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12 mai 1930 : Mermoz relie Saint-Louis à Natal en hydravion

Temps de lecture estimé : 4 minute(s)

A retenir : Le 12 mai 1930, Jean Mermoz décolle de Saint-Louis du Sénégal à bord d’un hydravion Laté 28-3 et relie Natal, au Brésil, en environ 21 heures, inaugurant la première liaison postale aérienne sans escale entre les deux rives de l’Atlantique Sud.

L’histoire commence sur deux rives séparées par 3 200 kilomètres d’océan. D’un côté, Saint-Louis du Sénégal, en Afrique de l’Ouest. De l’autre, Natal, pointe nord-est du Brésil. Entre les deux, rien que l’Atlantique Sud, qu’aucun avion n’a jamais traversé sans escale avant ce matin du 12 mai 1930.

Pour qui veut aujourd’hui retracer cette épopée, le point de départ logique n’est plus l’Afrique ni l’Amérique du Sud, mais Toulouse, berceau de la ligne Aéropostale Toulouse-Dakar-Natal. C’est là, à Montaudran, que le musée L’Envol des Pionniers conserve la mémoire de ce vol et du matériel qui l’a rendu possible.

Un décollage contraint par la réglementation

En 1930, le ministère de l’Air français interdit le survol commercial de l’Atlantique par avion terrestre, pour des raisons de sécurité. La traversée ne peut donc se faire qu’en hydravion, capable d’amerrir en cas d’incident. C’est ce choix réglementaire qui place Mermoz aux commandes d’un Latécoère 28-3, baptisé « Comte de la Vaulx », plutôt que d’un appareil classique.

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Vingt-et-une heures au-dessus de l'océan

Le 12 mai 1930, l’équipage décolle de Saint-Louis du Sénégal : Jean Mermoz aux commandes, Jean Dabry à la navigation, Léopold Gimié à la radiotélégraphie. L’hydravion transporte 130 kilos de courrier sur les 3 200 kilomètres qui séparent les deux rives. Le vol dure environ 21 heures. Le 13 mai au matin, l’appareil se pose sur le rio Potengi, près de Natal. La première liaison postale aérienne sans escale entre l’Afrique et l’Amérique du Sud vient d’être accomplie.

Un hommage inscrit sur la carlingue

Le nom de l’hydravion n’est pas anodin. Le Comte de la Vaulx, ami de Mermoz, est mort le 10 avril 1930 dans un accident d’avion survenu dans le New Jersey, aux États-Unis. Baptiser l’appareil en son honneur, un mois avant la traversée, c’est inscrire ce vol dans une continuité, celle d’une génération de pionniers qui paie le prix fort pour chaque record.

Un record établi un mois plus tôt

Le même équipage n’en était pas à son coup d’essai. Le 12 avril 1930, un mois avant la traversée, Mermoz, Dabry et Gimié avaient déjà établi, sur le même type d’hydravion, un record de distance en circuit fermé : 4 345 kilomètres parcourus en 30 heures et 25 minutes. La traversée de l’Atlantique Sud s’inscrit dans la continuité directe de cet exploit.

Le naufrage du retour

Le vol aller entre dans l’histoire, mais le retour tourne mal. Lors du trajet inverse, le « Comte de la Vaulx » doit amerrir en catastrophe. Une tentative de remorquage échoue : l’hydravion coule. Aucune vie n’est perdue, et le courrier est sauvé — mais l’appareil qui vient d’écrire l’histoire de l’aviation postale finit au fond de l’eau.

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Vingt-trois traversées jusqu'en 1936

Le vol du 12 mai 1930 n’est pas un coup isolé. Entre 1930 et 1936, Mermoz traverse l’Atlantique Sud à 23 reprises, faisant de cette liaison une routine aussi périlleuse que régulière, avant de disparaître lui-même au-dessus de cet océan qu’il avait tant de fois dompté.

Visiter aujourd'hui

À Toulouse, le musée L’Envol des Pionniers, inauguré le 22 décembre 2018 à Montaudran, retrace cette épopée et présente le matériel utilisé par Mermoz. Il se trouve au 6 rue Jacqueline Auriol, ouvert le mercredi de 14h à 18h et le week-end de 10h à 18h, avec des horaires élargis pendant les vacances scolaires. Le tarif adulte est de 9€50 pour un billet couplé donnant accès aux expositions temporaire et permanente, 6€50 en tarif réduit, et la gratuité s’applique aux moins de 6 ans. Un parking gratuit est disponible sur place.

Questions frequentes

Quel appareil Mermoz pilotait-il le 12 mai 1930 ?

Un hydravion Latécoère 28-3, baptisé « Comte de la Vaulx ».

Qui composait l'équipage ?

Jean Mermoz au pilotage, Jean Dabry à la navigation et Léopold Gimié à la radiotélégraphie.

Que reste-t-il de cette histoire aujourd'hui ?

Le musée L’Envol des Pionniers à Toulouse-Montaudran, qui retrace l’épopée de l’Aéropostale et le matériel utilisé par Mermoz.

Sources

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