Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Limoges, est le village où un détachement de la division SS « Das Reich » a tué 642 habitants le 10 juin 1944. Les ruines ont été laissées en l’état depuis, à la demande du général de Gaulle, et se visitent gratuitement en 2026. L’accès se fait par le Centre de la mémoire, ouvert en 1999, dont le bâtiment principal est en travaux jusqu’en juin 2027.
Que s’est-il passé à Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944 ?
Le 10 juin 1944, quatre jours après le débarquement de Normandie, une compagnie du régiment « Der Führer », rattaché à la 2e division SS « Das Reich », a encerclé Oradour-sur-Glane, rassemblé la population sur le champ de foire, puis tué 642 personnes avant d’incendier le village. Le bilan officiel n’a été arrêté qu’en 1947, au terme d’un long travail d’identification.
Les hommes ont été séparés des femmes et des enfants, puis conduits par groupes dans des granges et des remises, où environ 190 d’entre eux ont été abattus avant que les bâtiments ne soient incendiés. Seuls quelques hommes ont réussi à s’échapper. Robert Hébras, dernier survivant du massacre, est mort en février 2023 à 97 ans.
En 2020, l’identification d’une victime supplémentaire, une jeune femme d’origine espagnole, a porté le bilan à 643 morts. Pour un récit détaillé et sourcé, la notice Wikipédia FR - Massacre d'Oradour-sur-Glane constitue un bon point de départ, tout comme sa version anglaise, Wikipedia EN - Oradour-sur-Glane massacre, qui détaille la chaîne de commandement de la division.
Que s’est-il passé dans l’église ?
L’église d’Oradour-sur-Glane est le lieu le plus meurtrier du massacre : environ 450 femmes et enfants y ont été enfermés, puis tués par l’explosion d’un engin incendiaire, les tirs et le feu. Une seule femme, Marguerite Rouffanche, a survécu en s’échappant par une fenêtre du chœur. Son témoignage a été central lors du procès de 1953.
L’édifice, aux murs calcinés et au clocher éventré, se visite aujourd’hui dans le parcours des ruines. C’est l’endroit que la mémoire collective associe le plus directement à l’ampleur de la tuerie : un bâtiment religieux transformé en piège, dans un village où toute la population a été visée sans distinction d’âge. Les archives audiovisuelles, comme le document conservé par l’INA Fresques Panorama Grand Est, montrent aussi comment le drame a été vécu en Alsace, dont étaient originaires plusieurs soldats de la compagnie.
Pourquoi les ruines d’Oradour n’ont-elles jamais été reconstruites ?
Les ruines d’Oradour-sur-Glane n’ont pas été reconstruites parce que le général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, a décidé dès la Libération de les conserver comme témoignage permanent des crimes nazis. Le site a été classé monument historique en 1946. Un nouveau village a été bâti juste à côté pour reloger les survivants et faire renaître la commune.
Les deux villages coexistent depuis : l’un habité, l’autre figé. Dans les ruines, on voit encore les rails du tramway qui reliait Oradour à Limoges, des carcasses de voitures, des machines à coudre et des objets du quotidien laissés dans les maisons sans toit. Des plaques indiquent le nom et le métier des anciens occupants de chaque maison.
Que s’est-il passé au procès de Bordeaux en 1953 ?
Le procès de Bordeaux, ouvert le 12 janvier 1953 devant le tribunal militaire, a jugé 21 hommes présents sur les dizaines de soldats identifiés : des Allemands et des Alsaciens, dont 13 « Malgré-nous » incorporés de force dans la Waffen-SS et un engagé volontaire. Le verdict, rendu le 13 février 1953, a prononcé des condamnations à mort, aux travaux forcés et à la prison.
Les Malgré-nous ont été condamnés à des peines de travaux forcés ou de prison ; l’engagé volontaire alsacien a été condamné à mort. Le contexte du procès est détaillé par SavoirsetCulture.fr - le procès des responsables du massacre.
