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Glacier des Bossons : le courrier du crash de 1966 refait surface

Temps de lecture estimé : 3 minute(s)

A retenir : Le glacier des Bossons, au-dessus de Chamonix, restitue depuis 1987 les débris de deux crashs d’Air India (1950 et 1966) : roue, moteurs, courrier diplomatique, pierres précieuses et journaux d’époque, en progressant d’environ 80 cm par jour.

Le glacier des Bossons descend des flancs du Mont Blanc jusqu’aux abords de Chamonix, en Haute-Savoie. On l’atteint depuis la vallée, au pied du massif, là où la langue de glace s’étire vers 1900-2000 mètres d’altitude. C’est un glacier qui avance, environ 80 centimètres par jour, et qui met des décennies à digérer ce qu’il engloutit.

Ce qu’il a englouti, ce sont les débris de deux avions d’Air India. Le 3 novembre 1950, le Malabar Princess, vol 245, s’écrase au Rocher de la Tournette, à 4677 mètres d’altitude : 48 morts, aucun survivant. Le 24 janvier 1966, un Boeing 707 baptisé Kangchenjunga, vol 101, s’écrase sur le même massif : 117 morts. Depuis, la glace rend régulièrement des fragments humains et des débris des deux appareils, au fil de sa lente progression.

Deux crashs, un même massif

Seize ans séparent les deux catastrophes, mais elles se sont produites sur le même massif du Mont Blanc, à quelques kilomètres l’une de l’autre. Le Malabar Princess visait un aéroport lointain quand il a percuté le Rocher de la Tournette en 1950. Le Kangchenjunga, lui, volait en Boeing 707 en 1966 quand il s’est écrasé à son tour. Dans les deux cas, aucun survivant n’a été retrouvé sur le moment — seule la glace, patiemment, allait rendre des traces des décennies plus tard.

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La glace rend ce qu'elle a pris

La chronologie des découvertes s’étale sur près de quarante ans. Le 4 août 1987, une roue du Malabar Princess est récupérée au Chalet des Bossons, après trente-six ans prisonnière de la glace. Deux ans plus tard, le 15 septembre 1989, un premier moteur émerge à 1900 mètres d’altitude ; un second suivra le 22 septembre 2008, à 2000 mètres.

Les années 2010 apportent des découvertes plus intimes. En août 2012, deux hommes trouvent sur le glacier une valise diplomatique indienne remplie de courrier et de journaux, quarante-six ans après le crash de 1966. En septembre 2013, un alpiniste met la main sur une boîte marquée ‘made in India’ contenant 136 grammes de pierres précieuses — saphirs et émeraudes. En juillet 2020, une douzaine de journaux indiens de janvier 1966 ressurgissent en bon état, dont un titrant sur l’élection d’Indira Gandhi. En 2021, une revue classée secret par le gouvernement indien est retrouvée à son tour, et des instruments de vol du Boeing 707 sont exhumés en 2023.

Un chercheur d'épaves sur la glace

Le chasseur Daniel Roche a consacré deux ans et demi à parcourir le glacier des Bossons. Il en a exhumé près d’une demi-tonne de débris, provenant des deux crashs, une accumulation qui donne une idée de l’ampleur de ce que la glace conserve encore.

Organiser le ramassage face à la fonte

Le 1er septembre 2025, l’association Mountain Riders a organisé une opération de ramassage des débris, en partenariat avec Asters-CEN74 et la Compagnie du Mont-Blanc. Les matériaux collectés ont été évacués par hélicoptère — une réponse collective à un phénomène qui ne s’arrête pas, la glace continuant d’avancer et de restituer ce qu’elle avait englouti.

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Ce qui reste visible aujourd'hui

Un sentier thématique et une exposition installée au Chalet du Glacier des Bossons présentent une partie des vestiges retrouvés : une roue, un moteur, un morceau de carlingue du Malabar Princess. C’est, pour l’instant, la trace la plus concrète et la plus accessible de ce que le glacier a rendu depuis 1987.

Questions frequentes

Où se trouve le glacier des Bossons ?

Sur le massif du Mont Blanc, au-dessus de Chamonix, en Haute-Savoie.

Quels avions se sont écrasés sur ce massif ?

Le Malabar Princess d’Air India en 1950 (48 morts) et le Kangchenjunga, un Boeing 707 d’Air India, en 1966 (117 morts).

Peut-on voir des débris aujourd'hui ?

Oui : un sentier thématique et une exposition au Chalet du Glacier des Bossons présentent une roue, un moteur et un morceau de carlingue du Malabar Princess.

Sources

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