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Le paquebot Normandie brûle à New York, le 9 février 1942

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A retenir : Le 9 février 1942, le paquebot Normandie, réquisitionné et rebaptisé USS Lafayette, prend feu au Pier 88 de New York à cause d’étincelles de chalumeau. Mal éteint faute de raccords compatibles, il chavire le lendemain avant d’être vendu à la ferraille en 1946.

Le 29 mai 1935, le Normandie quitte Le Havre pour New York. C’est son voyage inaugural, et il annonce la couleur : ce paquebot est le plus grand et le plus rapide du monde. À plusieurs reprises, il arrache au Queen Mary le Ruban bleu, ce trophée informel qui récompense la traversée transatlantique la plus rapide. Pendant quelques années, le nom du Normandie circule dans toute la presse comme celui d’une prouesse française.

Sept ans plus tard, le même navire gît sur le flanc dans l’Hudson, à quelques mètres du quai où il devait appareiller. Entre les deux images, il y a une guerre, une saisie, un chalumeau, et douze minutes de retard qui ont tout changé.

Du fleuron du Havre au transport de troupes

La guerre rattrape le Normandie bien avant qu’il ne quitte son port d’attache. Le 12 décembre 1941, cinq jours après l’attaque de Pearl Harbor, les garde-côtes américains saisissent le paquebot par droit d’angarie — ce droit qui permet à un État belligérant de réquisitionner un navire étranger présent sur son territoire. Le fleuron de la Compagnie Générale Transatlantique change alors de nom : il devient l’USS Lafayette.

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Au moment des faits, le navire n’est plus un paquebot de croisière mais un chantier. Amarré au Pier 88 de New York, il est en cours de conversion en transport de troupes. C’est dans ce contexte de travaux, avec du matériel inflammable entreposé à bord, que tout va basculer.

Douze minutes qui ont tout changé

Le 9 février 1942, à 14h30, des étincelles jaillissent du chalumeau que manie un ouvrier, Clement Derrick. Elles enflamment des gilets de sauvetage en kapok, stockés dans le salon de première classe — un matériau hautement inflammable, entreposé là en pleine conversion militaire.

Le feu prend vite. Mais les pompiers de New York ne sont appelés que douze minutes après le début de l’incendie, un délai qui laisse aux flammes le temps de gagner du terrain. Et quand les secours arrivent enfin, un autre problème surgit : les lances d’incendie new-yorkaises ne s’adaptent pas aux raccords métriques des prises d’eau du navire, conçu selon les normes françaises. Malgré cet obstacle, les pompiers parviennent à déverser entre 6 000 et 10 000 tonnes d’eau sur le brasier.

Le naufrage dans son propre port

Cette masse d’eau, destinée à éteindre l’incendie, finit par déséquilibrer le navire. Vers 2h45, le 10 février 1942, le Normandie chavire, couché à 80 degrés sur son flanc bâbord, directement dans l’Hudson, à quai, sans avoir pris la mer ni essuyé le moindre combat.

Six enquêtes, un rapport accidentel

L’ampleur du désastre — un navire-symbole détruit en quelques heures dans le port le plus surveillé des États-Unis en pleine guerre — déclenche une cascade d’investigations. Six enquêtes officielles américaines sont menées durant dix-huit mois pour déterminer les responsabilités exactes de l’accident.

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Le rapport du FBI, mené rapidement après l’incendie, tranche la question la plus sensible : il conclut à un départ de feu accidentel, écartant l’hypothèse du sabotage qui circulait alors, en pleine paranoïa de guerre.

La fin de l'épave

Le navire est renfloué à grands frais dans les mois qui suivent. Mais sa restauration s’avère trop coûteuse pour être envisagée sérieusement. L’épave du Normandie, autrefois détentrice du Ruban bleu, est finalement vendue à la ferraille en octobre 1946.

Questions frequentes

Où se trouvait le Normandie au moment de l'incendie ?

Il était amarré au Pier 88, sur l’Hudson, à New York, en cours de conversion en transport de troupes sous le nom d’USS Lafayette.

L'incendie était-il un sabotage ?

Non. Le rapport du FBI, établi peu après les faits, conclut à un départ de feu accidentel, causé par des étincelles de chalumeau sur des gilets de sauvetage en kapok.

Reste-t-il quelque chose du Normandie aujourd'hui ?

Le navire a été renfloué puis vendu à la ferraille en octobre 1946 ; aucune épave ni vestige physique n’est visitable aujourd’hui à New York.

Sources

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