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A retenir : Disparu le 31 juillet 1944 au large de la Corse, l’avion de Saint-Exupéry est localisé en 2000 par 85 mètres de fond au large de l’île de Riou, dans les Calanques de Marseille. L’identification officielle n’intervient qu’en 2004, grâce au numéro 2734 retrouvé sur un turbocompresseur Lockheed.
Au large de Marseille, dans le périmètre du Parc national des Calanques, l’île de Riou garde un secret par 85 mètres de fond. On y accède en bateau depuis les ports marseillais, mais ce que recèle le fond marin échappe aux promeneurs du littoral : il faut plonger, et plonger loin, pour l’approcher. C’est là que repose depuis 1944 l’épave du Lockheed Lightning P-38 piloté par Antoine de Saint-Exupéry.
L’écrivain disparaît le 31 juillet 1944, lors d’une mission de reconnaissance au-dessus de la vallée du Rhône, parti de Borgo en Corse. Pendant plus de cinquante ans, aucune trace tangible ne vient confirmer où et comment l’appareil s’est abîmé. Il faudra un pêcheur, un plongeur marseillais obstiné et deux ans de tractations administratives pour que l’énigme trouve, en 2004, une réponse officielle.
Sommaire
Une gourmette dans un filet de pêche
Le 7 septembre 1998, le pêcheur Jean-Claude Bianco remonte dans ses filets un objet qui va relancer l’enquête : une gourmette gravée aux initiales de l’écrivain. La découverte, inattendue, redonne de l’élan à des recherches qui piétinaient depuis des décennies et oriente les regards vers le secteur de l’île de Riou.
Riou, 2000 : une épave au milieu d'autres épaves
Le 27 mai 2000, le plongeur marseillais Luc Vanrell annonce avoir localisé l’épave au large de Riou, par 85 mètres de fond. Ce n’est pas une découverte totalement nouvelle : Vanrell avait déjà repéré des débris d’avion sur ce même site dès les années 1980, sans les relier alors à Saint-Exupéry.
Le problème, c’est que le secteur est encombré. Plusieurs avions Lightning P-38 s’y sont abîmés pendant la guerre, et le site abrite en réalité deux épaves distinctes : celle du P-38 de Saint-Exupéry et celle d’un chasseur allemand Messerschmitt Bf 109, tombé à un tout autre moment. Localiser un avion est une chose ; prouver qu’il s’agit du bon en est une autre.
L'enquête technique : vétérans et ingénieurs Lockheed
Pour trancher, Vanrell contacte un groupe de vétérans pilotes de chasseurs, puis des ingénieurs du constructeur Lockheed lui-même. Il faut croiser les témoignages, les plans de l’appareil et les caractéristiques techniques pour espérer distinguer, parmi les débris, ce qui appartient réellement au Lightning de l’écrivain.
2003 : la remontée des fragments
Entre le 1er et le 3 septembre 2003, le DRASSM fait remonter des fragments de l’appareil, dont une jambe de train d’atterrissage. Cette opération intervient après deux ans de tractations gouvernementales, signe que la question dépasse largement le cadre d’une simple plongée de loisir.
C’est l’expertise de ces fragments qui livre la preuve décisive : sur le caisson du turbocompresseur gauche figure le numéro d’identification 2734, attribué par le constructeur Lockheed. Ce numéro de série permet de rattacher sans ambiguïté la pièce à l’appareil disparu en 1944.
7 avril 2004 : la confirmation officielle
Le 7 avril 2004, les autorités françaises confirment officiellement que l’épave correspond bien au Lockheed Lightning P-38 piloté par Antoine de Saint-Exupéry. Entre la gourmette de 1998 et cette confirmation, il se sera écoulé six ans de recoupements, de plongées et de vérifications techniques.
L'hypothèse du pilote allemand
L’affaire ne s’arrête pas à l’identification matérielle. En mars 2008, l’ancien pilote allemand Horst Rippert affirme, dans les colonnes du journal La Provence, avoir lui-même abattu l’avion de Saint-Exupéry ce 31 juillet 1944. Une déclaration tardive, qui vient ajouter un nom et une version humaine à une histoire jusque-là racontée surtout par des pièces métalliques remontées du fond.
Ce qu'on peut voir aujourd'hui
Le site de l’épave lui-même, à 85 mètres de profondeur au large de Riou, n’est accessible qu’en plongée sous-marine réservée aux plongeurs confirmés : ce n’est pas une destination pour touristes occasionnels, même munis d’un masque et d’un tuba.
Pour qui veut voir une trace tangible de cette histoire sans s’immerger, les débris remontés en 2003, soit environ un dixième de l’appareil, sont aujourd’hui exposés au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget, en région parisienne. C’est là, loin des Calanques, que se termine visuellement une enquête commencée par un filet de pêche et achevée par un numéro de série gravé dans le métal.
Questions frequentes
Où se trouve exactement l'épave de l'avion de Saint-Exupéry ?
Au large de l’île de Riou, dans le périmètre des Calanques de Marseille, par 85 mètres de fond.
Quand l'épave a-t-elle été identifiée avec certitude ?
L’identification officielle date du 7 avril 2004, après la découverte en 2003 du numéro de série 2734 sur un turbocompresseur Lockheed.
Peut-on visiter le site de l'épave ?
Seuls les plongeurs confirmés peuvent y accéder, le site reposant par 85 mètres de fond.
Où voir des éléments de l'avion sans plonger ?
Des fragments remontés en 2003, environ un dixième de l’appareil, sont exposés au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.
Sources
- France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur (2024)
- INA – Les archives (2024)
- Atlas PALM (DRASSM/Ministère de la Culture) (non daté)
- Parc national des Calanques (non daté)
- Sciencepost (août 2026)
- The Cold File (2026)

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