Pour voyager en Méditerranée loin des foules, misez sur des lieux restés à l’écart des grands flux : Ithaque en Grèce, Villajoyosa en Espagne, Palmarola en Italie, Dalyan en Turquie, le massif du Troodos à Chypre, l’île de Gozo à Malte et la Riviera albanaise. Tous se rejoignent depuis un aéroport ou un port fréquenté, mais demandent un ferry, une route de montagne ou un bateau de plus. C’est ce petit effort qui les protège. Mai, juin et septembre restent les meilleurs mois pour en profiter au calme.
Les 7 destinations en un coup d’œil
Ces sept lieux se répartissent entre îles, côte et montagne : le tableau ci-dessous résume pour chacun le type de séjour, le principal point d’accès et la meilleure période pour éviter l’affluence. Les deux îles grecque et italienne sont les plus confidentielles ; Gozo et la Riviera albanaise sont les plus faciles d’accès, mais aussi celles qui se remplissent le plus vite en plein été.
| Destination | Pays | Type | Accès | Période conseillée |
|---|---|---|---|---|
| Ithaque | Grèce | Île, randonnée, criques | Ferry depuis Céphalonie | Mai-juin, septembre |
| Villajoyosa | Espagne | Ville côtière, plages | Route ou tram depuis Alicante | Avril-juin, septembre-octobre |
| Palmarola | Italie | Île sauvage, baignade | Bateau depuis Ponza | Juin, septembre |
| Dalyan | Turquie | Delta, site antique, plage | Route depuis Dalaman | Mai-juin, septembre-octobre |
| Troodos | Chypre | Montagne, villages, églises | Route depuis Limassol | Été (fraîcheur), printemps |
| Gozo | Malte | Île rurale, plongée, sites préhistoriques | Ferry depuis Malte | Avril-juin, octobre |
| Riviera albanaise | Albanie | Côte, plages, site antique | Route depuis Vlora ou Saranda | Juin, septembre |
1. Ithaque, l’île d’Ulysse en mer Ionienne (Grèce)
Ithaque est une petite île grecque de la mer Ionienne, voisine de Céphalonie, connue comme la patrie légendaire d’Ulysse dans l’Odyssée. Moins fréquentée que sa grande voisine, elle attire surtout des randonneurs, des plaisanciers et des voyageurs en quête de criques calmes. On y accède par ferry depuis Sami, à Céphalonie, l’île disposant d’un aéroport international.

Le relief est vert et accidenté, couvert d’oliviers et de cyprès. Vathy, le chef-lieu, s’étire au fond d’une baie profonde ; au nord, les petits ports de Kioni et de Frikes accueillent surtout des voiliers. Des sentiers relient les villages et offrent de larges vues sur la mer et sur Céphalonie.
Les amateurs d’histoire y trouvent des vestiges archéologiques associés par la tradition au royaume d’Ulysse. Le soir, les tavernes des ports servent une cuisine simple : poisson grillé, légumes, huile d’olive de l’île. Comptez au moins 3 jours pour en faire le tour sans courir ; louer un scooter ou une voiture facilite l’accès aux criques.
2. Villajoyosa, la ville aux maisons colorées de la Costa Blanca (Espagne)
Villajoyosa (La Vila Joiosa en valencien) est une ville côtière de la province d’Alicante, en Espagne, célèbre pour ses façades multicolores alignées face à la mer. Située à une trentaine de kilomètres au nord-est d’Alicante, juste avant Benidorm, elle offre une Costa Blanca plus tranquille et plus authentique que les grandes stations voisines.

Selon la tradition locale, ces couleurs vives permettaient aux marins de repérer leur maison depuis le large. Le centre historique se parcourt à pied par des ruelles étroites qui descendent vers le front de mer. Plusieurs plages de sable et de galets se succèdent le long de la commune ; hors juillet-août, elles restent bien plus calmes que celles de Benidorm.
Villajoyosa est aussi une ville du chocolat : la marque Valor y est née et son musée se visite. Le port de pêche reste actif et les restaurants proches servent produits de la mer et riz à la valencienne. La ville est desservie par le tram côtier (TRAM d’Alacant), pratique pour venir sans voiture depuis Alicante.
Si l’Italie vous tente davantage que l’Espagne, voyez aussi cette région italienne méconnue qui rivalise avec les Pouilles et les Cinque Terre.
3. Palmarola, l’île sauvage de l’archipel des Pontines (Italie)
Palmarola est une petite île volcanique de l’archipel des îles Pontines, au large du Latium, en mer Tyrrhénienne. Pratiquement inhabitée, sans route ni port de ferry, elle n’est accessible qu’en bateau depuis sa voisine Ponza, elle-même reliée au continent par ferry depuis Formia, Terracina ou Anzio. C’est ce qui explique son calme.

L’île frappe par ses falaises escarpées, ses aiguilles rocheuses et ses grottes marines, sculptées dans la roche volcanique. La Cala del Porto, sur la côte ouest, sert de mouillage naturel aux bateaux qui y passent la journée. La végétation méditerranéenne couvre les pentes les moins abruptes.
L’essentiel se vit depuis l’eau : baignade, snorkeling le long des rochers, tour de l’île en bateau. Le plus simple est de réserver une excursion à la journée au port de Ponza ou de louer un bateau avec skipper. Évitez le mois d’août et les week-ends d’été, quand les embarcations venues de Ponza se multiplient.
4. Dalyan, entre delta, tombeaux rupestres et tortues (Turquie)
Dalyan est une petite ville de la province de Muğla, dans le sud-ouest de la Turquie, installée au bord d’une rivière qui relie le lac de Köyceğiz à la mer Méditerranée. Elle combine un site antique, celui de Kaunos, une réserve naturelle de roselières et la plage d’İztuzu, longue d’environ 4,5 km et protégée pour la ponte des tortues caouannes.

Les tombeaux taillés dans la falaise face à la ville sont souvent appelés « tombeaux lyciens ». Ils appartiennent en réalité à l’ancienne cité de Kaunos, à la frontière de la Carie et de la Lycie, et datent pour l’essentiel du IVe siècle av. J.-C. Le site de Kaunos, sur l’autre rive, se visite.
La rivière se parcourt en bateau à travers les roselières, refuge de nombreux oiseaux. Les bateaux-taxis mènent à İztuzu, à l’embouchure. Du 1er mai au 31 octobre, la plage est fermée au public de 20 h à 8 h pour limiter le bruit et la lumière qui perturbent les tortues : la baignade se fait donc en journée uniquement. Les bains de boue et les sources chaudes de la région complètent souvent l’excursion.
Dalyan se rejoint par la route depuis l’aéroport de Dalaman, le plus proche. La cuisine locale se goûte dans les restaurants du bord de rivière.
5. Le massif du Troodos, la montagne de Chypre
Le Troodos est le massif montagneux du centre de Chypre, couvert de forêts de pins et culminant au mont Olympe, à 1 952 m d’altitude. Il offre une alternative fraîche aux stations balnéaires de l’île : les températures y sont nettement plus basses qu’en bord de mer en été, et la neige permet même de skier en hiver.

Les villages de pierre aux toits de tuiles, comme Kakopetria ou Omodos, s’accrochent aux vallées et perpétuent la viticulture et la vie rurale. Le massif abrite surtout les églises peintes de la région de Troodos, un ensemble de 10 églises et monastères byzantins inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO pour leurs fresques, réalisées entre le XIe et le XVIe siècle.
Des sentiers balisés partent des environs du mont Olympe et traversent forêts et points de vue. La cuisine de montagne privilégie les plats mijotés, les charcuteries locales et le vin. Le massif se rejoint en voiture depuis Limassol ou Nicosie ; une voiture de location est quasi indispensable pour circuler entre les villages.
6. Gozo, la sœur rurale de Malte
Gozo est la deuxième île de l’archipel maltais, plus verte, plus rurale et plus calme que Malte. Elle se rejoint en ferry en 25 minutes environ entre Ċirkewwa, au nord de Malte, et Mġarr, le port de Gozo. On y vient pour ses sites préhistoriques, ses falaises, ses criques et la plongée, l’une des meilleures de Méditerranée.

