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Curon : le clocher du XIVe siècle debout dans le lac Resia

Temps de lecture estimé : 3 minute(s)

A retenir : En juillet 1950, la mise en eau d’un barrage hydroélectrique a englouti le village de Curon, au Tyrol du Sud : 163 maisons et 523 hectares de vergers disparus sous le lac de Resia. Seul le clocher roman de 1357 émerge encore aujourd’hui, accessible à pied sur la glace l’hiver.

Au Tyrol du Sud, tout au nord de l’Italie, le lac de Resia étire ses eaux sur six kilomètres de long et un kilomètre de large au maximum. Au milieu, un clocher roman pointe seul, hors de l’eau, comme planté là par erreur. Ce n’est pas une installation artistique. C’est tout ce qui reste visible du village de Curon, englouti en juillet 1950.

L’édifice date de 1357. Il appartenait à l’ancienne église Sainte-Catherine d’Alexandrie, au cœur d’un village qui comptait 163 maisons et 523 hectares de vergers avant que les ingénieurs d’un projet hydroélectrique ne décident d’en faire un réservoir.

Un village sacrifié pour l'électricité

L’histoire commence en février 1943, quand la concession hydraulique est accordée à Montecatini, filiale de la SEAA. Le projet prend forme après la guerre : en 1947, Montecatini reçoit 30 millions de francs suisses de la société Elektrowatt pour financer la construction du barrage.

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La mise en eau a lieu en juillet 1950. La fusion de deux lacs préexistants fait alors monter le niveau de l’eau de 22 mètres côté Resia et de 27 mètres côté Curon. Le village, ses maisons et ses vergers disparaissent sous la surface. Le nouveau lac artificiel atteint une capacité de 120 millions de mètres cubes.

Jusqu'au Vatican, en vain

Les habitants de Curon n’ont pas assisté passivement à la disparition de leur village. Ils se sont rendus jusqu’au Vatican pour demander au pape d’intervenir et d’empêcher les travaux. La démarche n’a rien changé : le barrage s’est construit comme prévu, et le village a été englouti quelques années plus tard.

Le clocher, seul vestige debout

Construit il y a plus de 700 ans, le clocher a résisté à la submersion alors que tout le reste du village disparaissait. Des fissures sont apparues au fil des décennies, menaçant la structure, ce qui a conduit à une restauration en juillet 2009.

L’édifice reste aujourd’hui le seul repère visible de l’ancien Curon. En hiver, quand le lac gèle entièrement, il devient possible de s’en approcher à pied directement sur la glace, une expérience que beaucoup de visiteurs viennent chercher précisément pour cette raison.

2021 : quand le lac se vide

En 2021, le lac a été vidangé pour des opérations de maintenance. L’eau retirée a fait réapparaître des fragments du village englouti : des briques, des pans de murs et des marches d’escalier, restés intacts sous la surface pendant plus de soixante-dix ans. Ces vestiges ont rapidement disparu à nouveau sous l’eau une fois le niveau du lac rétabli.

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Comment y aller

Depuis Paris, il n’existe aucun train direct vers le lac de Resia. Le trajet le plus rapide, combinant train et bus, prend environ 9h15. Aucun tarif d’entrée spécifique n’a été identifié pour accéder au site : le clocher se visite librement, depuis les rives du lac ou, l’hiver, sur la glace elle-même.

Questions frequentes

Peut-on marcher jusqu'au clocher ?

Oui, mais seulement l’hiver, quand le lac de Resia gèle entièrement. Le clocher devient alors accessible à pied sur la glace.

Le village de Curon existe-t-il encore ?

Non, il a été englouti en juillet 1950 lors de la mise en eau du barrage. Seul le clocher roman de 1357 reste visible au-dessus de la surface.

Faut-il payer pour voir le clocher ?

Aucun billet d’entrée spécifique n’a été identifié ; le site est accessible librement depuis les rives du lac.

Pourquoi le village a-t-il été englouti ?

Pour la construction d’un barrage hydroélectrique, dont la concession a été accordée à Montecatini en février 1943, avec un financement complémentaire d’Elektrowatt en 1947.

Sources

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