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A retenir : Le plateau d’Albion, entre Vaucluse et Drôme, a abrité 18 silos de missiles nucléaires S3 de 1971 à 1996. Jacques Chirac annonce leur retrait le 22 février 1996 ; la dénucléarisation complète s’achève le 25 février 1998, pour un démantèlement coûtant environ 75 millions d’euros.
Le plateau d’Albion s’étend à cheval sur le Vaucluse et la Drôme, autour des communes de Rustrel et de Reilhanette. Rien, dans le paysage actuel, ne laisse deviner qu’entre 1971 et 1996, dix-huit silos enterrés y ont abrité des missiles capables de frapper à 3 500 kilomètres avec une charge thermonucléaire de 1,2 mégatonne chacun.
Neuf silos à Rustrel, neuf à Reilhanette : chacun mesurait environ 9 mètres de diamètre pour une trentaine de mètres de profondeur, conçu pour loger un missile S3 en alerte permanente. Ce dispositif, pilier de la dissuasion française pendant vingt-cinq ans, a été démonté en deux ans, entre 1996 et 1998, au terme d’une décision politique annoncée en pleine Guerre froide finissante.
Sommaire
Un plateau sous haute alerte, de 1971 à 1996
Pendant un quart de siècle, les dix-huit silos du plateau d’Albion ont fonctionné comme une composante sol-sol de la force de dissuasion française. Chaque silo, enfoui à une trentaine de mètres sous la surface, contenait un missile S3 équipé d’une tête thermonucléaire TN 61. La portée annoncée, 3 500 kilomètres, situait la zone d’action bien au-delà des frontières européennes.
La répartition entre les deux départements — neuf silos à Rustrel dans le Vaucluse, neuf à Reilhanette dans la Drôme — dessinait un dispositif discret, enterré, sans aucune signalisation visible depuis les routes alentour. Le plateau, aujourd’hui simple étendue agricole et forestière, a porté pendant vingt-cinq ans l’un des points les plus sensibles de la stratégie militaire française.
22 février 1996 : l'annonce de Jacques Chirac
Le 22 février 1996, Jacques Chirac annonce le retrait de la composante sol-sol de la dissuasion nucléaire française et la fermeture du site d’Albion. La décision s’inscrit dans la refonte de l’arsenal nucléaire français de l’après-Guerre froide.
L’alerte opérationnelle, maintenue sans interruption depuis la mise en service des silos, prend fin le 16 septembre 1996. Ce même jour marque le début officiel du démantèlement et la désactivation des dix-huit missiles. En quelques mois, un dispositif conçu pour rester en état de tir permanent bascule dans une phase de démontage méthodique.
Deux ans pour dénucléariser le plateau
La désactivation des missiles en septembre 1996 ne signifie pas la fin immédiate de la présence nucléaire sur le site. Il faut attendre le 25 février 1998 pour que la dernière tête nucléaire soit retirée et que la dénucléarisation complète du plateau d’Albion soit effective.
Le coût total de ce démantèlement avoisine 75 millions d’euros, une somme qui couvre le retrait des têtes thermonucléaires, la neutralisation des silos et la reconversion progressive des infrastructures militaires du plateau.
Ce qu'il reste à voir aujourd'hui
Le site a changé de vocation. Renommé Quartier Maréchal Kœnig, il accueille aujourd’hui un régiment de la Légion étrangère. Une partie des anciennes zones de lancement, elles, ont été recouvertes de centrales solaires photovoltaïques — une reconversion énergétique sur un sol qui a longtemps porté des silos de missiles.
À Rustrel, d’anciennes galeries militaires situées à environ 900 mètres de profondeur abritent désormais le LSBB, un laboratoire souterrain à bas bruit utilisé pour des recherches scientifiques nécessitant l’absence de vibrations et de perturbations électromagnétiques. La plupart des anciens sites restent toutefois murés et fermés au public.
Deux exceptions notables subsistent : un ancien silo a été transformé en observatoire, et un poste de tir est devenu laboratoire. Ce sont, à ce jour, les seuls vestiges du dispositif à offrir un accès ou une fonction visible, le reste du plateau gardant ses installations scellées sous une surface redevenue agricole et forestière.
Questions frequentes
Combien de silos nucléaires comptait le plateau d'Albion ?
Dix-huit silos au total : neuf à Rustrel dans le Vaucluse et neuf à Reilhanette dans la Drôme, en service de 1971 à 1996.
Quand le site a-t-il été définitivement dénucléarisé ?
Les missiles ont été désactivés le 16 septembre 1996, mais la dernière tête nucléaire n’a été retirée que le 25 février 1998.
Peut-on visiter les anciens silos aujourd'hui ?
La plupart restent murés et interdits au public. Seuls un ancien silo transformé en observatoire et un poste de tir devenu laboratoire sont accessibles sous une forme ou une autre.
Sources
- Délégation française à la Conférence du désarmement (Genève) (2014)
- Ministère de la Culture – Label Architecture contemporaine remarquable
- ImagesDéfense (Ministère des Armées)
- L'Écho du Mardi (presse régionale, Vaucluse) (2026)
- Wikipédia – Base aérienne 200 Apt-Saint-Christol
- Wikipedia EN – S3 (missile)
- Slate.fr – Zone 51 française (2024)
- Révolution Énergétique (2021)
- Votre Carnet de Voyage (2026)
- Larousse – Encyclopédie

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