Le blog des voyageurs par les voyageurs

Cordouan : le seul phare de France encore habité, depuis 1611

Temps de lecture estimé : 4 minute(s)

A retenir : Construit entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle sous Henri III puis Henri IV, le phare de Cordouan veille sur l’estuaire de la Gironde depuis 1611. Classé Unesco le 24 juillet 2021, il a rouvert aux visiteurs en 2022 après 17 ans de travaux et 10 millions d’euros investis.

À l’embouchure de la Gironde, un phare de pierre blanche émerge au large de Verdon-sur-Mer. On ne l’atteint qu’en bateau, et seulement à marée basse : le platier rocheux qui l’entoure se découvre alors sur une large étendue, révélant le socle sur lequel Cordouan repose depuis plus de quatre siècles. Rien à voir avec une ruine qu’on visiterait par curiosité historique : c’est le seul phare de France en pleine mer encore en activité et gardienné en permanence.

Le phare appartient à l’État, qui l’a confié à la vigilance d’hommes qui s’y relaient depuis 1611. En 2021, l’Unesco a reconnu ce que les riverains de l’estuaire savaient depuis longtemps : Cordouan appartient au patrimoine mondial, au même titre que des sites autrement plus connus. L’histoire de cette reconnaissance tient en quelques dates précises, depuis le chantier lancé sous deux rois jusqu’à la restauration qui a permis sa réouverture récente.

Un chantier commencé sous Henri III, achevé sous Henri IV

La construction du phare s’étale sur la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe, selon les plans de l’architecte Louis de Foix. Commencé sous le règne d’Henri III, l’édifice n’est achevé que sous celui d’Henri IV, qui lui succède. Depuis 1611, Cordouan veille sur l’estuaire de la Gironde, guidant les navires qui remontent vers Bordeaux ou qui redescendent vers l’Atlantique — une fonction qu’il n’a jamais cessé d’exercer depuis plus de quatre siècles.

Découvrez :  Arc-et-Senans : la saline pensée comme une cité idéale en 1775

Près de deux siècles et demi plus tard, en 1862, l’État classe Cordouan monument historique, le même jour que Notre-Dame de Paris. Le phare entre alors dans la liste des édifices protégés aux côtés de la cathédrale parisienne. Cette reconnaissance précoce ne suffira pourtant pas à le rendre accessible ni très connu : pendant plus d’un siècle, Cordouan reste un site isolé, difficile d’accès, que seuls les gardiens et quelques marins côtoient régulièrement.

Treize mille signatures pour un phare

Il faut attendre 2016 pour qu’une candidature Unesco prenne forme, portée conjointement par l’État et le SMIDDEST, le syndicat mixte chargé de la gestion du littoral de l’estuaire. Un comité en ligne rassemble plus de 13 000 soutiens autour du dossier, preuve que l’attachement à ce phare dépasse largement le cercle des habitants de l’estuaire. Le 24 juillet 2021, lors de la 44e session du Comité du patrimoine mondial réunie à Fuzhou, en Chine, Cordouan est inscrit au titre de bien culturel.

Il devient alors le deuxième phare au monde à recevoir cette distinction, après celui de la tour d’Hercule à La Corogne, en Espagne. Un classement rare, qui place un édifice fonctionnel du littoral atlantique français aux côtés des sites les plus emblématiques de la planète.

Dix-sept ans de restauration, dix millions d'euros

Le classement de 2021 vient couronner un travail entamé bien avant. Dix-sept années de chantier et près de 10 millions d’euros investis ont été nécessaires pour remettre le phare en état avant sa réouverture aux visiteurs, en 2022. L’État reste propriétaire de l’édifice, dont la gestion relève de la direction interrégionale de la mer Sud-Atlantique. Depuis janvier 2010, une autorisation d’occupation temporaire confie au SMIDDEST le gardiennage, l’entretien et la valorisation touristique du site — un dispositif qui a permis d’organiser, en parallèle de la restauration, la montée en puissance de la candidature Unesco.

Découvrez :  Gonesse, 25 juillet 2000 : le seul crash du Concorde, 113 morts

301 marches, et seulement à marée basse

Visiter Cordouan suppose d’accepter ses contraintes : le phare culmine à 68 mètres et compte 301 marches jusqu’au sommet, mais il ne se laisse approcher qu’en bateau, et uniquement quand la mer se retire. Les visiteurs qui arrivent par leurs propres moyens nautiques, depuis Verdon-sur-Mer, paient un droit d’entrée allant de 7€ en basse saison à 15€ en haute saison, entre le 1er juillet et le 15 septembre — des tarifs en vigueur jusqu’en 2025.

Depuis sa réouverture en 2022, le phare se visite du pied de son escalier de pierre jusqu’à sa lanterne, sous le même ciel que celui que contemplaient les gardiens du XVIIe siècle. Cordouan reste debout, habité, gardienné, et désormais inscrit parmi les monuments que le monde entier reconnaît comme siens.

Questions frequentes

Peut-on visiter le phare de Cordouan aujourd'hui ?

Oui, il a rouvert en 2022 après 17 ans de restauration et près de 10 millions d’euros investis ; l’accès se fait uniquement en bateau, à marée basse.

Pourquoi Cordouan est-il unique en France ?

C’est le seul phare français en pleine mer encore en activité et gardienné en permanence, construit entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle.

Depuis quand Cordouan est-il classé Unesco ?

Depuis le 24 juillet 2021, lors de la 44e session du Comité du patrimoine mondial réunie à Fuzhou, en Chine.

Sources

Notez-moi !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut