’application Parka.





Depuis le haut, un sentier longe la rivière Skógá vers l’amont. On s’éloigne vite de la foule et l’on découvre une succession de petites cascades. Ce chemin est le début du trek du Fimmvörðuháls, qui rejoint Þórsmörk en une journée de marche (environ 25 km, avec du dénivelé) ; le retour se fait par le même chemin ou en bus depuis Þórsmörk. Sans aller si loin, une heure de balade est déjà très agréable.


Sólheimajökull
Le glacier Sólheimajökull est une langue du Mýrdalsjökull longue d’une dizaine de kilomètres, accessible par une route sans issue qui part de la route 1 à environ 10 km à l’est de Skógar. Au bout, un parking (750 ISK en 2026) et un café ; de là, un sentier mène en quelques minutes en vue du glacier.

Quelques centaines de mètres plus loin, un panneau déconseillait vivement d’aller plus loin. Nous avons suivi à distance un groupe guidé jusqu’au pied du glacier, d’où la vue était superbe. Avec un rayon de soleil, cela aurait été encore plus beau.



Conscients du danger, nous ne sommes pas allés plus loin. Marcher sur le glacier n’est possible qu’avec crampons, équipement et un guide agréé : ne vous y aventurez jamais seul.
L’épave du DC-3 de Sólheimasandur
L’épave du DC-3 de Sólheimasandur est la carcasse d’un avion de l’US Navy qui s’est posé en urgence sur la plage de sable noir le 21 novembre 1973 ; tout l’équipage a survécu. On la rejoint depuis un parking au bord de la route 1, quelques minutes à l’est de Sólheimajökull, par une piste plate d’environ 4 km, soit 45 minutes à 1 heure de marche à chaque sens.
Les voitures y ont été interdites peu avant notre passage, à la demande des propriétaires du terrain. Depuis, une navette privée fait l’aller en une dizaine de minutes, en journée ; vérifiez ses horaires et son tarif avant de partir. Nous avons, nous, marché sous une pluie fine en suivant les piquets jaunes.

Le lieu est déroutant : un chemin droit au milieu d’un paysage lunaire, du sable noir à perte de vue et l’impression de ne pas avancer. Il a fallu 45 minutes avant d’apercevoir enfin la carcasse.

Le site est loin de tout ; derrière la carcasse, on devine la mer. La distance fait le tri : nous étions seuls avec l’avion, sous une pluie qui ajoutait une note lugubre, sans un brin d’herbe à l’horizon. Le temps semblait s’être arrêté.





Au retour, encore 45 minutes sous la pluie : après près de 2 heures dehors, nous étions trempés. Prévoyez des vêtements imperméables, de l’eau et une lampe si vous partez tard.
Dyrhólaey
Dyrhólaey est un promontoire de la côte sud, connu pour son arche naturelle, son phare et ses colonies d’oiseaux marins, dont les macareux au printemps et en été. Il se trouve à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Vík ; une route courte mais raide mène au phare. Le parking coûte 750 ISK en 2026, et l’accès peut être restreint pendant la nidification.


Le site offre une belle vue sur les plages de sable noir qui s’étirent vers l’ouest :

Lors de notre passage, le vent soufflait si fort qu’il était difficile de tenir debout, et la pluie continuait. Nous avons écourté la visite.
Reynisdrangar et Reynisfjara
Reynisfjara est la plage de sable noir située juste à l’ouest de Vík, face aux aiguilles basaltiques de Reynisdrangar, vestiges de la montagne Reynisfjall érodée par la mer. Trempés et sous la pluie, nous avons dû y renoncer, mais le site mérite le détour.
Selon la légende, deux trolls qui tentaient de tirer un trois-mâts vers la terre auraient été surpris par le lever du soleil et changés en pierre. Sur la plage, des orgues basaltiques se dressent comme des remparts, et la grotte de Hálsanefshellir aurait abrité, selon la tradition, un monstre pendant des siècles.

Attention : Reynisfjara est dangereuse. Des vagues soudaines et puissantes y ont emporté plusieurs visiteurs. Depuis 2022, un panneau lumineux relié aux prévisions de houle indique les zones interdites : feu jaune, n’entrez pas dans la zone jaune ; feu rouge, restez en haut de la plage. Ne tournez jamais le dos à la mer. Le parking est payant (1 000 ISK en 2026).
Jour 4 : de Vík à Seyðisfjörður, la plus longue étape
De Vík à Seyðisfjörður, il y a environ 500 km par la route 1 et la route 93, à travers le désert de sable du Skeiðarársandur, le parc national du Vatnajökull, Höfn puis les fjords de l’Est. Nous l’avons fait en une journée, ce qui était trop : coupez l’étape à Höfn si vous le pouvez.
Nous sommes partis tôt de Vík sous le crachin. Le village est réputé pour ses macareux, mais par ce temps, ils ne se sont pas montrés. Depuis l’église, sur les hauteurs, on domine le village avec Reynisdrangar en arrière-plan :


Au-delà de Vík, les visiteurs se font plus rares : beaucoup se contentent du Cercle d’Or et de la côte sud.
Systrafoss
Systrafoss est une cascade bordée d’une petite forêt, juste au-dessus du village de Kirkjubæjarklaustur, à environ 70 km à l’est de Vík. Elle descend du lac Systravatn, lié à une légende : deux sœurs (« systra ») s’y seraient noyées en voulant saisir un anneau d’or sorti de l’eau. Un sentier sur le côté monte jusqu’au plateau et au lac.


Au pied de la cascade, on aperçoit une maison traditionnelle à demi enterrée, au toit couvert d’herbe :

Foss á Síðu et Dverghamrar
Foss á Síðu est une cascade visible directement depuis la route 1, quelques kilomètres à l’est de Kirkjubæjarklaustur. Elle tombe d’une falaise d’une trentaine de mètres avec un débit modeste, qui donne un mince filet d’eau. Les jours de fort vent, fréquents ici, les rafales peuvent même la renvoyer vers le haut. Un chemin permet de monter au sommet.


300 m plus loin, Dverghamrar, les « rochers des nains », est un ensemble de colonnes de basalte dressées vers le ciel. Le folklore y place le « peuple caché » d’Islande ; ce jour-là, aucun elfe ne s’est montré.


Le Skeiðarársandur et le Hvannadalshnúkur
Le Skeiðarársandur est une immense plaine de sable et de graviers déposés par les crues glaciaires, que la route 1 traverse sur plusieurs dizaines de kilomètres sans aucun service. Nous y avons essuyé une tempête de sable noir : c’est là qu’une assurance sable et cailloux prend tout son sens. Faites le plein avant.

Puis les montagnes réapparaissent, dont le Hvannadalshnúkur, point culminant de l’Islande avec environ 2 110 m :

Au bord de la route, des poutres tordues rappellent la puissance de la nature : ce sont les restes d’un pont de la route 1 emporté par la crue glaciaire qui a suivi l’éruption du Grímsvötn sous le Vatnajökull, en novembre 1996. Des blocs de glace grands comme des immeubles avaient été charriés jusqu’ici.


Skaftafell
Skaftafell est un secteur du parc national du Vatnajökull, au pied du massif du Hvannadalshnúkur, d’où partent de nombreux sentiers, dont celui de la cascade de Svartifoss, encadrée d’orgues basaltiques (environ 1 h 30 aller-retour). Lors de notre passage, le sentier était fermé ; nous avons dû nous contenter d’une vue depuis le bas. Le parking coûte environ 1 100 ISK en 2026.

Svínafellsjökull
Svínafellsjökull est une langue glaciaire du Vatnajökull accessible par une courte piste cahoteuse au départ de la route 1, juste au sud de Skaftafell. Notre 4x4 s’en est sorti sans problème ; avec une voiture basse, roulez au pas. Au bout de 5 minutes, la piste s’achève sur un parking face au glacier.

Un sentier surplombe le glacier, mais sans équipement, il ne faut pas aller plus loin. Une plaque rappelle la disparition de deux alpinistes sur ce glacier quelques années plus tôt. On distingue nettement les strates de glace, de cendre et de moraine.


Prenez le temps de vous poser : le silence n’est troublé que par quelques craquements de glace. Quand la pluie est revenue, nous avons déjeuné dans la voiture, face au glacier. L’habitacle est exigu, mais il n’est pas tous les jours possible de manger devant une telle vue.

Jökulsárlón
Jökulsárlón est une lagune glaciaire au pied du Breiðamerkurjökull, une langue du Vatnajökull, à environ 1 heure de route à l’est de Skaftafell. Des icebergs s’en détachent, dérivent lentement puis rejoignent l’océan sous le pont de la route 1. Le site fait partie du parc national du Vatnajökull depuis 2017 ; le parking coûte environ 1 100 ISK en 2026.


Nous nous sommes garés sur le parking à gauche, juste avant le pont. Des centaines d’icebergs flottent sur la lagune, et des blocs plus modestes reposent sur la rive :

Pendant notre balade le long de la rive, une tête est sortie de l’eau, puis une deuxième : deux phoques nous ont accompagnés, curieux mais à bonne distance.

Au loin, on aperçoit le glacier d’où naissent ces icebergs. On pourrait rester là des heures.
Diamond Beach
Diamond Beach (Breiðamerkursandur) est la plage de sable noir située de l’autre côté de la route 1, face à Jökulsárlón, où la mer rejette les blocs de glace sortis de la lagune. Il suffit de traverser la route et de rejoindre le parking d’en face.


Certains blocs ressemblent à des bateaux échoués. Avec un peu d’imagination, les photos originales viennent vite :

Ce spectacle a son revers : il existe parce que le glacier fond. Comme sur la plage voisine de Reynisfjara, méfiez-vous des vagues et ne grimpez pas sur les blocs de glace.
De Höfn à Djúpivogur
À 17 h, il nous restait 300 km jusqu’à notre guesthouse, qui nous attendait jusqu’à 22 h. Une heure plus tard, nous arrivions à Höfn, l’un des rares ports de pêche de notre parcours (son nom signifie « port »). Plein, café, et nous repartions à 18 h 30. Avec des journées aussi longues, on perd vite la notion de l’heure.
Dans l’est, attention aux rennes : on en croise au détour d’un virage, en pleine route.


Le brouillard est ensuite tombé. La route longe pourtant de nombreux fjords que nous devinions superbes.
La route 939 par le col d’Öxi
La route 939, qui franchit le col d’Öxi entre le fjord de Berufjörður, près de Djúpivogur, et la vallée de Skriðdalur, est une piste de gravier de montagne qui raccourcit le trajet vers Egilsstaðir d’environ 60 km. Elle est raide, sans service et fermée en hiver ; consultez umferdin.is avant de vous y engager. Vu notre retard, nous l’avons prise malgré le brouillard.
La route a vite pris de l’altitude, de la neige est apparue sur les bas-côtés et la visibilité était quasi nulle.
Notre Jimny peinait dans la montée ; le passage en quatre roues motrices a permis de grimper sans encombre. Nous n’avons croisé que deux véhicules, et l’on se dit qu’il vaut mieux ne pas tomber en panne ici. Quand le brouillard se levait un peu, des morceaux de paysage apparaissaient :


Egilsstaðir puis Seyðisfjörður
De retour sur la route 1, il restait 70 km et il était 21 h. Le brouillard s’est dissipé ; près d’Egilsstaðir se trouve la forêt de Hallormsstaður, au bord du lac Lagarfljót, la région la plus boisée que nous ayons vue. Elle mériterait une journée entière et quelques randonnées. Egilsstaðir elle-même, avec ses immeubles, n’est pas la plus jolie ville du voyage.
Nous avons ensuite pris la route 93, goudronnée, qui franchit le col de Fjarðarheiði. En haut, le lac Heiðarvatn était encore entièrement gelé. Puis, au sortir d’un virage, Seyðisfjörður est apparue au fond de son fjord :

Au volant, je me suis senti comme Walter Mitty dévalant cette même route en longboard dans La Vie rêvée de Walter Mitty, avec Ben Stiller. Arrivée à 21 h 50, juste à temps pour récupérer notre chambre, après 500 km depuis Vík.
Le lendemain, le soleil était enfin au rendez-vous. La suite, du nord de l’île jusqu’au retour à Reykjavik, avec nos adresses de logements, est à lire dans la deuxième partie de notre roadtrip en Islande. Pour une vue d’ensemble de la destination, voir aussi notre page Islande.
Quels animaux voir pendant un roadtrip en Islande ?
Pendant un roadtrip en Islande, les animaux les plus faciles à observer sont les chevaux islandais, présents dans toutes les campagnes, les moutons, les oiseaux marins (dont les macareux de mai à août) et les phoques des lagunes et estuaires ; le renard arctique, seul mammifère terrestre originaire de l’île, est plus discret. Pour aller plus loin, partez à la rencontre des animaux d’Islande avec un guide détaillé de la faune locale.
Le renard arctique
Le renard arctique vit aussi bien sur les côtes qu’à l’intérieur des terres. En Islande, on rencontre deux formes : l’une blanche en hiver et gris-brun en été, l’autre sombre, dite « bleue », toute l’année. Faute de lemmings et de campagnols, absents de l’île, il se nourrit surtout d’oiseaux, d’œufs, de poissons et d’animaux échoués sur le rivage. Le Centre du renard arctique de Súðavík, dans les fjords de l’Ouest, lui est consacré.
Les chevaux islandais
Les chevaux islandais se voient partout dans le pays. Petits, trapus, avec une crinière épaisse, ils sont pourtant bien des chevaux et non des poneys. Leur particularité : en plus du pas, du trot et du galop, ils maîtrisent deux allures propres à la race, le tölt et l’amble rapide (« flying pace »). Le tölt est très confortable pour le cavalier, ce que l’on ne comprend vraiment qu’en le pratiquant. Pour préserver la race, l’Islande interdit l’importation de chevaux, et un cheval qui quitte l’île ne peut plus y revenir.

Questions fréquentes
Faut-il un 4x4 pour faire le tour de l’Islande par la route 1 ?
Non. La route 1 est goudronnée sur tout son tour et une voiture classique suffit en été. Un 4x4 devient utile pour les pistes de gravier comme la route 939, en intersaison, et il est obligatoire sur les routes F des Hautes Terres.
Combien coûte l’essence en Islande en 2026 ?
Début octobre 2026, le litre de sans-plomb se vendait généralement entre 250 et 290 ISK selon les stations. Depuis janvier 2026, une taxe au kilomètre s’applique aussi aux voitures de location, souvent facturée par le loueur sous forme de forfait journalier.
Combien de temps faut-il pour rejoindre l’épave d’avion de Sólheimasandur ?
Comptez environ 4 km de piste plate depuis le parking de la route 1, soit 45 minutes à 1 heure de marche à chaque sens. Une navette privée assure aussi le trajet en une dizaine de minutes en journée.
Les parkings des sites touristiques islandais sont-ils payants ?
Oui, sur la plupart des grands sites du sud. En 2026, comptez par exemple 1 000 ISK à Þingvellir et à Skógafoss, 900 ISK à Seljalandsfoss et environ 1 100 ISK à Jökulsárlón et Skaftafell, payables sur place ou par application.
Mai est-il une bonne période pour un roadtrip en Islande ?
Mai offre de longues journées et peu de monde, mais la météo reste changeante, avec pluie, vent et neige possible en altitude. Certaines pistes de montagne ne sont pas encore ouvertes. Prévoyez des vêtements chauds et une marge dans l’itinéraire.
Sources et vérifications
Informations vérifiées en octobre 2026.




