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A retenir : Fermé le 15 juillet 1974, bombardé le 20, l’aéroport de Nicosie est resté figé dans la zone tampon de l’ONU. Un avion de Cyprus Airways y est visible depuis 1974, et des archives intactes ont été retrouvées en février 2026.
À Nicosie, capitale divisée de Chypre, une ligne verte tracée par les Nations unies coupe la ville et une partie de l’île depuis 1974. Quelque part sur ce tracé se trouve un terminal ouvert en 1968, construit sur le site d’un aérodrome britannique datant de 1939. Il n’a plus vu decoller un avion commercial depuis 1977.
Ce n’est pas une ruine oubliée : c’est un lieu sous surveillance permanente, quartier général d’une force de maintien de la paix, où chaque visite suppose une autorisation et une formation sur les mines antipersonnel. Et pourtant, en février 2026, une équipe a pu y entrer et remettre la main sur des archives intactes depuis un demi-siècle.
Sommaire
Trois jours avant l'invasion
Le 15 juillet 1974, un coup d’État chypriote ferme l’aéroport de Nicosie. Trois jours plus tard, l’armée turque envahit l’île. Le 20 juillet, l’aviation turque bombarde lourdement les installations, qui deviennent un théâtre d’affrontements entre forces turques et chypriotes. Le terminal, encore récent, se retrouve du jour au lendemain au centre d’un front militaire.
Le cessez-le-feu signé le 16 août 1974 fige la situation : l’aéroport se retrouve à l’intérieur de la zone tampon placée sous contrôle des Nations unies. L’ONU déclare le site zone protégée et impose aux deux camps un retrait d’au moins 500 mètres autour du périmètre. Depuis, aucune force militaire chypriote ou turque n’y a plus mis les pieds.
Un aéroport devenu poste de commandement
Depuis 1974, l’aéroport sert de quartier général à l’UNFICYP, la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre. Le terminal, conçu pour accueillir des voyageurs, abrite désormais des Casques bleus.
Toute personne souhaitant obtenir un permis de travail dans la zone doit au préalable suivre une formation sur les mines antipersonnel, héritage direct des combats de 1974. Ce n’est pas une formalité symbolique : le terrain autour des pistes n’a jamais été entièrement déminé selon les standards civils.
Les avions qui n'ont jamais redécollé
Des vols commerciaux ont encore eu lieu en 1977, sous autorisation spéciale de l’ONU, le temps de récupérer trois avions restés immobilisés depuis 1974. Mais tous n’ont pas pu repartir.
Un Hawker Siddeley Trident 2E de Cyprus Airways, trop endommagé lors des événements du 22 juillet 1974, est resté sur le tarmac. Au moins jusqu’en 2025, il s’y trouvait toujours, rongé par cinquante ans d’exposition, comme un instantané du jour où l’aéroport s’est arrêté.
Des archives retrouvées en 2026
En février 2026, une équipe a pu pénétrer dans le terminal et en ressortir avec des archives de Cyprus Airways restées intactes depuis l’invasion de 1974 : documents, registres, traces administratives d’une compagnie aérienne interrompue en plein vol.
Un projet de musée est à l’étude dans l’un des avions abandonnés du tarmac. Il attend toujours l’approbation des Nations unies et de l’UNFICYP, sans que son calendrier ni son contenu définitif ne soient encore fixés.
Ce qu'on peut voir aujourd'hui
L’aéroport de Nicosie reste fermé au public : aucune procédure de visite touristique n’existe à ce jour, et l’accès demeure réservé aux personnels autorisés par l’UNFICYP, formation aux mines antipersonnel à l’appui.
Sa réouverture aux vols commerciaux nécessiterait au préalable un accord de paix global sur Chypre, qui n’a toujours pas été trouvé. En attendant, le terminal de 1968, ses avions figés et ses archives retrouvées en 2026 restent l’un des témoignages les plus intacts de la guerre de 1974 sur l’île — mais un témoignage qu’on ne peut, pour l’instant, qu’imaginer depuis la ligne verte.
Questions frequentes
Peut-on visiter l'aéroport de Nicosie aujourd'hui ?
Non, le site reste fermé au public. Il est situé dans la zone tampon de l’ONU et sert de quartier général à l’UNFICYP, avec un accès réservé au personnel autorisé.
Pourquoi l'aéroport est-il resté fermé depuis 1974 ?
Après le cessez-le-feu du 16 août 1974, l’aéroport s’est retrouvé dans la zone tampon sous contrôle de l’ONU, qui l’a déclaré zone protégée avec un retrait obligatoire de 500 mètres pour les deux camps.
Qu'est devenu l'avion de Cyprus Airways endommagé en 1974 ?
Un Hawker Siddeley Trident 2E, trop endommagé le 22 juillet 1974, est resté sur le tarmac au moins jusqu’en 2025.
Un musée va-t-il ouvrir sur place ?
Un projet de musée dans l’un des avions abandonnés est envisagé, mais il attend toujours l’approbation de l’ONU et de l’UNFICYP.
Sources
- Wikipédia FR – Aéroport international de Nicosie (23 janvier 2026)
- Wikipedia EN – Nicosia International Airport (non daté)
- Slate.fr – La ligne verte de Chypre (30 novembre 2025)
- Euronews – musée aéroport Nicosie (19 février 2026)
- Wikiland FR – reprise Wikipedia (6 mai 2026)
- UN Photo Archive – dam.media.un.org (2 février 2010)
- AP via Fox News – abandoned Nicosia airport (non daté)

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