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A retenir : Le Surcouf, plus grand sous-marin du monde de son époque, a disparu corps et biens dans la nuit du 18 au 19 février 1942 au nord du canal de Panama, avec 130 hommes. Deux rapports d’enquête, américain et français, se contredisent encore sur la cause exacte, et l’épave n’a jamais été retrouvée.
Le 12 février 1942, à 15 heures, un sous-marin quitte les Bermudes. Il s’appelle le Surcouf, il est alors le plus grand sous-marin militaire du monde en tonnage, et il met le cap sur Tahiti, via le canal de Panama. À son bord, 130 hommes. Une semaine plus tard, il n’existe plus. Ni signal, ni débris identifiés, ni survivant : le Surcouf s’évanouit dans la nuit du 18 au 19 février 1942, au nord du canal de Panama, par 11° nord et 79° ouest.
Ce qui suit n’est pas un mystère entretenu par manque d’enquête. Deux commissions, l’une américaine, l’autre française, se sont penchées sur l’affaire. Elles n’ont jamais raconté la même histoire.
Sommaire
Un géant construit pour dominer, pas pour disparaître
Le Surcouf avait été lancé le 18 novembre 1929 et armé le 16 avril 1934. Pendant près d’une décennie, il incarne une catégorie à lui seul : le plus grand sous-marin militaire du monde en tonnage, un record qu’il conservera jusqu’à l’arrivée des I-400 japonais en 1943. Ce gabarit hors norme en faisait un symbole autant qu’un outil de guerre — et c’est ce symbole qui s’embarque, en février 1942, pour une traversée qui doit le mener jusqu’en Polynésie française.
Des Bermudes au nord du Panama, une semaine de mer
La route prévue est longue : des Bermudes à Tahiti, via le canal de Panama. Le sous-marin appareille le 12 février 1942 en début d’après-midi. Six jours plus tard, dans la nuit du 18 au 19 février, il disparaît au nord du canal, par 11° nord et 79° ouest — une zone de mer alors sous surveillance militaire intense, en pleine bataille de l’Atlantique. Les 130 hommes d’équipage meurent cette nuit-là. Aucun survivant ne sera jamais retrouvé.
Un cargo, un hydravion, deux rapports qui s'affrontent
Le rapport officiel américain tranche en faveur d’un abordage accidentel : le Surcouf aurait été percuté par le SS Thompson Lykes, un cargo d’environ 7 000 tonnes parti de Cristobal l’après-midi du 18 février 1942, à destination de Cuba. Des guetteurs du cargo affirment avoir entendu des appels au secours lancés en anglais dans la nuit — sans que le navire ne s’arrête pour porter secours.
Mais la commission d’enquête française propose une tout autre explication : une méprise d’un hydravion américain PBY Catalina, alors en patrouille anti-sous-marine dans le secteur, qui aurait pu attaquer le Surcouf en le prenant pour un sous-marin ennemi. Fait troublant : la commission américaine elle-même reconnaît, dans ses propres conclusions, que rien n’était vraiment évident pour étayer la thèse de l’éperonnage par le Thompson Lykes auprès des témoins interrogés. Deux rapports officiels, deux coupables différents, et aucune certitude tranchée depuis.
L'annonce, deux mois plus tard, à Londres
La disparition n’est pas rendue publique immédiatement. C’est le quartier général de la France libre, à Londres, qui annonce la perte du Surcouf le 18 avril 1942 — deux mois après les faits. Le New York Times reprend l’information dès le lendemain, le 19 avril 1942, donnant à l’affaire un retentissement international.
Ce qui reste visible aujourd'hui
L’épave du Surcouf n’a jamais été localisée, malgré des recherches menées depuis 1942. Rien ne subsiste donc du sous-marin lui-même, ni site de plongée, ni musée dédié à l’épave. En revanche, des corps de marins furent repêchés après le naufrage et enterrés dans le cimetière d’un village côtier situé près du cap San Blas, au Panama — un lieu de mémoire discret, sans mise en valeur touristique particulière, mais qui existe toujours et marque, à sa façon, le seul point fixe de toute cette histoire.
Questions frequentes
Où se trouve exactement le lieu de la disparition du Surcouf ?
Le sous-marin a disparu dans la nuit du 18 au 19 février 1942 au nord du canal de Panama, dans la mer des Caraïbes, par 11° nord et 79° ouest.
Peut-on visiter l'épave du Surcouf ?
Non, l’épave n’a jamais été retrouvée malgré les recherches menées depuis 1942. Aucun site de plongée ni musée ne lui est donc associé.
Que reste-t-il concrètement visible aujourd'hui ?
Le cimetière d’un village côtier proche du cap San Blas, au Panama, où furent enterrés des corps de marins repêchés après le naufrage.
Quelle est la cause officielle de la disparition ?
Deux versions coexistent : le rapport américain évoque un abordage accidentel avec le cargo SS Thompson Lykes, le rapport français privilégie une méprise d’un hydravion PBY Catalina en patrouille.
Sources
- Wikipédia – Surcouf (sous-marin) (consulté oct. 2026)
- Wikimanche – Surcouf (NN-3) (consulté oct. 2026)
- Amicale Rubis – 18 février 1942, Sous-marin SURCOUF (2023)
- SilverHawkAuthor – French cruiser submarine FS Surcouf lost 18 Feb 1942 (consulté oct. 2026)
- Forum Le Monde en Guerre – Le Surcouf et son hydravion (2021)
- Sciencepost – La France a eu le plus grand sous-marin du monde (2026)

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