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A retenir : En 1959, l’île japonaise de Hashima (6,3 hectares) comptait 5 259 habitants, soit environ 83 500 personnes par km², densité record mondiale. La mine de charbon a fermé en 1974, l’île s’est vidée aussitôt, puis a rouvert au tourisme en 2009 après inscription à l’UNESCO en 2015.
Au large de Nagasaki, dans le sud-ouest du Japon, un rocher gris surgit de la mer avec les contours anguleux d’un navire de guerre. C’est Hashima, que les Japonais surnomment Gunkanjima, l’île-cuirassé. On ne s’y rend pas en passant : il faut embarquer depuis le port de Nagasaki, sur un circuit en bateau organisé, car aucune visite indépendante n’y est possible.
Ce caillou de 6,3 hectares a pourtant logé jusqu’à 5 259 habitants en 1959, un record de densité mondiale pour l’époque. Quinze ans plus tard, en 1974, tout le monde était parti, laissant derrière des immeubles qui se délabrent depuis sans personne pour les habiter.
Sommaire
Une île fabriquée par le charbon
L’histoire de Hashima commence avec un gisement de charbon découvert en 1810. En 1890, la compagnie Mitsubishi achète l’île pour l’exploiter industriellement. Le terrain naturel ne suffit pas à loger l’activité minière et ses travailleurs : entre 1899 et 1931, l’île est agrandie par remblaiement successif, ce qui double presque sa surface jusqu’à atteindre les 6,3 hectares actuels.
C’est cette extension artificielle qui permet à Hashima d’accueillir, siècle après siècle de construction verticale, une population toujours plus dense sur un espace toujours aussi minuscule.
Vivre à 83 500 habitants au kilomètre carré
En 1959, année de pic démographique, Hashima compte 5 259 habitants pour 6,3 hectares. Rapportée au kilomètre carré, la densité atteint environ 83 500 habitants, un chiffre qui en fait l’endroit le plus densément peuplé au monde à cette date.
Dans le seul district résidentiel, là où s’entassent les immeubles de logements ouvriers, la densité grimpe encore : environ 1 391 personnes par hectare. Sur cette surface qui tiendrait presque dans un grand parc urbain, des familles entières vivaient superposées, étage après étage, à quelques mètres du puits de mine.
1974 : la fermeture et l'exode
La demande japonaise en charbon décline au fil des décennies suivant la guerre, concurrencée par le pétrole. En 1974, la mine de Hashima cesse toute activité. La conséquence est immédiate : privés de leur unique raison d’être sur ce rocher sans terre arable ni ressource propre, les habitants quittent l’île peu après la fermeture.
En quelques semaines, un lieu qui comptait parmi les plus densément peuplés de la planète se retrouve entièrement vide. Les appartements, les commodités, parfois les objets du quotidien restent sur place, abandonnés en l’état.
De l'abandon au patrimoine mondial
L’île reste fermée et à l’abandon pendant plusieurs décennies. En 2001, Mitsubishi Materials cède gratuitement Hashima à la municipalité de Takashima, depuis intégrée à la ville de Nagasaki.
En juillet 2015, le site minier de Hashima est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, dans la série des Sites de la révolution industrielle Meiji du Japon, reconnaissant son rôle dans l’histoire industrielle du pays.
Visiter Hashima aujourd'hui
L’accès touristique à l’île a rouvert le 22 avril 2009, après des décennies d’interdiction liées au risque d’effondrement des bâtiments laissés sans entretien.
Pour un visiteur venu de France, la seule option reste un circuit en bateau au départ du port de Nagasaki : aucune visite indépendante n’est autorisée. Comptez entre 4 250 et 6 650 yens par adulte selon la formule choisie, une somme qui inclut depuis avril 2026 une taxe municipale de débarquement de 650 yens.
- Départ : port de Nagasaki, uniquement via circuit en bateau organisé
- Tarif : environ 4 250 à 6 650 yens par adulte
- Taxe de débarquement municipale incluse : 650 yens (depuis avril 2026)
- Réouverture de l’accès touristique : 22 avril 2009
Questions frequentes
Peut-on visiter Hashima par ses propres moyens ?
Non, l’accès n’est possible que par un circuit en bateau organisé au départ du port de Nagasaki ; aucune visite indépendante n’est autorisée.
Pourquoi l'île a-t-elle été abandonnée en 1974 ?
La mine de charbon a fermé en 1974 face au déclin de la demande japonaise, et les habitants ont quitté l’île peu après, sans autre activité pour les y retenir.
Combien coûte une excursion vers Hashima ?
Les circuits en bateau coûtent environ 4 250 à 6 650 yens par adulte, taxe municipale de débarquement de 650 yens comprise depuis avril 2026.
Sources
- Kanpai Japan – Gunkanjima Hashima (2026)
- Wikipedia EN – Hashima Island
- Nippon.com – Takeaways from World Heritage Listing (2015-07-29)
- Haikyo.org – Gunkanjima Hashima Island (2026)
- The Greenless Island (Goodreads blog, sources citées)
- Japan Cheapo – Hashima Island Tours (2026 (20 jours))
- Japan Voyage – How to Visit Gunkanjima (2026 (53 jours))
- Marginalia – Islands at the Edge

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