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Imber, le village anglais vidé en 1943 et jamais rendu

Temps de lecture estimé : 4 minute(s)

A retenir : En novembre 1943, 150 à 152 habitants d’Imber reçoivent 47 jours pour quitter leur village afin que les troupes américaines s’y entraînent avant l’invasion de l’Europe. Jamais rendu, le site reste propriété du Ministry of Defence, visible seulement lors de rares journées portes ouvertes.

Sur la plaine de Salisbury, dans le Wiltshire, au sud de l’Angleterre, une route habituellement barrée par des panneaux militaires mène à un village qui n’existe plus que quelques jours par an. Imber ne figure sur aucun itinéraire touristique ordinaire : on ne s’y rend que lorsque le Ministry of Defence l’autorise, et uniquement entre 8h et 18h, les jours fixés par l’armée elle-même.

Le 1er novembre 1943, les habitants reçoivent un avis officiel : 47 jours pour quitter leurs maisons. Entre 150 et 152 personnes abandonnent alors fermes, jardins et église pour laisser place aux troupes américaines, qui s’y entraînent avant l’invasion de l’Europe. On leur promet un retour sous six mois, ou à la fin de la guerre au plus tard. Cette promesse n’a jamais été tenue.

Quarante-sept jours pour tout quitter

L’éviction de 1943 n’est pas improvisée du jour au lendemain. Depuis les années 1890 et jusque dans les années 1920, le War Office rachète progressivement les terres et les propriétés d’Imber, parcelle après parcelle, ferme après ferme. Quand l’ordre d’évacuation tombe à l’automne 1943, l’armée possède déjà une large part du village : il ne reste plus qu’à en faire partir les habitants.

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Les 150 à 152 résidents reçoivent donc cet avis du 1er novembre 1943 : 47 jours pour s’organiser, trouver un autre toit, déménager bétail et mobilier. L’urgence tient à la préparation de l’invasion de l’Europe : les troupes américaines ont besoin d’un terrain d’entraînement grandeur nature, avec des rues, des maisons, une église, pour répéter le combat en zone bâtie avant le débarquement.

Une promesse jamais tenue

Les villageois partent avec la conviction de revenir rapidement, une fois la guerre terminée. Pendant des décennies, rien ne change. Dans les années 1970, une enquête publique menée par le Defence Lands Committee examine la question du retour. La lettre d’éviction originale de 1943 refait même surface durant les débats. Mais la commission recommande malgré tout le maintien du contrôle militaire sur le village.

Depuis, Imber n’a jamais été restitué. Le Ministry of Defence continue d’en faire un terrain d’entraînement au combat urbain, utilisé pour préparer les soldats britanniques à des opérations bien postérieures à 1943, y compris des scénarios liés à l’IRA et, plus récemment, à l’Afghanistan et aux talibans. Le village sert toujours à ce pour quoi on l’a vidé : simuler la guerre dans des rues habitées.

Ce qu'il reste : une église du XIIIe siècle

De tout Imber, un seul bâtiment reste accessible au public toute l’année relative à des dates fixées : l’église Saint Giles, construite au XIIIe siècle et classée Grade I. Elle est entretenue par la Churches Conservation Trust, organisation chargée de préserver les édifices religieux anglais désaffectés mais historiquement précieux.

Un détail surprend souvent les visiteurs : à l’intérieur de Saint Giles, impossible de payer par carte bancaire. Seuls les espèces sont acceptées, pour les dons ou les éventuels achats sur place. Un paiement d’un autre temps, à l’image du lieu.

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Visiter Imber en 2026

Le reste de l’année, l’accès au village est strictement interdit, sous peine de poursuites. Il ne s’ouvre que lors de journées portes ouvertes décidées par le Ministry of Defence, dates qui varient chaque année selon le calendrier d’entraînement militaire.

En 2026, deux fenêtres sont prévues : le week-end de Pâques, du 4 au 6 avril, et le week-end férié d’août, du 29 au 31 août. Les routes menant au village sont accessibles de 8h à 18h durant ces journées. L’entrée, au village comme à l’église, est entièrement gratuite, sans billet ni réservation à prévoir.

Chaque année, environ 16 000 personnes profitent de ces ouvertures ponctuelles pour parcourir les rues figées d’Imber. Parmi elles, 4 000 viennent spécifiquement pour l’Imberbus, un événement caritatif annuel qui fait circuler des bus d’époque jusqu’au village, le temps d’une journée.

Questions frequentes

Peut-on visiter Imber toute l'année ?

Non. L’accès est interdit en dehors des journées portes ouvertes fixées par le Ministry of Defence, sous peine de poursuites.

Faut-il réserver pour visiter Imber ?

Non, l’entrée est gratuite et ne nécessite ni billet ni réservation lors des journées d’ouverture.

Peut-on payer par carte à l'église Saint Giles ?

Non, seuls les paiements en espèces sont acceptés sur place.

Quelles sont les dates d'ouverture d'Imber en 2026 ?

Du 4 au 6 avril (week-end de Pâques) et du 29 au 31 août (week-end férié), routes accessibles de 8h à 18h.

Sources

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