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16 mai 1932 : le paquebot Georges Philippar brûle dans le golfe d’Aden

Temps de lecture estimé : 3 minute(s)

A retenir : Dans la nuit du 15 au 16 mai 1932, le paquebot Georges Philippar brûle dans le golfe d’Aden lors de son premier retour d’Extrême-Orient. Le bilan officiel fait état de 41 morts, dont le journaliste Albert Londres, dont l’enquête sur un trafic d’armes disparaît avec lui.

Le golfe d’Aden sépare la péninsule Arabique de la Corne de l’Afrique, sur la route maritime qui relie l’Europe à l’Extrême-Orient via le canal de Suez. C’est là, en vue du cap Guardafui, que le paquebot Georges Philippar effectuait en mai 1932 son tout premier voyage retour depuis l’Extrême-Orient, ligne inaugurée quelques mois plus tôt par les Messageries maritimes.

Dans la nuit du 15 au 16 mai 1932, vers 1h30, un incendie se déclare à bord. Ce que l’équipage combat pendant trois heures va se solder par l’un des naufrages les plus commentés de l’entre-deux-guerres, et emporter avec lui le journaliste Albert Londres, alors âgé de 47 ans.

Une nuit dans le golfe d'Aden

L’incendie se déclare vers 1h30 du matin. L’équipage lutte jusqu’à 4h30 avant de devoir se résoudre à abandonner le navire au petit matin. La carcasse du Georges Philippar, vidée de ses occupants, dérive ensuite pendant trois jours avant de sombrer par plus de 2000 mètres de fond dans le golfe d’Aden.

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Le bilan officiel s’établit à 41 victimes. Fait notable, 35 d’entre elles voyageaient en première classe, précisément là où le feu avait pris naissance.

Des sauveteurs venus de plusieurs pavillons

Les naufragés sont recueillis par plusieurs navires présents dans la zone : le pétrolier russe Sovietskaïa Neft ainsi que les cargos anglais Mashud et Contractor. Cette solidarité maritime improvisée, dans une zone de passage internationale, permet de sauver une partie des passagers et de l’équipage.

Un navire déjà marqué avant son naufrage

Le Georges Philippar avait été lancé le 6 novembre 1930 à Saint-Nazaire. Il était le sister-ship du Félix Roussel et de l’Aramis, deux paquebots construits sur le même modèle pour la desserte de l’Extrême-Orient.

Dès sa construction, le navire avait connu un premier incident : le 29 novembre 1930, un incendie s’était déclaré dans les cales réfrigérantes, provoqué par un court-circuit. Un signe qui, avec le recul, prend une résonance particulière au regard du sinistre de mai 1932.

Albert Londres et son enquête disparue

Albert Londres rentrait de Chine, où il enquêtait sur un trafic d’armes et d’opium impliquant la Marine française. Avant d’embarquer sur le Georges Philippar, il avait qualifié son reportage de « dynamite », laissant entendre l’ampleur des révélations qu’il s’apprêtait à publier.

Ses notes d’enquête ont disparu dans l’incendie qui a ravagé le navire. Le reportage n’a jamais été retrouvé ni reconstitué : il reste, à ce jour, définitivement perdu.

Ce qu'il reste aujourd'hui

Le navire lui-même repose par plus de 2000 mètres de fond dans le golfe d’Aden, là où il a fini par sombrer après trois jours de dérive. Aucune trace physique du Georges Philippar n’est donc accessible aujourd’hui.

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En revanche, la documentation sur le drame a survécu. Les archives French Lines & Compagnies, conservées au Havre, rassemblent 23 cartons de documentation technique et judiciaire sur le naufrage, consultables par le public.

Questions frequentes

Où se trouve l'épave du Georges Philippar aujourd'hui ?

Le navire a coulé après trois jours de dérive, par plus de 2000 mètres de fond dans le golfe d’Aden.

Que sait-on du reportage qu'Albert Londres rapportait de Chine ?

Il enquêtait sur un trafic d’armes et d’opium impliquant la Marine française, un reportage qu’il qualifiait de « dynamite ». Ses notes ont brûlé avec le navire et n’ont jamais été retrouvées.

Peut-on consulter des documents sur ce naufrage ?

Oui, les archives French Lines & Compagnies au Havre conservent 23 cartons consacrés au drame, consultables par le public.

Sources

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