Les temples mégalithiques de Ġgantija, édifiés vers 3600-3200 av. J.-C., sont plus anciens que les pyramides d’Égypte et figurent au patrimoine mondial de l’UNESCO. La citadelle fortifiée de Victoria (Rabat), au centre de l’île, offre une vue sur presque tout Gozo.
Le littoral alterne falaises et criques étroites, comme Wied il-Għasri. La célèbre Fenêtre d’Azur, arche naturelle de Dwejra, s’est effondrée lors d’une tempête en mars 2017 ; le site reste un haut lieu de plongée. L’artisanat local perpétue la dentelle et le verre soufflé, et la cuisine gozitaine met en avant fromages de brebis, ftira et produits de la mer.
7. La Riviera albanaise, de Vlora à Saranda (Albanie)
La Riviera albanaise est la portion de côte du sud de l’Albanie qui s’étend de Vlora à Saranda, le long de la mer Ionienne (et non de l’Adriatique). Les montagnes y plongent directement dans la mer et des plages de galets blancs alternent avec des villages de pierre. Les prix y restent généralement inférieurs à ceux de la Grèce ou de l’Italie voisines.

Après le col de Llogara, la route côtière dessert Dhërmi, Himarë et leurs criques. Plus au sud, Ksamil est connue pour ses petits îlots proches du rivage et son eau très claire. Le parc national de Butrint, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, conserve les vestiges d’une cité occupée de l’Antiquité grecque jusqu’à l’époque vénitienne.
Soyons honnêtes : la Riviera n’est plus un secret. En juillet et en août, Ksamil et Dhërmi sont très fréquentées. En juin ou en septembre, la côte retrouve son calme et la mer reste chaude. La cuisine mêle influences grecques et italiennes, autour des produits de la mer et de l’huile d’olive. Pour d’autres pistes du même type, lisez notre article sur les pays émergents du tourisme à découvrir avant la foule.
Nos conseils pour voyager en Méditerranée loin des foules
Le moyen le plus sûr d’éviter la foule en Méditerranée est de jouer sur la saison et sur l’heure plutôt que sur la seule destination. Même un lieu peu connu se remplit le 15 août, alors qu’un site célèbre reste calme à 8 h du matin en juin.
- Visez mai, juin, septembre et début octobre : la mer est baignable et les hébergements moins chers.
- Arrivez tôt sur les plages et les sites, avant les excursions à la journée.
- Logez sur place plutôt que de venir en excursion : le soir, ces lieux se vident.
- Réservez les ferries à l’avance en été, surtout pour Gozo et Ponza le week-end.
- Respectez les règles locales, comme la fermeture nocturne d’İztuzu.
Pour aller plus loin, consultez notre sélection des criques les mieux cachées de Méditerranée accessibles à pied et nos 7 îles où il fait beau toute l’année, loin des foules.
Questions fréquentes
Où partir en Méditerranée sans trop de touristes ?
Ithaque en Grèce, Palmarola en Italie et le massif du Troodos à Chypre comptent parmi les lieux les plus calmes. Leur accès demande un ferry, un bateau ou une route de montagne, ce qui limite la fréquentation, surtout en dehors de juillet et d’août.
Quand partir en Méditerranée pour éviter la foule ?
Mai, juin, septembre et début octobre offrent le meilleur compromis : mer baignable, journées longues et fréquentation bien plus faible qu’en plein été. Le mois d’août est à éviter partout, y compris dans les destinations peu connues.
Comment aller à Palmarola ?
Palmarola n’a pas de ferry régulier : on y va en bateau depuis Ponza, en excursion à la journée ou en location avec skipper. Ponza est elle-même reliée au Latium par ferry depuis Formia, Terracina ou Anzio.
Peut-on se baigner à İztuzu la nuit ?
Non. Du 1er mai au 31 octobre, la plage d’İztuzu à Dalyan est fermée au public de 20 h à 8 h pour protéger la ponte des tortues caouannes. La baignade y est possible en journée.
Combien de temps faut-il pour aller à Gozo depuis Malte ?
Le ferry entre Ċirkewwa, au nord de Malte, et Mġarr, à Gozo, met environ 25 minutes. Il faut ajouter le trajet jusqu’à Ċirkewwa depuis La Valette ou l’aéroport.
Sources et vérifications
Informations vérifiées en octobre 2026.




