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A retenir : Dans un méandre de l’Aulne, près de Landévennec, une dizaine de navires désarmés de la Marine nationale attendent leur démantèlement. Le site est visible gratuitement depuis un belvédère en bord de route, mais l’accès aux bateaux eux-mêmes est un délit passible de poursuites.
Depuis la route qui longe l’Aulne, rien ne laisse deviner leur présence. Il faut s’arrêter au bon endroit, rue de Kerberon, face à l’abbaye Saint-Guénolé, pour apercevoir enfin les coques grises alignées dans le méandre de la rivière, en contrebas de Landévennec, dans le Finistère. Ce sont des navires de la Marine nationale, désarmés, qui patientent ici avant d’être démantelés ailleurs.
Le lieu est un espace naturel ouvert, accessible en permanence et sans frais. Mais ce qui flotte sur l’eau, en revanche, ne se visite pas : des sentiers descendent bien à travers la forêt jusqu’aux berges, pour une vue plus rapprochée, et un belvédère aménagé offre le point d’observation le plus commode. Au-delà, c’est une emprise militaire, et la gendarmerie veille.
Sommaire
Une base navale née sous le Second Empire
L’histoire du site remonte à 1840, lorsqu’une station navale est créée à Landévennec. Le choix du lieu n’a rien d’anodin : ce méandre protégé de l’Aulne, en amont de la rade de Brest, offre un mouillage abrité, loin des regards et des tempêtes. En 1856, Napoléon III officialise la vocation du site en y créant une réserve spéciale de la Marine, avec statut de base navale. Deux ans plus tard, en 1858, l’empereur et l’impératrice Eugénie viennent eux-mêmes visiter l’installation.
L’épisode le plus dramatique de cette histoire se joue en août 1944 : les occupants allemands sabordent l’Armorique, un navire-école transformé en bâtiment atelier qui mouillait sur le site. L’événement marque la mémoire locale et rappelle que ce recoin tranquille de l’Aulne a traversé les deux guerres mondiales sans jamais changer de fonction première : accueillir des navires que la Marine ne veut plus voir en mer.
Des coques sans nom, un numéro pour seule identité
Aujourd’hui, les bâtiments désarmés peuvent stationner près d’une dizaine d’années à Landévennec avant de rejoindre un chantier de déconstruction. Début 2024, dix bateaux gris étaient ainsi visibles depuis les rives. Une fois désarmées et dépolluées, les coques perdent leur nom : il est effacé, et seul subsiste un numéro d’identification peint sur la coque. C’est cette anonymisation progressive qui donne au site son allure de cimetière — des navires qui ont eu une histoire, une affectation, un équipage, et qui n’ont plus, en fin de parcours, qu’un matricule.
Le gouvernement devait prolonger de trente ans la concession d’occupation temporaire du site, un signe que la base navale de Brest, dont le commandant jugeait le lieu surchargé, comptait continuer à s’en servir durablement. Mais depuis fin 2025, le cimetière se vide : un chantier du Havre a obtenu le contrat de déconstruction, et de nouveaux bateaux sont annoncés pour l’année suivante, dans un mouvement de renouvellement plutôt que d’abandon définitif du site.
Le belvédère, et la ligne à ne pas franchir
Pour observer les coques sans s’exposer à des ennuis, le point de repère est simple : un belvédère aménagé en bord de route, rue de Kerberon, en direction de l’abbaye Saint-Guénolé. C’est depuis là que la vue d’ensemble sur le méandre est la plus dégagée. Les sentiers de randonnée qui descendent à travers la forêt jusqu’aux berges permettent ensuite de se rapprocher, offrant une perspective plus intime sur les navires immobiles.
Ce qui sépare le promeneur curieux du délinquant, c’est une ligne d’eau. Le 9 juin 2023, deux individus montés à bord de deux bateaux ont été interpellés par la gendarmerie et placés en garde à vue. La préfecture maritime qualifie ce type d’intrusion sur une emprise militaire de délit passible de poursuites judiciaires, et rappelle que le site est dangereux, avec des risques de chute bien réels sur des coques vieillissantes et sans entretien courant. Le message est clair : on regarde depuis la rive, on n’embarque pas.
Questions frequentes
Peut-on visiter librement le site du cimetière naval de Landévennec ?
L’espace naturel autour du méandre est accessible en permanence et gratuitement, mais l’accès aux navires eux-mêmes est strictement interdit au public.
Combien de navires sont actuellement visibles à Landévennec ?
Début 2024, dix bateaux gris étaient recensés sur le site ; ce nombre évolue, le cimetière se vidant progressivement depuis fin 2025 avec l’arrivée d’un nouveau chantier de déconstruction.
D'où vient le nom de cimetière naval ?
Les navires désarmés y stationnent parfois près d’une dizaine d’années avant démantèlement, perdant leur nom effacé au profit d’un simple numéro d’identification.
Sources
- Wikipédia – Cimetière des navires de Landévennec (mis à jour 2026)
- France 3 Régions – Intrusion au cimetière marin (13 juin 2023)
- ICI (ex-France Bleu) – Le cimetière n'est pas près de disparaître (2023)
- Mer et Marine (rédaction Le Télégramme) – Landevennec, la réserve de la Marine (2019)
- France Info – Le cimetière de bateaux se vide (2025)
- Routard – Visiter le cimetière de bateaux (non daté)
- Bretonne en vadrouille – Accéder au cimetière (2021)

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