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Pleumeur-Bodou, Côtes-d’Armor : le radôme qui reçut Telstar en 1962

Temps de lecture estimé : 4 minute(s)

A retenir : Dans la nuit du 11 juillet 1962 à 0h47, l’antenne PB1 de Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor) reçoit la première image télévisée transatlantique via le satellite Telstar 1, devant 190 techniciens et 150 journalistes. Le radôme de 50 mètres qui l’abrite, classé monument historique en 2000, se visite aujourd’hui du lundi au vendredi, de 13h à 18h.

Sur la côte des Côtes-d’Armor, en Bretagne, une sphère de toile blanche de 50 mètres de haut émerge du paysage comme posée là par erreur. Ce n’est pourtant pas une erreur : c’est un radôme, une coque gonflable destinée à protéger une antenne des intempéries, et cette antenne-là a changé, en une nuit de juillet 1962, la manière dont les images du monde circulent.

L’histoire commence à Cap Canaveral, la veille. Le 10 juillet 1962, une sphère métallique de 87 centimètres de diamètre pour 77 kilos, baptisée Telstar 1, est placée en orbite. Le lendemain, à 0h47, sur le site breton de Pleumeur-Bodou, une antenne de 54 mètres de long et 340 tonnes reçoit les toutes premières images télévisées transmises en direct depuis les États-Unis par ce satellite. Autour de l’installation, 190 techniciens et 150 journalistes assistent à l’instant.

Une nuit d'attente sous la bulle

L’antenne qui capte le signal, désignée PB1, n’est pas née en Bretagne. Cette structure d’acier a été acheminée des États-Unis par bateau avant d’être assemblée sur place, pièce par pièce, pour former le cornet géant qui doit pointer vers le ciel au moment précis où Telstar 1 passera à portée. La réussite de la manœuvre, cette nuit du 11 juillet 1962, tient autant à la précision du calcul orbital qu’à la solidité de l’ouvrage tout juste monté.

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Trois mois plus tard, le 19 octobre 1962, le général de Gaulle inaugure officiellement le Centre de Télécommunications Spatiales. Le site n’est plus une expérience isolée : c’est désormais une infrastructure reconnue, appelée à jouer un rôle dans les échanges transatlantiques naissants.

Une toile de 2 millimètres face aux tempêtes

Ce qui protège l’antenne PB1 n’a rien d’anodin non plus. Le radôme mesure 64 mètres de diamètre, 50 mètres de hauteur et 200 mètres de circonférence — une bulle gonflée à l’air, faite d’une toile de dacron de seulement 2 millimètres d’épaisseur. La finesse du matériau surprend, jusqu’à ce qu’on apprenne ce qu’elle a traversé : lors de la tempête d’octobre 1987, alors que des rafales atteignent 190 km/h sur la côte bretonne, la structure tient bon. Elle n’a pas cédé.

De la guerre froide des ondes au musée

L’antenne PB1 fonctionne jusqu’en 1985, date à laquelle l’arrivée des antennes paraboliques sur satellites géostationnaires la rend obsolète. Plutôt que de la démonter, le site choisit de la conserver. En 1991, un musée ouvre sur place ; il devient en 2006 la Cité des télécoms, aujourd’hui présentée comme le plus grand centre européen dédié aux télécommunications. En 2000, par un arrêté du 26 septembre, l’ensemble formé par le radôme et l’antenne est classé monument historique — reconnaissance officielle d’un objet qui, quarante ans plus tôt, tenait encore de l’expérimentation.

Visiter le radôme aujourd'hui

En septembre 2026, la Cité des télécoms accueille les visiteurs du lundi au vendredi, de 13h à 18h. Le billet donnant accès à l’expérience immersive du Radôme et aux expositions coûte 15€ en plein tarif, pour les visiteurs de 16 ans et plus, et 11€ en tarif réduit. On peut ainsi entrer sous la bulle où s’est jouée, une nuit de juillet 1962, la première liaison télévisée transatlantique, et se tenir face à l’antenne PB1 elle-même, toujours en place sous sa toile de dacron.

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Questions frequentes

Que peut-on voir aujourd'hui à Pleumeur-Bodou ?

Le radôme et l’antenne PB1 sont conservés sur place, intégrés à la Cité des télécoms, avec une expérience immersive et des expositions consacrées à l’histoire des télécommunications.

Quels sont les horaires et tarifs en 2026 ?

La Cité des télécoms est ouverte du lundi au vendredi de 13h à 18h. Le billet plein tarif coûte 15€, le tarif réduit 11€.

Pourquoi le radôme est-il protégé ?

L’ensemble radôme et antenne est classé monument historique depuis un arrêté du 26 septembre 2000, en reconnaissance de son rôle dans la première liaison satellite transatlantique de 1962.

Sources

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