Quelques jours plus tard, le 19 février 1953, le Parlement a voté une loi d’amnistie au bénéfice des Alsaciens incorporés de force, libérés dans la foulée. À Oradour-sur-Glane, la décision a provoqué une profonde colère : pour les familles, l’amnistie effaçait ce que le procès venait d’établir. La commune a longtemps refusé les honneurs officiels de l’État en signe de protestation.
La question de l’accès aux archives du procès reste discutée : elle a fait l’objet de l’Assemblée nationale - Question écrite n°16650, et le site Droit des militaires - accès archives procès de Bordeaux fait le point sur les règles de communication de ces documents.
Comment visiter Oradour-sur-Glane aujourd’hui ?
La visite d’Oradour-sur-Glane passe par le Centre de la mémoire, inauguré en 1999, qui constitue l’entrée unique des ruines du village martyr. En 2026, la visite libre des ruines est gratuite, et le site est ouvert tous les jours de 9 h à 18 h du 15 janvier au 15 décembre. Comptez 2 à 3 heures pour parcourir le village, l’église et le cimetière.
| Formule | Tarif 2026 | Durée | À savoir |
|---|---|---|---|
| Visite libre des ruines | Gratuite | 2 à 3 h | Parcours entièrement extérieur |
| Visite guidée | 7 € par adulte, 22 € billet famille | Environ 1 h 30 | Maintenue pendant les travaux |
| Centre de la mémoire (exposition) | Fermé | – | Rénovation de septembre 2025 à juin 2027 |
Depuis septembre 2025 et jusqu’en juin 2027, le bâtiment principal du Centre de la mémoire est fermé pour rénovation. Le village reste accessible pendant toute la durée des travaux. Les informations à jour sont publiées par Visit Limousin - Centre de la mémoire d'Oradour ; un retour d’expérience pratique est proposé par La Terre du Milieu 87 - Guide visite 2026.
Nos conseils pour la visite
- Adoptez une tenue et une attitude respectueuses : le site est un lieu de mémoire et un cimetière.
- Les animaux, les vélos et les trottinettes ne sont pas admis dans les ruines.
- Emportez de l’eau en été et des chaussures confortables : le parcours se fait en plein air.
- Terminez par le cimetière et le mémorial où reposent les victimes ; une cérémonie officielle s’y tient chaque 10 juin.
- Le site convient aux enfants à partir de l’âge scolaire, avec une préparation préalable sur l’histoire du lieu.
Oradour-sur-Glane fait partie des villages martyrs que la France a choisi de laisser en l’état. Voir aussi notre article sur Fleury-devant-Douaumont, village rayé de la carte en 1916, et sur les caissons Phoenix d’Arromanches, vestiges de 1944.
Questions fréquentes
Combien de personnes sont mortes à Oradour-sur-Glane ?
Le bilan officiel établi en 1947 est de 642 morts, dont environ 450 femmes et enfants tués dans l’église. Une 643e victime a été identifiée en 2020.
Peut-on visiter Oradour-sur-Glane en 2026 ?
Oui. Les ruines restent accessibles tous les jours de 9 h à 18 h, du 15 janvier au 15 décembre, même si le bâtiment principal du Centre de la mémoire est fermé pour rénovation jusqu’en juin 2027.
La visite d’Oradour-sur-Glane est-elle payante ?
La visite libre des ruines est gratuite. Une visite guidée d’environ 1 h 30 est proposée à 7 € par adulte, ou 22 € en billet famille, tarifs 2026.
Pourquoi Oradour-sur-Glane n’a-t-il pas été reconstruit ?
Le général de Gaulle a décidé de conserver les ruines comme mémorial des crimes nazis. Le site a été classé monument historique en 1946, et un nouveau village a été construit à côté pour les survivants.
Qui a commis le massacre d’Oradour-sur-Glane ?
Une compagnie du régiment Der Führer de la 2e division SS Das Reich. Parmi les soldats figuraient des Alsaciens incorporés de force, jugés à Bordeaux en 1953 puis amnistiés quelques jours après le verdict.
Sources et vérifications
Informations vérifiées en octobre 2026.




