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Viaduc de Millau : 343 mètres, record mondial depuis 2004

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A retenir : Le viaduc de Millau, construit par Eiffage entre 2001 et 2004, culmine à 343 mètres avec la pile P2, un record mondial pour un ouvrage routier. Le chantier a dû composer avec des zones de failles imposant des adaptations aux fondations de P4 et C0, via une méthode observationnelle prudente.

En Aveyron, dans le sud de la France, le tablier du viaduc de Millau s’étire sur 2460 mètres au-dessus de la vallée du Tarn, à 270 mètres au-dessus de la rivière. Juste au-dessus, le pylône de la pile P2 grimpe jusqu’à 343 mètres : avec sa pile, il forme le plus haut ensemble pile-pylône routier au monde. Plus de vingt ans après son inauguration, l’ouvrage impose toujours son échelle à qui traverse la région.

Le franchissement se paie : 11,30 euros pour une voiture hors saison estivale, 13,80 euros entre le 15 juin et le 15 septembre. Derrière ce péage se cache un chantier mené par le groupe Eiffage, via sa filiale Compagnie Eiffage du Viaduc de Millau, dont la concession fut approuvée par décret le 8 octobre 2001 — un chantier qui a dû composer, dès le sous-sol, avec des surprises géologiques.

Un chantier Eiffage entre 2001 et 2004

La construction a débuté le 16 octobre 2001, huit jours après le décret validant la concession. Trois ans plus tard, le 14 décembre 2004, Jacques Chirac inaugure l’ouvrage ; la circulation s’ouvre officiellement le 16 décembre 2004 à 9 heures. Entre les deux dates, le coût de construction est estimé entre 320 et 394 millions d’euros selon les sources consultées — un écart qui donne la mesure de l’ampleur du projet et de la difficulté à en isoler un chiffre unique et définitif.

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Sous le causse : calcaires, marnes et zones de failles

Le sol qui porte le viaduc n’est pas homogène. Les culées et les piles P1 à P4 reposent sur des calcaires, tandis que les piles P5 à P7 s’appuient sur des marnes jurassiques. Deux zones de failles ont désorganisé la roche à certains endroits, imposant des adaptations importantes des fondations de la pile P4 et de la culée C0 — les deux points du tracé où le sous-sol s’est révélé le moins prévisible.

Face à cette incertitude, la société en charge du chantier a choisi une méthode observationnelle prudente : des forages destructifs ont été menés jusqu’à 10 mètres sous les puits de fondation, afin de réduire les zones d’ombre géotechniques avant de couler le béton. Les mesures de tassement effectuées sur le calcaire, au niveau de la pile P2, montrent d’ailleurs des variations abruptes, directement liées à la fracturation naturelle de la roche — la preuve que la prudence n’était pas superflue.

Sept piles lancées à la règle

Le tablier métallique n’a pas été posé d’un bloc : il a été poussé en deux tronçons, depuis chaque rive, en s’appuyant sur des palées provisoires servant d’appuis intermédiaires pendant le lançage. Les sept piles, elles, ont progressé à un rythme constant de 4 mètres tous les 3 jours à partir de mars 2002, jusqu’à leur achèvement le 9 décembre 2003. C’est à ce moment que la pile P2 a établi son record de hauteur, avant même que le tablier ne vienne s’y accrocher.

  • 16 octobre 2001 : début des travaux
  • Mars 2002 : lancement des piles, 4 m tous les 3 jours
  • 9 décembre 2003 : fin des piles, record pour P2
  • 14 décembre 2004 : inauguration par Jacques Chirac
  • 16 décembre 2004, 9h : ouverture à la circulation
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Ce qu'on peut voir aujourd'hui

Le viaduc reste un ouvrage payant et en service : 11,30 euros pour une voiture hors saison estivale, 13,80 euros du 15 juin au 15 septembre 2026. Rouler dessous ou dessus reste la façon la plus directe de mesurer les 343 mètres du pylône P2 et les 270 mètres du tablier au-dessus du Tarn — deux chiffres qui, sur place, se lisent moins sur un panneau que dans la nuque qu’on lève pour suivre les haubans jusqu’en haut.

Questions frequentes

Quelle est la hauteur maximale du viaduc de Millau ?

343 mètres au sommet du pylône de la pile P2, le plus haut ensemble pile-pylône routier au monde.

Qui a construit le viaduc de Millau ?

Le groupe Eiffage, via sa filiale Compagnie Eiffage du Viaduc de Millau, avec une concession approuvée par décret le 8 octobre 2001.

Combien coûte le péage du viaduc en 2026 ?

11,30 euros pour une voiture hors saison estivale, 13,80 euros du 15 juin au 15 septembre.

Sources

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